Cameroun : 53 millions d’euros de coopération régionale avec Expertise France
Cameroun et Expertise France renforcent leur coopération autour du Global Gateway. Un portefeuille régional indicatif de 53 millions d’euros accompagne les priorités économiques et les projets de développement.

À Yaoundé, la coopération internationale se joue aussi dans les arbitrages économiques, les infrastructures et la capacité à transformer les financements en réalisations concrètes. Le vendredi 18 septembre 2026, le Cameroun et Expertise France ont consacré une nouvelle séquence de discussions à leurs priorités communes, dans le cadre du Comité interministériel Global Gateway.
Au cœur des échanges : les projets de développement, les besoins exprimés par les autorités camerounaises et les perspectives de coopération avec l’Union européenne.
La rencontre, présidée par Alamine Ousmane Mey, ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, s’est tenue en présence de Jérémie Pellet, directeur général d’Expertise France, en mission au Cameroun. Cette revue a permis de faire le point sur les interventions de l’agence, mais également d’examiner les domaines dans lesquels les partenariats pourraient être approfondis.
Derrière cette réunion institutionnelle se dessine un enjeu majeur : mieux relier les priorités nationales aux mécanismes de financement et à l’expertise technique mobilisable pour accompagner les projets.
Gouvernance, villes et gestion des déchets au cœur des échanges
Les discussions ont notamment porté sur la gouvernance, le développement urbain et la gestion des déchets. Des secteurs qui touchent directement au quotidien des populations, particulièrement dans les centres urbains confrontés aux défis de l’assainissement et de l’organisation des services collectifs.
Alamine Ousmane Mey a évoqué les efforts engagés dans ce domaine, en soulignant le rôle du soutien apporté à la structuration du secteur.
« Le secteur communautaire, la salubrité, la gestion des déchets, qui a bénéficié d’un soutien et qui a fait l’objet d’un travail d’organisation et de circulation pour renforcer la performance du secteur globalement ici au Cameroun. »
Cette intervention met en lumière une dimension souvent moins visible de la coopération au développement : au-delà des investissements matériels, l’organisation des services, la coordination des acteurs et l’amélioration de leur fonctionnement constituent également des leviers d’action.
Pour les autorités camerounaises, l’objectif consiste ainsi à inscrire les partenariats dans une logique de résultats, en tenant compte des besoins des administrations et des populations bénéficiaires.
Un portefeuille régional indicatif de 53 millions d’euros
La coopération entre le Cameroun et Expertise France dépasse toutefois les frontières nationales. Depuis Yaoundé, l’agence pilote notamment le hub Afrique centrale du programme SecFin Africa, doté de 22 millions d’euros et couvrant l’Afrique subsaharienne.
Le portefeuille régional indicatif évoqué dans le cadre de cette coopération atteint, quant à lui, 53 millions d’euros. Il concerne plusieurs domaines d’intervention, notamment l’économie bleue, la mobilisation des ressources et les corridors.
Il convient de distinguer ces deux montants : les 22 millions d’euros correspondent au financement annoncé de SecFin Africa, tandis que les 53 millions représentent une enveloppe indicative à l’échelle régionale. Ces chiffres ne signifient donc pas que la totalité de cette somme est directement destinée au Cameroun.
Cette dimension régionale donne néanmoins à Yaoundé une place dans la coordination de projets susceptibles d’accompagner les dynamiques économiques en Afrique centrale.
Infrastructures et chaînes de valeur : des priorités convergentes
Au terme des échanges, Jérémie Pellet a souligné la convergence entre les orientations exprimées par les autorités camerounaises et les priorités européennes en matière de coopération.
« Je pense que ce qu’on peut tirer de cet entretien, c’est qu’on voit les priorités claires du gouvernement Camerounais, exprimées par tous les ministères ici présents, qui font ressortir dans le champ des infrastructures l’énergie, la connectivité, les transports, le digital et les chaînes de valeur comme des points forts. Et ça rejoint exactement les priorités que l’Union européenne est en train de se dessiner. »
L’énergie, les transports, la connectivité numérique et les chaînes de valeur apparaissent ainsi parmi les axes susceptibles de structurer les prochaines interventions. Leur articulation est importante : les infrastructures facilitent les échanges, tandis que le développement des chaînes de valeur peut contribuer à renforcer les activités économiques.
Vers la programmation européenne 2028-2034
La réunion ouvre une nouvelle étape dans la préparation de la programmation financière européenne 2028-2034 et du prochain cycle du Global Gateway au Cameroun.
L’enjeu sera désormais de traduire les orientations discutées en projets cohérents, en rapprochant les priorités gouvernementales, les ressources financières disponibles et les compétences techniques d’Expertise France.
Pour le Cameroun, cette coopération représente une occasion de consolider ses partenariats et de soutenir ses ambitions de développement. Mais la portée réelle de cette dynamique dépendra des financements effectivement mobilisés, des projets retenus et de leur mise en œuvre.
À Yaoundé, le prochain défi est donc de faire converger les engagements institutionnels et les réalisations concrètes, au bénéfice des populations et de l’économie.
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