À Badenkop, dans les Hauts-Plateaux de l’Ouest Cameroun, une nouvelle usine agroalimentaire portée par l’entrepreneure Lisette Claudia Tame ambitionne de transformer le maïs et plusieurs produits agricoles locaux. Le projet devrait générer 350 emplois et renforcer la politique d’import-substitution. Le paysage industriel de la région de l’Ouest Cameroun s’apprête à franchir une nouvelle étape avec l’implantation prochaine d’une importante unité de transformation agroalimentaire dans le village de Badenkop, situé dans le département des Hauts-Plateaux. Porté par l’entrepreneure camerounaise Lisette Claudia Tame, ce projet industriel ambitionne de valoriser les productions agricoles locales tout en créant des centaines d’emplois et en contribuant à la réduction des importations alimentaires. Dans un contexte où le Cameroun multiplie les initiatives visant à renforcer sa souveraineté alimentaire et industrielle, cette nouvelle infrastructure apparaît comme une réponse concrète à la stratégie nationale d’import-substitution. L’objectif est clair : transformer davantage de matières premières sur le territoire national afin de créer de la valeur ajoutée locale et réduire la dépendance aux produits importés. Un projet centré sur la transformation des ressources agricoles locales Le futur complexe agroalimentaire prévoit de faire du maïs son principal produit de transformation. Toutefois, sa vision va bien au-delà d’une seule filière. Plusieurs mini-unités spécialisées seront progressivement développées afin d’exploiter d’autres ressources agricoles stratégiques produites dans la région et dans le pays. Parmi les matières premières ciblées figurent notamment le plantain, la pomme de terre, le sucre, les fruits ainsi que la viande porcine. À terme, chacune de ces filières pourrait évoluer vers des unités autonomes capables de fonctionner indépendamment tout en restant intégrées au même complexe industriel. Cette approche vise à bâtir un véritable écosystème agro-industriel capable de transformer localement une large gamme de produits agricoles, tout en favorisant l’émergence de chaînes de valeur plus performantes. Des capacités de production ambitieuses Selon les projections communiquées par les promoteurs du projet, l’usine prévoit de traiter chaque année : • 500 tonnes de maïs ; • 5 000 tonnes de sucre ; • 300 tonnes de plantains et de pommes de terre ; • 200 tonnes de fruits ; • 200 tonnes de viande porcine. Ces volumes témoignent de l’ambition industrielle du projet et de sa volonté de répondre à une demande croissante en produits transformés fabriqués localement. Au-delà de la production, l’initiative entend également structurer les différentes chaînes d’approvisionnement afin de garantir une disponibilité régulière des matières premières. L’objectif est de créer une synergie durable entre producteurs, transformateurs, distributeurs et autres acteurs du secteur. Un impact significatif sur l’emploi L’un des principaux atouts de ce projet réside dans son potentiel de création d’emplois. Les prévisions font état de 150 emplois directs au sein de l’usine et de près de 200 emplois indirects générés dans les activités connexes telles que la production agricole, le transport, la logistique, la maintenance ou encore la commercialisation. Au total, ce sont donc environ 350 opportunités d’emploi qui devraient être créées dans la région. Cette dynamique pourrait contribuer à améliorer les revenus des populations locales tout en stimulant le développement économique des Hauts-Plateaux, une zone reconnue pour son fort potentiel agricole. Soutenir les producteurs et renforcer les filières agricoles L’un des piliers du projet consiste à encourager l’expansion des exploitations agricoles déjà présentes dans la région. En garantissant des débouchés plus stables aux producteurs locaux, le complexe industriel devrait favoriser l’augmentation des superficies cultivées et l’amélioration des rendements. Les promoteurs souhaitent également fédérer les différents acteurs intervenant sur les chaînes de valeur des matières premières concernées. Cette organisation permettra d’assurer un approvisionnement régulier de l’usine tout en renforçant la compétitivité des filières agricoles locales. Cette démarche s’inscrit dans une logique de développement inclusif où agriculteurs, éleveurs, transformateurs et distributeurs bénéficient collectivement des retombées économiques du projet. Une entrepreneure qui mise sur la transformation locale Derrière cette nouvelle initiative se trouve une figure montante de l’industrie agroalimentaire camerounaise : Lisette Claudia Tame. Déjà reconnue pour son engagement dans la transformation du cacao, elle dirige African Processing Company (APC), entreprise devenue l’un des acteurs émergents du secteur au Cameroun. Sa marque de chocolat premium, Ca’Oly, s’est progressivement imposée sur le marché grâce à une stratégie axée sur la qualité, l’innovation et la valorisation des ressources locales. Après plusieurs années passées à l’étranger, l’entrepreneure a choisi de revenir investir dans son pays avec l’ambition de participer à son industrialisation. Un pari qui porte aujourd’hui ses fruits. Son entreprise affiche désormais un chiffre d’affaires supérieur à un milliard de FCFA et génère près de 200 emplois directs et indirects. Une expérience déjà éprouvée dans l’industrie Le nouveau projet de Badenkop intervient quelques mois seulement après l’inauguration d’une importante usine de transformation de cacao à Okoa Maria, près de Mbankomo. Mise en service en janvier 2025, cette unité dispose d’une capacité annuelle de broyage de 4 000 tonnes de cacao. Grâce à cet investissement, APC s’est hissée parmi les principaux transformateurs de cacao du pays et s’affirme désormais comme un concurrent crédible des grands groupes industriels déjà présents sur le marché. Cette expérience industrielle constitue un atout majeur pour la réussite du futur complexe agroalimentaire de Badenkop. Un levier pour l’import-substitution et la souveraineté alimentaire Au-delà de son impact économique local, cette nouvelle usine s’inscrit dans une ambition nationale plus large : renforcer la transformation locale des matières premières et réduire les importations de produits alimentaires transformés. En valorisant les productions agricoles camerounaises et en proposant des produits capables de rivaliser avec les références importées, le projet participe à la construction d’une industrie agroalimentaire plus compétitive et plus résiliente. Pour de nombreux observateurs, ce complexe pourrait devenir un modèle de développement industriel fondé sur la valorisation des ressources locales. Dans un contexte marqué par la recherche de nouvelles sources de croissance, l’initiative de Lisette Claudia Tame illustre le rôle de plus en plus stratégique que joue l’entrepreneuriat féminin dans la transformation économique du Cameroun. Avec ses centaines d’emplois annoncés, ses capacités de production ambitieuses et sa volonté de structurer plusieurs filières agricoles, le projet de Badenkop apparaît déjà comme l’un des investissements agro-industriels les plus






