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Ouest Cameroun : une nouvelle usine agroalimentaire créera 350 emplois

À Badenkop, dans les Hauts-Plateaux de l’Ouest Cameroun, une nouvelle usine agroalimentaire portée par l’entrepreneure Lisette Claudia Tame ambitionne de transformer le maïs et plusieurs produits agricoles locaux. Le projet devrait générer 350 emplois et renforcer la politique d’import-substitution. Le paysage industriel de la région de l’Ouest Cameroun s’apprête à franchir une nouvelle étape avec l’implantation prochaine d’une importante unité de transformation agroalimentaire dans le village de Badenkop, situé dans le département des Hauts-Plateaux. Porté par l’entrepreneure camerounaise Lisette Claudia Tame, ce projet industriel ambitionne de valoriser les productions agricoles locales tout en créant des centaines d’emplois et en contribuant à la réduction des importations alimentaires. Dans un contexte où le Cameroun multiplie les initiatives visant à renforcer sa souveraineté alimentaire et industrielle, cette nouvelle infrastructure apparaît comme une réponse concrète à la stratégie nationale d’import-substitution. L’objectif est clair : transformer davantage de matières premières sur le territoire national afin de créer de la valeur ajoutée locale et réduire la dépendance aux produits importés.  Un projet centré sur la transformation des ressources agricoles locales Le futur complexe agroalimentaire prévoit de faire du maïs son principal produit de transformation. Toutefois, sa vision va bien au-delà d’une seule filière. Plusieurs mini-unités spécialisées seront progressivement développées afin d’exploiter d’autres ressources agricoles stratégiques produites dans la région et dans le pays. Parmi les matières premières ciblées figurent notamment le plantain, la pomme de terre, le sucre, les fruits ainsi que la viande porcine. À terme, chacune de ces filières pourrait évoluer vers des unités autonomes capables de fonctionner indépendamment tout en restant intégrées au même complexe industriel. Cette approche vise à bâtir un véritable écosystème agro-industriel capable de transformer localement une large gamme de produits agricoles, tout en favorisant l’émergence de chaînes de valeur plus performantes.  Des capacités de production ambitieuses  Selon les projections communiquées par les promoteurs du projet, l’usine prévoit de traiter chaque année :  •            500 tonnes de maïs ;  •            5 000 tonnes de sucre ;  •            300 tonnes de plantains et de pommes de terre ;  •            200 tonnes de fruits ;  •            200 tonnes de viande porcine. Ces volumes témoignent de l’ambition industrielle du projet et de sa volonté de répondre à une demande croissante en produits transformés fabriqués localement.  Au-delà de la production, l’initiative entend également structurer les différentes chaînes d’approvisionnement afin de garantir une disponibilité régulière des matières premières. L’objectif est de créer une synergie durable entre producteurs, transformateurs, distributeurs et autres acteurs du secteur.  Un impact significatif sur l’emploi L’un des principaux atouts de ce projet réside dans son potentiel de création d’emplois. Les prévisions font état de 150 emplois directs au sein de l’usine et de près de 200 emplois indirects générés dans les activités connexes telles que la production agricole, le transport, la logistique, la maintenance ou encore la commercialisation.  Au total, ce sont donc environ 350 opportunités d’emploi qui devraient être créées dans la région. Cette dynamique pourrait contribuer à améliorer les revenus des populations locales tout en stimulant le développement économique des Hauts-Plateaux, une zone reconnue pour son fort potentiel agricole.  Soutenir les producteurs et renforcer les filières agricoles L’un des piliers du projet consiste à encourager l’expansion des exploitations agricoles déjà présentes dans la région.  En garantissant des débouchés plus stables aux producteurs locaux, le complexe industriel devrait favoriser l’augmentation des superficies cultivées et l’amélioration des rendements. Les promoteurs souhaitent également fédérer les différents acteurs intervenant sur les chaînes de valeur des matières premières concernées. Cette organisation permettra d’assurer un approvisionnement régulier de l’usine tout en renforçant la compétitivité des filières agricoles locales.  Cette démarche s’inscrit dans une logique de développement inclusif où agriculteurs, éleveurs, transformateurs et distributeurs bénéficient collectivement des retombées économiques du projet. Une entrepreneure qui mise sur la transformation locale Derrière cette nouvelle initiative se trouve une figure montante de l’industrie agroalimentaire camerounaise : Lisette Claudia Tame. Déjà reconnue pour son engagement dans la transformation du cacao, elle dirige African Processing Company (APC), entreprise devenue l’un des acteurs émergents du secteur au Cameroun. Sa marque de chocolat premium, Ca’Oly, s’est progressivement imposée sur le marché grâce à une stratégie axée sur la qualité, l’innovation et la valorisation des ressources locales. Après plusieurs années passées à l’étranger, l’entrepreneure a choisi de revenir investir dans son pays avec l’ambition de participer à son industrialisation. Un pari qui porte aujourd’hui ses fruits. Son entreprise affiche désormais un chiffre d’affaires supérieur à un milliard de FCFA et génère près de 200 emplois directs et indirects. Une expérience déjà éprouvée dans l’industrie Le nouveau projet de Badenkop intervient quelques mois seulement après l’inauguration d’une importante usine de transformation de cacao à Okoa Maria, près de Mbankomo. Mise en service en janvier 2025, cette unité dispose d’une capacité annuelle de broyage de 4 000 tonnes de cacao.  Grâce à cet investissement, APC s’est hissée parmi les principaux transformateurs de cacao du pays et s’affirme désormais comme un concurrent crédible des grands groupes industriels déjà présents sur le marché.  Cette expérience industrielle constitue un atout majeur pour la réussite du futur complexe agroalimentaire de Badenkop. Un levier pour l’import-substitution et la souveraineté alimentaire Au-delà de son impact économique local, cette nouvelle usine s’inscrit dans une ambition nationale plus large : renforcer la transformation locale des matières premières et réduire les importations de produits alimentaires transformés. En valorisant les productions agricoles camerounaises et en proposant des produits capables de rivaliser avec les références importées, le projet participe à la construction d’une industrie agroalimentaire plus compétitive et plus résiliente.  Pour de nombreux observateurs, ce complexe pourrait devenir un modèle de développement industriel fondé sur la valorisation des ressources locales.  Dans un contexte marqué par la recherche de nouvelles sources de croissance, l’initiative de Lisette Claudia Tame illustre le rôle de plus en plus stratégique que joue l’entrepreneuriat féminin dans la transformation économique du Cameroun. Avec ses centaines d’emplois annoncés, ses capacités de production ambitieuses et sa volonté de structurer plusieurs filières agricoles, le projet de Badenkop apparaît déjà comme l’un des investissements agro-industriels les plus

Cameroun-Nigéria : un pacte de défense pour la sécurité régionale

Le Cameroun et le Nigéria ont signé à Yaoundé un mémorandum d’entente en matière de défense. Cet accord stratégique vise à renforcer la coopération sécuritaire, le partage de renseignements et la lutte contre les menaces transfrontalières en Afrique centrale et de l’Ouest. Le Cameroun et le Nigéria viennent de franchir une nouvelle étape dans le renforcement de leurs relations bilatérales. Réunis à Yaoundé le 16 juin 2026, les responsables de la défense des deux pays ont officialisé un mémorandum d’entente destiné à consolider leur coopération militaire et sécuritaire dans un contexte régional marqué par des défis de plus en plus complexes. La cérémonie de signature, organisée dans la salle des Actes du ministère camerounais de la Défense, symbolise la volonté commune de Yaoundé et d’Abuja de bâtir une réponse concertée face aux menaces qui pèsent sur la stabilité de la sous-région. Cet engagement intervient alors que les deux nations partagent une longue frontière et sont confrontées à des enjeux sécuritaires similaires, notamment la criminalité transfrontalière, les mouvements armés et les risques liés à l’insécurité régionale. Une coopération militaire portée au plus haut niveau L’accord a été signé par le ministre délégué à la Présidence chargé de la Défense du Cameroun, Joseph Beti Assomo, et son homologue nigérian, le général Christopher Gwabin Musa, ministre de la Défense de la République fédérale du Nigéria. Cette rencontre de haut niveau s’est tenue sous l’impulsion des présidents Paul Biya et Bola Ahmed Tinubu, respectivement chefs des Forces armées du Cameroun et du Nigéria. Leur implication témoigne de l’importance stratégique accordée à ce partenariat, considéré comme un levier majeur pour la préservation de la paix et de la stabilité dans la région. Plusieurs personnalités civiles et militaires ont pris part à l’événement. Des membres du gouvernement, des représentants du corps diplomatique, de hauts responsables de l’armée ainsi que de nombreuses autorités administratives ont assisté à cette cérémonie qui marque un tournant dans les relations sécuritaires entre les deux États. Un accord pour répondre aux défis sécuritaires communs Au-delà du caractère protocolaire de la signature, le mémorandum d’entente traduit une ambition commune : renforcer l’efficacité de la coopération face aux menaces qui dépassent les frontières nationales. Les discussions ayant précédé la signature ont permis aux deux délégations d’identifier plusieurs axes prioritaires de collaboration. Parmi eux figurent le renforcement de la coordination opérationnelle, l’intensification du partage de renseignements stratégiques ainsi que l’amélioration des mécanismes de coopération entre les forces de défense et de sécurité des deux pays. Les autorités camerounaises et nigérianes estiment que les défis sécuritaires contemporains nécessitent des réponses collectives et coordonnées. Dans un environnement où les réseaux criminels et les groupes armés exploitent souvent les frontières pour mener leurs activités, la coopération bilatérale apparaît comme une nécessité stratégique. La sécurité au service du développement Lors de leurs interventions respectives, les deux ministres ont insisté sur le fait que cet accord ne se limite pas à un simple engagement diplomatique. Il s’inscrit dans une vision plus large visant à garantir un environnement stable et sécurisé, indispensable au développement économique et social des populations. La sécurité constitue aujourd’hui un facteur déterminant pour attirer les investissements, favoriser les échanges commerciaux et améliorer les conditions de vie des citoyens. En consolidant leur partenariat dans le domaine de la défense, le Cameroun et le Nigéria entendent ainsi créer les conditions nécessaires à une croissance durable et à une prospérité partagée. Les responsables des deux pays ont également souligné que la stabilité régionale demeure un enjeu collectif. Les bénéfices d’une coopération renforcée entre Yaoundé et Abuja pourraient ainsi s’étendre à l’ensemble de la sous-région, contribuant à la consolidation des efforts de paix menés en Afrique centrale et en Afrique de l’Ouest. Une relation bilatérale déjà solide Cette nouvelle avancée s’appuie sur des relations historiques entre les deux voisins. Le Cameroun et le Nigéria entretiennent depuis plusieurs décennies des liens diplomatiques, économiques et sécuritaires étroits. Leur coopération a déjà permis de mener diverses initiatives conjointes dans la lutte contre l’insécurité et la préservation de la stabilité aux frontières communes. La signature de ce mémorandum vient donc renforcer un partenariat existant tout en ouvrant la voie à de nouvelles formes de collaboration adaptées aux réalités sécuritaires actuelles. Pour de nombreux observateurs, cet accord constitue également un signal fort en faveur de l’intégration régionale et de la solidarité entre États africains face aux défis contemporains. Un message fort pour la paix régionale La cérémonie s’est déroulée dans une atmosphère empreinte de respect mutuel et de fraternité. Après l’exécution des hymnes nationaux, les deux ministres ont procédé à la signature officielle du document avant d’échanger les parapheurs, symbolisant ainsi l’engagement réciproque de leurs gouvernements. L’événement s’est achevé par une photo de famille réunissant les différentes délégations sur l’esplanade du ministère de la Défense à Yaoundé. Une image qui illustre parfaitement l’esprit de coopération et de confiance qui caractérise désormais les relations entre les deux pays. Avec ce mémorandum d’entente, le Cameroun et le Nigéria réaffirment leur détermination à travailler ensemble pour relever les défis sécuritaires de demain. Plus qu’un simple accord, il s’agit d’une vision commune de la paix, de la stabilité et du développement au bénéfice des populations et de l’ensemble de la région.

Cameroun–Allemagne : vers de nouveaux accords d’investissement

Une délégation de plus de 20 entreprises allemandes a exploré les opportunités d’affaires au Cameroun lors d’une rencontre stratégique au MINPMEESA. Des accords de coopération et d’investissement sont en préparation dans plusieurs secteurs clés. La dynamique de coopération entre le Cameroun et l’Allemagne franchit une nouvelle étape. À la faveur des préparatifs de PROMOTE 2026, une importante délégation économique allemande a été reçue au ministère des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Économie Sociale et de l’Artisanat (MINPMEESA), ouvrant la voie à de futures collaborations susceptibles de stimuler l’investissement, l’innovation et la création d’emplois. Cette rencontre de haut niveau, conduite par l’ambassadeur d’Allemagne au Cameroun, Christian Sedat, a rassemblé plus d’une vingtaine d’entreprises allemandes désireuses d’explorer les opportunités offertes par l’économie camerounaise. La mission avait pour objectif principal d’identifier des axes de coopération concrets et de renforcer les relations économiques entre les deux pays. Un intérêt croissant des entreprises allemandes pour le marché camerounais Le Cameroun continue de susciter l’attention des investisseurs étrangers grâce à sa position stratégique en Afrique centrale, à la taille de son marché et à son rôle de porte d’entrée vers la sous-région CEMAC. Conscientes de ce potentiel, les entreprises allemandes participantes ont multiplié les échanges avec les responsables du ministère afin de mieux appréhender l’environnement des affaires local. Les discussions ont notamment porté sur les dispositifs d’accompagnement des investisseurs, les mécanismes de facilitation administrative ainsi que les différentes mesures mises en place pour encourager les initiatives entrepreneuriales. Les visiteurs ont également été informés sur les avantages offerts par le guichet unique destiné à simplifier les procédures de création et d’implantation des entreprises. Des secteurs stratégiques au cœur des échanges La diversité des entreprises représentées témoigne de la richesse du tissu économique allemand. Plusieurs domaines à fort potentiel étaient au centre des discussions. Le numérique et les technologies de l’information figurent parmi les secteurs les plus prometteurs. Les entreprises allemandes spécialisées dans les solutions informatiques ont manifesté leur intérêt pour le développement de partenariats technologiques capables d’accompagner la transformation digitale du Cameroun. L’éducation et la formation professionnelle ont également occupé une place importante dans les échanges. Le développement des compétences constitue aujourd’hui un enjeu majeur pour accompagner la croissance économique et répondre aux besoins des entreprises en main-d’œuvre qualifiée. Les services aux entreprises, l’innovation et les solutions destinées à améliorer la compétitivité des PME camerounaises ont aussi retenu l’attention des participants. Cette approche multidimensionnelle laisse entrevoir des perspectives de coopération diversifiées et durables. Vers la signature d’un protocole d’accord L’un des résultats les plus significatifs de cette mission économique réside dans la perspective de signature prochaine d’un protocole d’accord entre les différentes parties prenantes. Ce document devrait formaliser plusieurs axes de collaboration identifiés lors des échanges. Parmi les pistes envisagées figurent notamment le transfert de savoir-faire, le partage d’expertise technique, le développement de projets communs et l’accompagnement des petites et moyennes entreprises camerounaises dans leur processus de modernisation. La future signature de cet accord constituerait un signal fort envoyé aux investisseurs internationaux, démontrant la volonté du Cameroun de renforcer son attractivité économique et de créer un environnement favorable aux partenariats internationaux. Un levier pour la croissance et l’emploi Au-delà des simples intentions d’investissement, cette coopération pourrait générer des retombées positives significatives pour l’économie nationale. Les futurs partenariats sont susceptibles de favoriser l’émergence de nouvelles opportunités d’affaires, d’accélérer le transfert de technologies et de contribuer à la création d’emplois qualifiés. L’expertise allemande, reconnue mondialement dans les domaines de l’industrie, de l’innovation et de la formation, représente un atout majeur pour accompagner le développement du tissu entrepreneurial camerounais. Cette collaboration pourrait également renforcer les capacités des PME locales, leur permettant d’accéder à de nouveaux marchés, d’améliorer leur productivité et de gagner en compétitivité à l’échelle régionale et internationale. PROMOTE 2026 confirme son rôle de catalyseur économique Les premiers effets de PROMOTE 2026 semblent déjà perceptibles à travers cette mission économique allemande. Bien avant l’ouverture officielle de l’événement, les rencontres préparatoires génèrent des opportunités concrètes de coopération et d’investissement. Au fil des éditions, PROMOTE s’est imposé comme l’un des principaux rendez-vous économiques d’Afrique centrale. La plateforme joue un rôle essentiel dans la mise en relation des investisseurs, des entreprises et des institutions publiques, facilitant ainsi l’émergence de partenariats stratégiques. La visite de cette délégation allemande illustre parfaitement la capacité de cet événement à attirer des acteurs économiques internationaux et à renforcer la visibilité du Cameroun auprès des investisseurs étrangers. Une nouvelle page dans les relations économiques Cameroun–Allemagne Cette rencontre stratégique entre les autorités camerounaises et les entreprises allemandes marque une étape importante dans le renforcement des relations bilatérales. Les perspectives de coopération identifiées pourraient déboucher sur des projets structurants dans plusieurs secteurs clés de l’économie. Alors que les discussions se poursuivent et que les accords prennent forme, le Cameroun confirme sa volonté de s’ouvrir davantage aux investissements internationaux tout en valorisant le potentiel de ses PME et de son économie sociale. Une ambition qui pourrait faire de la coopération germano-camerounaise un modèle de partenariat économique gagnant-gagnant pour les années à venir.

Un Camerounais primé à Madagascar pour ses travaux sur la tuberculose

Étienne Yuh Jam, doctorant camerounais du Centre Pasteur, remporte le Young Scientists Award au réseau GABRIEL 2026 pour ses recherches sur la tuberculose latente. Une fierté nationale. Il y a des moments où un jeune chercheur, armé de sa curiosité et de ses nuits blanches au laboratoire, fait rayonner tout un continent. C’est exactement ce qui s’est produit à Antananarivo du 3 au 5 juin 2026, lors de la 14ᵉ réunion internationale du réseau GABRIEL  l’une des plateformes scientifiques les plus influentes dans la lutte contre les maladies infectieuses en Afrique et dans le monde. Étienne Yuh Jam, doctorant à l’Université de Bamenda et chercheur au Service de Mycobactériologie du Centre Pasteur du Cameroun, a décroché le très convoité Young Scientists Award. Un trophée, une reconnaissance internationale, et 5 000 euros à la clé. Mais surtout, une porte grande ouverte sur l’avenir de la médecine préventive contre la tuberculose. Qu’est-ce que le réseau GABRIEL, et pourquoi ça compte ? Organisée par le Centre d’Infectiologie Charles Mérieux et la Fondation Mérieux, la rencontre a rassemblé des chercheurs venus de nombreux pays autour d’un agenda commun : comprendre, anticiper et contrer les maladies infectieuses et les menaces sanitaires émergentes. Dans cette arène scientifique de haut niveau, le Centre Pasteur du Cameroun (CPC) n’est pas venu en touriste. La délégation camerounaise, conduite par le Dr Sara Eyangoh, a présenté pas moins de six contributions scientifiques : quatre communications orales et deux posters. Des travaux couvrant des terrains aussi cruciaux que la résistance aux traitements antituberculeux, les infections bactériennes résistantes aux antibiotiques, les mycobactéries non tuberculeuses, ou encore de nouvelles approches diagnostiques pour améliorer la prise en charge des malades. La tuberculose latente : un ennemi invisible, une priorité mondiale La tuberculose reste l’une des maladies infectieuses les plus meurtrières de la planète. Chaque année, des millions de personnes en meurent, souvent parce que la maladie n’a pas été détectée à temps dans sa phase silencieuse  ce que les spécialistes appellent la tuberculose latente. C’est précisément ce problème qu’Étienne Yuh Jam a décidé de s’attaquer de front. Ses recherches portent sur la signature transcriptomique RISK6, un outil biologique innovant capable d’identifier, à partir d’une analyse de l’expression de certains gènes, les individus porteurs d’une tuberculose latente susceptible d’évoluer vers une forme active et contagieuse. En clair : détecter la maladie avant qu’elle ne frappe. Une avancée qui pourrait, si elle est déployée à grande échelle, transformer radicalement les stratégies de prévention dans les pays à forte prévalence. Sélectionné parmi cinq finalistes représentant plusieurs nations du réseau, Étienne Yuh Jam a convaincu un jury de haut rang que ses travaux méritaient la plus haute distinction. Une compétition serrée, un jury exigeant, un résultat sans appel. Le Centre Pasteur du Cameroun, acteur incontournable de la recherche africaine Au-delà de la fierté nationale que suscite cette récompense, le succès de la délégation camerounaise à Antananarivo illustre une tendance de fond : le CPC monte en puissance dans les réseaux scientifiques internationaux. L’institution, dont la réputation repose sur plusieurs décennies de travaux rigoureux en santé publique, confirme ici sa capacité à former, encadrer et projeter des chercheurs capables de rivaliser avec les meilleures équipes mondiales. Le Dr Valérie Flore Donkeng Donfack, le Dr Pierrette Landrie Simo Tchuinte, et la doctorante Erika Londi ont également contribué à cette présence remarquée sur la scène internationale. C’est tout un écosystème scientifique qui se construit au Cameroun, brique par brique, thèse par thèse. Un signal fort pour l’avenir de la biomédecine africaine La consécration d’Étienne Yuh Jam envoie un message clair aux jeunes scientifiques du continent : l’excellence africaine n’a rien à envier aux meilleures universités du monde. Elle se fabrique ici, dans les laboratoires de Yaoundé, de Bamenda, dans les centres de recherche qui refusent de se résigner à l’invisibilité. Alors que le continent africain reste en première ligne face aux maladies infectieuses tuberculose, paludisme, fièvres hémorragiques, résistances aux antibiotiques  la montée en puissance de chercheurs comme Étienne Yuh Jam représente bien plus qu’une distinction individuelle. C’est un investissement dans l’avenir de la santé publique mondiale, né au cœur de l’Afrique centrale.

usine cimencam de figuil

200 emplois menacés par la crise énergétique du Grand Nord

La cimenterie Cimencam de Figuil, à l’arrêt depuis juin 2025 à cause d’une crise énergétique au barrage de Lagdo, menace 200 emplois et fragilise l’industrialisation du Grand Nord camerounais. Inaugurée il y a moins d’un an, présentée comme un fleuron industriel du Grand Nord camerounais, la cimenterie de Figuil fait aujourd’hui grise mine. Depuis le début du mois de juin, le site exploité par Cimfig filiale de Cimencam et du groupe LafargeHolcim Maroc Afrique a totalement suspendu ses opérations. Dans une lettre adressée à ses clients le 2 juin, la direction commerciale de l’usine a évoqué une « crise énergétique majeure » ayant provoqué un arrêt brutal et non planifié, sans délai de reprise annoncé. Le barrage de Lagdo au cœur du problème Tout remonte à la baisse critique du niveau d’eau au barrage de Lagdo, principale source d’alimentation électrique du Réseau interconnecté Nord. Confrontée à ce déficit structurel, la Société camerounaise d’électricité Socadel a pris une décision radicale : délester temporairement certains grands consommateurs industriels afin de préserver l’équilibre du réseau. Cimencam Figuil figure parmi les premières victimes de cet effacement. Le problème est d’une simplicité cruelle : l’usine a besoin d’une puissance minimale de 5,5 MW pour faire tourner ses machines. Les groupes électrogènes de secours disponibles sur site n’offrent que 2,2 MW, soit moins de la moitié du seuil nécessaire. Impossible, dans ces conditions, de maintenir le moindre cycle de production. Un effet domino dévastateur sur l’économie locale Les conséquences s’étendent bien au-delà des murs de l’usine. Selon le rapport d’évaluation établi par la préfecture du Mayo-Louti, c’est une chaîne entière qui s’est grippée. La carrière de Bidzar, qui alimente le site en matières premières, est-elle aussi à l’arrêt. Sur les marchés locaux, la tension monte : le ciment se raréfie, et certains clients réclament déjà des remboursements pour des commandes non honorées. Plus préoccupant encore, les autorités locales pointent un risque de défaillance bancaire si l’interruption venait à se prolonger. Une usine sans revenus, c’est une usine qui ne peut plus honorer ses engagements financiers  et les dominos continuent de tomber. Au total, ce sont près de 200 emplois directs qui se retrouvent suspendus dans l’incertitude, sans compter les emplois indirects liés à la chaîne d’approvisionnement et aux activités connexes. L’industrialisation du Grand Nord face au mur énergétique Cette situation met en lumière un paradoxe douloureux. Le Cameroun investit massivement pour attirer des industriels dans ses régions septentrionales, les présentant comme des territoires d’avenir. Mais sans garantie d’alimentation électrique stable pour les grands consommateurs, ces investissements restent fragiles, à la merci du niveau d’un barrage ou d’une saison sèche plus rude que prévu. La question posée par la crise de Figuil est donc fondamentale : comment convaincre un investisseur de s’installer dans le Grand Nord si la première grande sécheresse suffit à paralyser toute sa production ? Pour Cimencam, l’urgence est immédiate pour préserver les emplois, tenir les engagements des clients, éviter une rupture prolongée sur un marché local déjà sous tension. Pour les pouvoirs publics, c’est un signal d’alarme plus large : sans infrastructure énergétique robuste et résiliente, aucune politique industrielle sérieuse ne pourra prendre racine durablement dans le nord du pays. L’avenir de Figuil dépend désormais autant de la pluviométrie sur le lac de retenue de Lagdo que des décisions stratégiques prises à Yaoundé.

Crise au noso: des femmes de Bamenda tissent la paix arrondissement par arrondissement

Des femmes du Nord-Ouest camerounais lancent à Bamenda un réseau de médiation couvrant 34 arrondissements pour bâtir la paix après dix ans de crise anglophone.  Bamenda, carrefour d’une nouvelle volonté de paix Près de dix ans, c’est le temps que dure la crise sociopolitique qui déchire les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun. Dix ans de violences, de déplacements, de deuils et de silences forcés. Pourtant, à Bamenda, quelque chose a changé : des femmes ont décidé de ne plus attendre que la paix leur soit rendue. Elles ont choisi d’aller la chercher, arrondissement par arrondissement. Réunies sous l’égide de l’ONG Mother of Hope Cameroon, elles viennent de lancer un réseau régional de médiation couvrant la totalité des 34 arrondissements du Nord-Ouest. Une initiative rapportée par la CRTV, qui marque une étape inédite dans la mobilisation des femmes comme actrices de terrain de la réconciliation. Cameroun : pourquoi les députés vont rester en poste jusqu’en décembre 2026 (et ce que ça change pour vous) Une architecture de proximité Le pari de ce réseau est simple dans sa forme, ambitieux dans sa portée : ancrer la médiation là où les institutions peinent à s’imposer. Dans les marchés, les quartiers, les villages, les zones rurales enclavées où la méfiance envers les acteurs extérieurs reste profonde. Les femmes mobilisées sont issues des communautés elles-mêmes. Leur rôle : détecter les tensions naissantes, créer des espaces de dialogue entre voisins, familles ou communautés divisées, et contribuer à restaurer la confiance dans des localités profondément blessées. Elles ne sont pas des négociatrices venues de l’extérieur. Elles sont les filles, les mères, les voisines de ceux qu’elles cherchent à rapprocher.  Cette logique de reconstruction par le bas repose sur un constat que trop de processus de paix formels ignorent : les femmes sont au cœur de la vie communautaire, mais restées trop longtemps aux marges des mécanismes officiels de résolution des conflits. Ce réseau entend corriger cette anomalie. Les premières victimes d’une crise qui dure Pour comprendre pourquoi cette mobilisation est nécessaire, il faut mesurer ce que la crise anglophone a réellement coûté à ces femmes. Le tableau est sombre. Dans un rapport publié en février 2022, International Crisis Group documente l’impact dévastateur du conflit sur les populations civiles des régions affectées. Les femmes et les enfants y figurent parmi les victimes les plus exposées, représentant une part majoritaire des personnes déplacées à l’intérieur du pays. Beaucoup se retrouvent soudainement seules à la tête de foyers entiers, sans ressources stables, sans logement sécurisé, parfois sans papiers d’identité. Cette dernière réalité, souvent sous-estimée, a des conséquences concrètes et immédiates : impossibilité de circuler librement aux points de contrôle, accès bloqué aux soins, aux écoles, aux aides humanitaires, aux démarches administratives élémentaires. La crise a aussi exposé les femmes et les adolescentes à des formes graves de violences : abus dans les zones de conflit, exploitation dans les villes de refuge. Depuis l’intensification des affrontements en 2018, des milliers de femmes ont fui les régions anglophones vers Douala, Yaoundé et d’autres centres urbains francophones. Ce déracinement forcé a plongé nombre d’entre elles dans une précarité extrême, les rendant vulnérables à de nouveaux dangers dans des environnements qu’elles ne connaissent pas. La paix, bien plus que l’arrêt des armes Ce que cette crise a appris, c’est que la fin des violences ne suffit pas à rétablir une vie normale. La paix, la vraie, suppose un travail de reconstruction long et multidimensionnel : retrouver ses papiers, reprendre une activité économique, scolariser à nouveau ses enfants, renouer des liens sociaux brisés, récupérer une dignité abîmée. C’est précisément dans cet espace que les femmes médiatrices du Nord-Ouest veulent intervenir. Non pas comme substituts aux institutions, mais comme relais indispensables entre la réalité vécue sur le terrain et les efforts de pacification plus globaux. Leur force, c’est leur connaissance intime des communautés, des codes locaux, des souffrances particulières de chaque localité. Des victimes devenues actrices Il y a quelque chose de profondément juste dans cette démarche. Les femmes du Nord-Ouest n’ont pas attendu que le monde les reconnaisse comme victimes pour agir en bâtisseuses. Elles transforment une expérience collective de la douleur en énergie de reconstruction. Ce réseau de 34 arrondissements n’est pas seulement un dispositif de médiation. C’est une déclaration : la paix ne se décrète pas depuis les sommets, elle se construit à hauteur d’homme et de femme dans chaque communauté, chaque foyer, chaque conversation difficile que quelqu’un accepte d’avoir. Dans une région où la crise a fracturé les familles, exilé des quartiers entiers et semé une méfiance durable entre voisins, ces femmes choisissent de faire le chemin inverse. Elles avancent vers le dialogue là où d’autres ont reculé. Elles tendent la main là où le conflit a appris à se méfier. C’est peut-être là, dans cet effort discret et déterminé, que se joue une partie de l’avenir du Nord-Ouest camerounais.

Fausse monnaie au Cameroun : deux saisies majeures secouent Douala et Yaoundé

La Gendarmerie nationale du Cameroun démantèle un réseau de fausse monnaie à Douala et saisit près de 100 millions FCFA à Yaoundé. Enquête sur une criminalité financière en pleine expansion. Dissimulé derrière la façade ordinaire d’un magasin, un atelier de fabrication de fausses pièces de monnaie vient d’être mis hors d’état de nuire à Douala. L’opération, conduite par la Gendarmerie nationale sur la base d’un renseignement jugé solide, a permis de saisir du matériel de production et d’interpeller plusieurs suspects présumés impliqués dans la fabrication et la distribution de pièces contrefaites. Les enquêteurs ont découvert que le réseau ciblait notamment des pièces de 500 FCFA et de 100 FCFA, des coupures de petite valeur facile à écouler dans les marchés, chez les petits commerçants et dans les transactions quotidiennes en espèces. La discrétion de ces coupures est précisément ce qui en fait une arme redoutable pour les faussaires : contrairement aux faux billets, les fausses pièces suscitent moins de méfiance de la part du grand public. L’enquête ouverte s’attachera désormais à reconstituer l’ensemble de la chaîne : ampleur de la production, réseaux de distribution, et éventuelles complicités ayant facilité la mise en circulation des pièces contrefaites dans l’économie informelle. Lire aussi : BEAC : un franc CFA numérique pour contrer les stablecoins en dollar Près de 100 millions FCFA en faux billets saisis à Yaoundé C’est dans l’arrondissement de Yaoundé II, au Carrefour Banane, qu’une seconde opération a été menée le 21 mai 2026 par les éléments du poste de gendarmerie d’Ahala. Un jeune homme de 21 ans a été intercepté en possession d’une quantité considérable de billets contrefaits soigneusement conditionnés. Le montant estimé des faux billets saisis avoisinerait les 100 millions de FCFA. Parmi les coupures découvertes figureraient non seulement des francs CFA, mais aussi des devises étrangères, des dollars américains et des francs suisses, selon les premières informations disponibles. Une diversité qui témoigne d’une logistique structurée, capable d’alimenter à la fois les marchés locaux et les circuits de change informels. Le suspect a été conduit dans une unité de gendarmerie pour y être auditionné, tandis que les investigations s’élargissent pour déterminer d’où provenaient ces billets et quels réseaux étaient impliqués dans leur fabrication et leur distribution. Lire aussi : Cameroun : l’inflation retombe à 2,9 %, une bouffée d’air pour l’économie Une criminalité monétaire qui s’adapte et se structure Ces deux opérations s’inscrivent dans une tendance préoccupante : la Gendarmerie nationale a multiplié les saisies significatives de fausse monnaie ces derniers mois, de Douala à Maroua dans l’Extrême-Nord. Ce qui frappe les autorités, c’est la capacité d’adaptation des réseaux frauduleux face aux nouvelles mesures de sécurité. Selon les services sécuritaires, une partie des coupures contrefaites saisies appartiendraient à la gamme « type 2020 » de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), mise en circulation dans la zone CEMAC à partir du 15 décembre 2022. Des billets pourtant conçus avec des dispositifs de sécurité renforcés, hologrammes, fils de sécurité, encres à effet optique variable. Le fait que des faussaires soient parvenus à en produire des imitations témoigne du niveau de sophistication atteint par certains réseaux. Les circuits informels, première ligne de fragilité

Accra 2026 le Cameroun à l'assaut du continent

Accra 2026 : le Cameroun à l’assaut du continent

Les Lions Indomptables de l’athlétisme ont quitté Yaoundé ce dimanche pour le Ghana, où se tient le 24ᵉ Championnat d’Afrique Seniors du 12 au 18 mai 2026. Une délégation ambitieuse, portée par des performances récentes encourageantes, prête à livrer bataille sur les pistes d’Accra. C’est depuis le terminal international de l’aéroport de Yaoundé-Nsimalen qu’a retenti, ce dimanche matin, le signal de départ de la campagne africaine du Cameroun. La première vague de la délégation nationale d’athlétisme a décollé vers Accra, capitale du Ghana, qui accueillera du 12 au 18 mai 2026 la grand-messe quadriennale de l’athlétisme africain dans sa 24ᵉ édition senior. Sept athlètes et un encadreur technique composaient ce premier contingent. Des compétiteurs aguerris, visages fermés, regard tourné vers l’objectif. À leur tête, pas question de tâtonner : le capitaine Emmanuel Esseme, véritable totémique du sprint camerounais, ouvrait la marche. Sanctions de la CAF : le Sénégal assume et renonce à faire appel Emmanuel Esseme : le capitaine qui porte le drapeau Emmanuel Esseme, c’est le visage du sprint national. Engagé sur le 100 mètres, le 200 mètres et le relais 4×100 mètres, il représente bien plus qu’un athlète : c’est un symbole de continuité et d’excellence pour l’athlétisme camerounais. Dans une discipline où le centième de seconde fait toute la différence, le capitaine des Lions Indomptables d’athlétisme connaît le poids de la responsabilité qui repose sur ses épaules. À ses côtés, deux autres noms méritent qu’on s’y attarde. Nora Atim, redoutable concourseuse en lancer du disque, viendra défier l’élite continentale dans les aires de lancer. Quant à Freddy Oyono, spécialiste du saut en hauteur, il visera les minima les plus élevés face aux meilleurs sauteurs africains. Un objectif aussi ambitieux que stimulant pour un athlète en pleine progression.  Heverge Kole Etame, déjà en place et en feu Si la première vague décollait ce dimanche, une athlète camerounaise était déjà sur place à Accra depuis le 9 mai. Il s’agit d’Heverge Kole Etame, sprinteuse en pleine ascension, qui a fait escale à Abidjan pour participer au prestigieux Meeting Gabriel Tiacoh avant de rallier le Ghana. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle n’est pas arrivée pour faire de la figuration. Heverge Kole Etame a réalisé un doublé retentissant sur 100 et 200 mètres lors de ce meeting, signant des performances qui confirment sa montée en puissance à quelques heures des premières épreuves officielles. Une arrivée en confiance qui donne au Cameroun une raison supplémentaire d’y croire. Le déploiement camerounais ne sera complet qu’en début de semaine. Un dernier groupe de compétiteurs quittera Yaoundé ce mardi, juste à temps pour rejoindre ses coéquipiers avant l’ouverture officielle des compétitions. Le Cameroun peut-il créer la surprise à Accra ?  À l’aune des performances récentes et du profil de la délégation, le Cameroun aborde ce 24ᵉ Championnat d’Afrique Seniors avec des ambitions réelles et justifiées. Plusieurs athlètes arrivent en excellente dynamique, les cadres expérimentés apportent leur savoir-faire, et une nouvelle génération affûtée repousse les limites de l’athlétisme national. Sur les pistes et les aires de concours d’Accra, chaque foulée, chaque impulsion, chaque fraction de seconde sera précieuse dans la quête des médailles continentales. Et si l’histoire retient souvent les noms gravés sur le podium, c’est l’ensemble du collectif camerounais qui jouera sa partition, avec le drapeau vert-rouge-jaune comme seule boussole. Le rendez-vous est pris. Le Cameroun est prêt.

BEAC : un franc CFA numérique pour contrer les stablecoins en dollar

La BEAC veut créer un franc CFA numérique souverain pour contrer les stablecoins en dollar. Souveraineté monétaire, réserves de change, régulation crypto : tout ce qu’il faut savoir. Il y a une question qui agite désormais les banques centrales du monde entier, des gratte-ciel de Francfort aux buildings de Nairobi : qui contrôlera la monnaie numérique de son territoire demain ? Pour la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), la réponse est tranchée et elle ne laisse aucune place à l’ambiguïté : ce sera elle, et personne d’autre. Dakar, le signal d’une offensive souveraine C’est à Dakar, lors d’une conférence internationale organisée par la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest sur les crypto-actifs et les innovations numériques, que le gouverneur de la BEAC, Yvon Sana Bangui, a posé les termes de la bataille. Son message, formulé avec une clarté rare pour le monde feutré des banquiers centraux : pas de stablecoins privés libellés en dollar dans la zone CEMAC. À la place, un instrument numérique souverain, indexé à parité stricte sur le franc CFA. « Nous n’aurons qu’une parité : un franc CFA, un franc CFA numérique, adapté au cadre de coopération existant. C’est une question de souveraineté monétaire au niveau de la zone CEMAC », a-t-il déclaré lors de la table ronde des gouverneurs. La formule est lapidaire. Elle dit tout. Lire aussi : Électricité au Cameroun : hausse de 15% pour les professionnels, les ménages épargnés Pourquoi les stablecoins font peur à Yaoundé Pour comprendre l’enjeu, il faut saisir la spécificité de la zone CEMAC. Le Cameroun, le Gabon, le Tchad, le Congo, la Guinée équatoriale et la République centrafricaine partagent une même monnaie : le franc CFA. Sa dont la convertibilité est garantie dans le cadre d’une convention avec le Trésor français. Une architecture monétaire unique, fragile par construction, et que l’irruption massive de stablecoins en dollar viendrait directement menacer. Le mécanisme du risque est simple : un résident de la CEMAC qui utilise de l’USDT (le stablecoin de Tether adossé au dollar) doit mobiliser des devises étrangères pour alimenter son portefeuille numérique, souvent hébergé hors de la zone. Résultat : une fuite de devises, une pression accrue sur les réserves de change, et une banque centrale progressivement court-circuitée dans sa capacité à piloter la liquidité et les taux d’intérêt. Or, les réserves de la CEMAC ne sont pas au beau fixe. Ce que « franc CFA numérique » veut dire concrètement L’idée défendue par Yvon Sana Bangui repose sur un principe économique clair : répondre à la demande croissante d’actifs numériques sans déléguer l’émission monétaire à des acteurs privés. Un franc CFA numérique, indexé à parité stricte sur la monnaie existante, permettrait à la BEAC de conserver le contrôle de trois leviers essentiels : l’unité de compte, l’émission, et la liquidité. La BEAC travaille depuis plusieurs années sur l’hypothèse d’une monnaie numérique de banque centrale (CBDC). Le cadre réglementaire sous-régional est attendu en 2026. Pendant ce temps, l’expérience kényane sera suivie de près. Elle offre un banc d’essai grandeur nature sur la faisabilité d’une cohabitation régulée entre stablecoins privés et politiques monétaires souveraines. Lire aussi : Milly Nadège FOKAM : « Ma confiance en le Cameroun n’est pas naïve — elle est construite » Trois territoires, trois approches La conférence de Dakar a mis en lumière des stratégies nationales divergentes, révélatrices des dilemmes que chaque pays doit trancher. Le Kenya a choisi de jouer la carte de la régulation stricte plutôt que du rejet. Nairobi intègre les stablecoins dans un cadre juridique encadré par le Virtual Asset Service Providers Act, imposant aux émetteurs les exigences de capital les plus élevées, des réserves couvertes à 100%, dont au moins 30% en dépôts bancaires, et un droit de rachat à vue pour les détenteurs. Une approche pragmatique, dans un pays où les paiements mobiles ont depuis longtemps transformé les usages financiers. La Sierra Leone, elle, avance avec prudence : compréhensible pour un pays qui a connu un pic d’inflation à 54% en octobre 2023 avant de le ramener sous 5% en avril 2025. Ses autorités évaluent avec l’appui du FMI un cadre d’autorisation des stablecoins, sans se précipiter. La BEAC, enfin, incarne une troisième voie : proposer une alternative souveraine numérique plutôt qu’encadrer des instruments privés dont elle ne maîtrise pas l’émission. Derrière les débats techniques, la BEAC pose une question politique fondamentale, à laquelle toutes les banques centrales africaines vont devoir répondre : dans un monde où les paiements numériques transfrontaliers se généralisent, qui émettra la monnaie qui circulera dans les échanges. Une institution publique démocratiquement accountable, ou une entreprise privée américaine adossée au dollar ? Pour la CEMAC, la réponse est déjà tranchée. Reste maintenant à construire l’alternative.

Électricité au Cameroun hausse de 15% pour les professionnels, les ménages épargnés

Électricité au Cameroun : hausse de 15% pour les professionnels, les ménages épargnés

Le gouvernement camerounais prépare une hausse de 15% des tarifs d’électricité pour certains professionnels en basse tension. Ménages et petits commerces exclus. Tout ce qu’il faut savoir. Treize ans. C’est le temps qui s’est écoulé depuis la dernière révision des tarifs d’électricité en basse tension au Cameroun. Depuis 2012, les prix ont été gelés, pendant que les coûts de production, d’achat d’énergie et d’exploitation, eux, n’ont cessé de grimper. Cette situation a un prix, et ce prix, c’est l’État qui le paie, à hauteur de 79 milliards de FCFA de compensations tarifaires rien qu’en 2025. Le gouvernement a décidé que ça ne pouvait plus durer. Lire aussi : Cameroun : l’inflation retombe à 2,9 %, une bouffée d’air pour l’économie Un plan de restructuration présenté aux bailleurs de fonds C’est dans ce contexte que le ministère de l’Eau et de l’Énergie (Minee) a élaboré, en mars 2026, un plan de restructuration de l’ex-Eneo — rebaptisée Socadel — qui prévoit notamment une hausse de 15% des tarifs de l’électricité pour une catégorie bien précise de consommateurs. Ce document a été présenté aux partenaires financiers du secteur, dont les prêteurs du barrage de Nachtigal, lors d’une réunion tenue le 28 avril 2026 au ministère des Finances. La mesure ne s’adresse pas à tout le monde. Elle cible exclusivement les consommateurs professionnels en basse tension dont la consommation dépasse 220 kWh, autrement dit, les entreprises disposant d’équipements énergivores. Le rapport du Minee est explicite : les ménages ne seront pas affectés. De même, les petits garages, les petits instituts de beauté, les petits centres de santé et les petits commerces sont expressément exclus du champ d’application. Un ciblage chirurgical, donc, qui tente de concilier redressement financier et protection des consommateurs les plus vulnérables. Un rattrapage partiel, pas une révolution tarifaire Le gouvernement s’est efforcé de cadrer cette mesure comme un simple rattrapage partiel, et non comme une augmentation au coût réel du service. L’argument avancé : cette hausse de 15% resterait inférieure à l’inflation cumulée depuis 2012. En d’autres termes, la facture augmente, mais moins vite que la vie n’a renchéri depuis plus d’une décennie. L’impact financier attendu est significatif : 8,7 milliards de FCFA de revenus additionnels par mois à l’horizon 2028. De quoi contribuer à résorber le déficit structurel mensuel de l’opérateur, estimé à 13 milliards de FCFA, et alléger d’autant la pression sur les finances publiques, les compensations versées par l’État devant tomber à 39 milliards de FCFA en 2026, contre 79 milliards l’année précédente. Une réforme qui s’inscrit dans un mouvement plus large Cette hausse ciblée sur la basse tension n’est pas un événement isolé. Elle s’intègre dans une dynamique de réforme tarifaire engagée depuis 2023 par l’Agence de régulation du secteur de l’électricité (Arsel), qui a entamé un ajustement progressif des tarifs de la haute et de la moyenne tension vers les coûts réels de service. Résultats déjà enregistrés : 9 milliards de FCFA de trésorerie supplémentaire en 2023, 10 milliards en 2024, et environ 750 millions de FCFA par mois attendus en 2026. Depuis le 1er janvier 2024, les clients de moyenne tension, environ 2 000 abonnés industriels, soit moins de 0,1% du portefeuille total, ont déjà subi une première hausse : +5% pour les tranches entre 0 et 3 MW, et +10% entre 3 et 10 MW. Qualité de service : des engagements chiffrés Une hausse tarifaire sans amélioration de service serait politiquement invendable, et économiquement intenable. Le plan en est conscient. Il prévoit en parallèle une réduction mesurable des coupures d’électricité. Le SAIDI (durée cumulée des interruptions par client et par an) devrait passer de 51,5 heures à 45,8 heures d’ici 2027. Le SAIFI (fréquence des coupures) devrait quant à lui descendre de 20,1 à 18,3 interruptions annuelles par client sur la même période. Lire aussi : Turkish Airlines coupe 10 routes africaines : le choc du kérosène à +117% Un calendrier encore flou, des chantiers structurels en suspens Malgré tout, plusieurs zones d’ombre persistent. La date d’entrée en vigueur de la hausse, les modalités de facturation, les mécanismes de recours éventuels. Rien de tout cela n’a été officiellement communiqué. La mention d’un gain attendu à « l’horizon 2028 » laisse entrevoir une montée en charge progressive plutôt qu’une application brutale et immédiate. Sur le plan structurel, le plan identifie d’autres leviers complémentaires à l’ajustement tarifaire : raccordement de nouveaux industriels, lutte contre la fraude, recouvrement de créances publiques, refinancement de la dette. Il soulève également la question du mécanisme du prorata de TVA, qui pèse environ 10 milliards de FCFA par an sur l’opérateur et génère un stock de compensations non réglées atteignant 36,8 milliards de FCFA à fin 2025. Pour y remédier durablement, le document propose d’introduire dans la loi de finances 2027 un taux nul de TVA sur les tranches de consommation comprises entre 0 et 220 kWh. Le secteur électrique camerounais est à la croisée des chemins. Le plan de restructuration de Socadel esquisse une trajectoire : rééquilibrer progressivement les tarifs, améliorer la qualité de service, assainir les finances de l’opérateur. La route est longue, les défis immenses, mais pour la première fois depuis treize ans, quelque chose semble enfin bouger.

Turkish Airlines coupe 10 routes africaines le choc du kérosène à 117pourcent

Turkish Airlines coupe 10 routes africaines : le choc du kérosène à +117%

Turkish Airlines suspend 10 liaisons africaines dont Libreville et Pointe-Noire. En cause : une flambée du kérosène de +117% depuis les frappes sur l’Iran. Explication. En quelques semaines, le carburant d’aviation a doublé de prix sur les marchés mondiaux. Résultat : Turkish Airlines efface un cinquième de son réseau africain. Libreville, Pointe-Noire, et une dizaine d’autres destinations disparaissent des tableaux de départ. Ce n’est pas une crise passagère. C’est peut-être le début d’une recomposition profonde du ciel africain. Une décision qui est passée sous les radars Officiellement, Turkish Airlines parle d’ajustements saisonniers. Dans les faits, le transporteur turc vient d’annoncer la suspension de 18 liaisons internationales pour l’été 2026, dont une dizaine sur le continent africain. Parmi les victimes : Libreville au Gabon et Pointe-Noire au Congo, deux portes d’entrée névralgiques de la zone CEMAC. Le dernier vol sur la liaison phare Istanbul–Libreville–Pointe-Noire est calé au 6 juin 2026. Retour au mieux en octobre, voire en mars 2027 pour certaines escales. Pour une compagnie qui avait fait de l’Afrique un laboratoire de croissance depuis dix ans, c’est un recul brutal. L’architecture de ces lignes reposait sur des itinéraires triangulaires, Istanbul, puis plusieurs escales africaines enchaînées, permettant de rentabiliser des marchés à faible fréquentation. Supprimer un maillon, c’est souvent faire tomber toute la chaîne. 28 février 2026 : la date qui a tout changé Pour comprendre ce séisme, il faut remonter au 28 février 2026. Ce jour-là, des frappes américaines et israéliennes sur l’Iran déclenchent une paralysie partielle du détroit d’Ormuz, passage maritime par lequel transite près de 20 % du carburant d’aviation mondial. Le choc est immédiat et violent. Pour les compagnies aériennes, la facture carburant représentait déjà entre 25 et 30 % des coûts d’exploitation. Elle atteint désormais jusqu’à 45 %. Sur les routes africaines, les moins denses, les moins bien rémunérées, la rentabilité s’effondre en premier. L’Afrique : premier continent à payer la note Turkish Airlines affiche un chiffre d’affaires de 24 milliards de dollars en 2025, pour un bénéfice de 2,2 milliards. Avec de tels équilibres à préserver, le calcul devient froid : concentrer les capacités sur les routes les plus rentables, et sacrifier le reste, même si ce reste avait une valeur stratégique réelle. L’Afrique paie le prix de sa structure de marché : des flux passagers insuffisants pour absorber les surcoûts, des économies locales qui ne permettent pas de répercuter la hausse des tarifs, et une dépendance aux modèles optimisés, triangulaires, mutualisés, qui volent en éclats dès que le coût de base devient insoutenable. La compagnie turque n’est pas seule dans cette posture. Air France et KLM ont relevé leurs tarifs long-courriers. Lufthansa a prolongé ses suspensions vers le Moyen-Orient jusqu’à l’automne. En Asie, Air China et Cathay Pacific ont revu leurs grilles tarifaires à la hausse. Mais c’est en Afrique que les effets se lisent le plus clairement, et le plus tôt. Lire aussi : Cameroun : l’inflation retombe à 2,9 %, une bouffée d’air pour l’économie Ethiopian Airlines : 160 vols supprimés par semaine Pour mesurer l’ampleur réelle du choc, le cas d’Ethiopian Airlines est éclairant. Premier transporteur du continent africain, la compagnie a annulé jusqu’à 15 vols quotidiens vers le Moyen-Orient, soit plus de 160 rotations hebdomadaires effacées du programme. Ce sont entre 40 000 et 50 000 passagers touchés chaque semaine, pour des pertes estimées à 137 millions de dollars. Un chiffre qui donne le vertige. Face à cette crise, la décision de Turkish Airlines ressemble moins à un ajustement de calendrier qu’à un signal d’alarme. Un repli tactique qui préfigure peut-être des reconfigurations bien plus profondes du transport aérien africain dans les mois à venir. Un signal avancé, pas une anomalie À la hausse des coûts s’ajoute un deuxième facteur, plus insidieux : l’attentisme des voyageurs. Dans un contexte géopolitique instable, une partie des passagers reporte ses déplacements, en particulier vers des zones jugées incertaines. Moins de demande, plus de coûts : les compagnies se trouvent prises en étau. Si la crise du détroit d’Ormuz devait se prolonger ou s’aggraver, c’est l’ensemble de la carte du transport aérien africain qui pourrait être redessinée, à bas bruit, et sans que les voyageurs n’aient vraiment été prévenus.

Cameroun l'inflation retombe à 2,9pourcent, une bouffée d'air pour l'économie

Cameroun : l’inflation retombe à 2,9 %, une bouffée d’air pour l’économie

Le Cameroun affiche un taux d’inflation de 2,9 % en février 2026, passant sous le seuil CEMAC pour la première fois depuis mars 2022. Découvrez les causes, les disparités régionales et les perspectives. Pour la première fois depuis mars 2022, le Cameroun repasse sous le seuil d’inflation fixé par la CEMAC. Un signal encourageant, mais qui masque encore de fortes tensions sur les prix alimentaires et de nettes disparités entre les villes du pays. Un cap symbolique enfin franchi Selon la note mensuelle publiée par l’Institut national de la statistique (INS), le taux d’inflation au Cameroun s’est établi à 2,9 % en moyenne sur les douze derniers mois à fin février 2026. Un chiffre qui peut sembler anodin, mais qui revêt une portée considérable : c’est la première fois depuis mars 2022 que le pays repasse sous le seuil de 3 % imposé par la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). Après plusieurs années de tensions inflationnistes alimentées par les chocs post-pandémiques, les répercussions du conflit en Ukraine sur les prix de l’énergie et des matières premières, et les fragilités structurelles de l’économie locale, ce retour à la norme communautaire marque une inflexion significative. L’INS précise que cette tendance baissière s’est amorcée dès la fin de l’année 2025, après un léger rebond enregistré en novembre. Cette évolution confirme la trajectoire anticipée par le FMI, qui prévoit un taux de 2,9 % pour 2026, avec une stabilisation attendue autour de 2,5 % à moyen terme. Lire aussi : Café UCCAO : 1,05 milliard FCFA pour une usine XXL à Bafoussam L’alimentation reste le talon d’Achille Si la dynamique globale est rassurante, le tableau reste contrasté pour les ménages camerounais. Les produits alimentaires continuent d’exercer une pression à la hausse significative, avec une progression de 6,3 % sur douze mois. Les produits frais affichent même une hausse de 9,9 %, une réalité qui pèse lourdement sur le budget des familles à revenus modestes. L’INS pointe du doigt le poids de ces produits dans la consommation des ménages, mais aussi leur forte sensibilité aux conditions d’approvisionnement, aux coûts de transport et aux aléas climatiques qui affectent la production. Du côté de l’énergie, la hausse reste plus contenue, à +1,6 %. L’analyse par origine des produits révèle une inflation davantage domestique qu’importée : les biens et services produits localement ont vu leurs prix grimper de 3,4 %, contre seulement 1,7 % pour les produits importés. Ce décalage traduit des tensions internes liées à l’augmentation des coûts de production et aux contraintes logistiques qui pèsent sur le tissu économique national. Des prix qui varient selon les villes L’une des données les plus frappantes du rapport de l’INS est l’hétérogénéité des situations selon les régions. Le prix de la vie n’augmente pas au même rythme à Maroua qu’à Ngaoundéré ou Bamenda : Ces écarts s’expliquent principalement par les différences de coûts de transport, la disponibilité locale des produits et les contraintes logistiques propres à chaque bassin de vie. Les villes enclavées ou situées dans des zones de tension, comme Bamenda, payent un surcoût inflationniste structurel. Vers une stabilisation durable ? Ce retour sous la barre symbolique des 3 % est une bonne nouvelle pour la crédibilité économique du Cameroun au sein de la zone CEMAC. Il témoigne d’un retour progressif à la discipline monétaire et d’une modération des pressions sur les prix, même si des défis structurels subsistent, notamment en matière d’accès à l’alimentation et de compétitivité des filières locales. Le FMI table sur une stabilisation de l’inflation autour de 2,5 % à moyen terme, un objectif atteignable si les réformes en cours sur la logistique, la production agricole et la politique budgétaire produisent leurs effets. Pour les Camerounais, la vraie question reste de savoir quand ce recul de l’inflation se traduira concrètement en un répit pour leur pouvoir d’achat quotidien.

Cameroun : pourquoi les députés vont rester en poste jusqu’en décembre 2026 (et ce que ça change pour vous)

La Présidence camerounaise propose une nouvelle prorogation du mandat des députés jusqu’au 20 décembre 2026. Entre raisons financières, réajustement d’Elecam et enjeux constitutionnels, on vous explique tout. Le 19 mars 2026, un texte discret mais lourd de conséquences a atterri sur le bureau de l’Assemblée nationale. Son expéditeur : la Présidence de la République. Son objet : prolonger encore une fois le mandat des députés de la 10e législature. Si les élus disent oui, ils resteront en poste jusqu’au 20 décembre 2026. Soit près de deux ans de plus que le quinquennat prévu par la loi. Dans les couloirs du Parlement, on le sait déjà : ce projet de loi sera l’un des dossiers chauds de la session parlementaire de mars. Il devrait être adopté avant la clôture, prévue autour du 10 avril. Mais pourquoi cette nouvelle prorogation ? Et qu’est-ce que cela change concrètement pour le calendrier électoral et pour les Camerounais ? Décryptage. Un deuxième report après celui de 2024 Pour comprendre, il faut remonter un peu en arrière. Normalement, les députés camerounais sont élus pour cinq ans. Les dernières élections législatives ont eu lieu le 9 février 2020. Leur mandat devait donc logiquement s’éteindre le 9 février 2025. Mais voilà : le 24 juillet 2024, un décret présidentiel a prorogé ce mandat de douze mois, jusqu’au 30 mars 2026. Une première prolongation, rendue possible par l’article 15 de la Constitution de 1996, qui permet au Président de la République, en cas de crise grave et après consultation des instances compétentes, de demander à l’Assemblée nationale de proroger ou d’abréger son propre mandat par une loi. Aujourd’hui, avec l’échéance du 30 mars qui approche, la Présidence remet le couvert. Le nouveau projet de loi propose de pousser la date limite au 20 décembre 2026. Soit près de sept mois supplémentaires par rapport à la première prorogation. L’argument financier, première justification Dans l’exposé des motifs du projet de loi, l’exécutif avance deux arguments principaux pour justifier ce nouveau délai. Le premier est financier, et il est de poids. L’année 2025 a été chargée pour les caisses de l’État. D’abord, l’élection présidentielle du 12 octobre 2025, qui a mobilisé d’importants moyens logistiques, matériels et sécuritaires. Ensuite, l’élection des conseillers régionaux fin décembre, qui a elle aussi pesé sur le budget. Deux scrutins organisés en l’espace de quelques mois, dans un contexte économique que l’exécutif qualifie lui-même de « difficile ». Répéter les élections législatives et municipales (dont le mandat expire également) dans la foulée aurait été, selon la logique présidentielle, un effort budgétaire trop lourd. La prorogation vise donc à « alléger la charge financière que font peser les élections sur le budget de l’État ». Elecam a besoin de souffler Le second argument touche à l’organisation matérielle des scrutins. L’exécutif estime que l’organe en charge des élections, Elecam, a besoin de temps pour « se rajuster » et « assurer une organisation plus sereine » des futures législatives et municipales. Un aveu implicite, mais important : après deux scrutins majeurs en quelques mois, la machine électorale a besoin de souffler. La prorogation offre un répit logistique pour préparer les prochaines échéances dans de meilleures conditions. Un calendrier électoral réajusté, mais toujours flou Derrière ces justifications techniques, il y a une réalité politique. Le 10 février 2026, lors de son discours à la Jeunesse, le président Paul Biya avait lui-même annoncé « un léger réajustement du calendrier électoral ». La nouvelle doyenne d’âge de l’Assemblée nationale, Marlyse Soppo Touté, en avait déduit, lors de la séance inaugurale du 10 mars, que le report des législatives et des municipales était « quasiment acquis ». Aujourd’hui, ce « léger réajustement » prend la forme d’une prorogation de près de neuf mois. De quoi laisser du temps pour organiser les élections, mais aussi, dans l’esprit de nombreux observateurs, pour gérer d’autres dossiers politiques plus sensibles. Le spectre de la révision constitutionnelle Car ce qui agite vraiment les milieux politiques camerounais, ce n’est pas seulement le report des élections. C’est ce qui pourrait se passer pendant ce délai supplémentaire. Dans les couloirs, on parle d’une éventuelle « modification de la Constitution ». Un sujet qui revient régulièrement dans les discussions et qui, cette fois, pourrait être accéléré. Le calendrier prorogé donne du temps. Du temps pour préparer un éventuel projet de révision, du temps pour négocier au sein de la majorité, du temps pour le faire adopter. Officiellement, rien n’est annoncé. Mais les regards sont tournés vers la Présidence, et les attentes se cristallisent. Que se passe-t-il pour les maires ? Une question demeure : qu’en est-il des exécutifs municipaux ? Le mandat des maires, qui est également de cinq ans, arrive aussi à échéance. Mais la Constitution ne prévoit pas les mêmes mécanismes de prorogation que pour les députés. Pour l’instant, les maires et leurs conseils municipaux restent dans l’expectative, suspendus aux décisions du chef de l’État. Une situation inconfortable pour les élus locaux, qui doivent gérer le quotidien de leurs communes sans savoir combien de temps ils resteront en poste. Une seule certitude : le calendrier électoral camerounais, déjà chamboulé, entre dans une zone de turbulences où les reports successifs redessinent en silence la carte du pouvoir.

Cameroun : 856 milliards FCFA pour transformer les montagnes de déchets en or vert

Thermosun Cameroun et Blue Energy Holding veulent investir plus de 856 milliards FCFA pour valoriser les déchets de Yaoundé et Douala. Électricité, biocarburants, engrais : un projet industriel XXL qui pourrait révolutionner la gestion des ordures au Cameroun. Elles s’amoncellent chaque jour un peu plus, encombrant les artères des grandes villes, polluant les bas-fonds et empoisonnant la vie des riverains. Les montagnes d’ordures de Yaoundé et de Douala sont devenues le symbole d’un défi que le Cameroun peine à relever. Mais voilà que dans les coulisses du pouvoir, deux entreprises privées préparent une révolution. Leur pari ? Faire du déchet une ressource. Leur ambition ? Investir plus de 856 milliards de FCFA pour transformer les poubelles des métropoles en électricité, en carburant et en engrais. Bienvenue dans l’ère naissante de l’économie circulaire à la camerounaise. Deux projets, une même vision C’est un dossier qui pourrait changer la donne environnementale du pays. Thermosun Cameroun et Blue Energy Holding, deux entreprises locales, sont en négociation avancée avec l’État pour lancer des unités industrielles de valorisation des déchets. Ensemble, elles pèsent un investissement cumulé de 856 milliards FCFA. De quoi faire du Cameroun un pionnier en Afrique centrale dans le traitement moderne des ordures. Car le constat est implacable : Yaoundé et Douala produisent chaque jour des milliers de tonnes de déchets qui, faute d’infrastructures adaptées, finissent dans des décharges sauvages ou polluent les eaux. Mais pour ces deux entreprises, ce qui est un problème pour les uns est une mine d’or pour les autres. Thermosun Cameroun : 276 milliards pour une usine industrielle Le premier projet, porté par Thermosun Cameroun, prévoit la construction de deux unités industrielles à Yaoundé et Douala. L’infrastructure, pensée comme une usine à tout faire, intégrerait un système de collecte capable d’aspirer jusqu’à 1 500 tonnes de déchets par jour. Chaque jour ! Soit l’équivalent de plusieurs centaines de camions-bennes déversant leur chargement dans des installations ultramodernes. Au final, ce sont 833 tonnes qui seraient traitées quotidiennement, soit près de 280 000 tonnes par an. Et rien ne se perd, tout se transforme. Les déchets, triés et traités, deviendraient de l’engrais pour l’agriculture, de l’électricité pour alimenter les foyers, et du biocarburant pour faire rouler les véhicules. L’investissement pour cette première phase est estimé à 276 milliards FCFA. Mais avant de sortir le carnet de chèques, les discussions se poursuivent avec l’État sur le cadre d’exploitation. Qui gère quoi ? Comment financer ? Les réponses à ces questions détermineront si ce rêve industriel deviendra réalité. Blue Energy Holding : 580 milliards pour électrifier le pays Pendant que Thermosun peaufine son dossier, Blue Energy Holding prépare un projet encore plus colossal. 580 milliards FCFA d’investissement pour traiter jusqu’à 3 000 tonnes de déchets par jour. À la clé, une production annuelle d’électricité estimée à 912,5 gigawattheures. De quoi alimenter des milliers de foyers, mais aussi, ambition affichée, des futurs bus électriques qui circuleraient dans les grandes villes. L’entreprise ne compte pas s’arrêter là. Son projet intègre l’acquisition de 1 000 camions fonctionnant au biogaz ou au biodiesel, l’installation de 10 000 bacs à ordures modernes pour fluidifier la collecte, et la mise en place d’une centrale électrique indépendante. Bref, une refonte complète de la chaîne de gestion des déchets dans les deux métropoles. Reste un obstacle de taille : le financement. Blue Energy Holding est encore en quête de capitaux et discute notamment avec des agences suédoises. Ces dernières conditionnent leur soutien à une contrepartie publique de 30 %, soit environ 174 milliards FCFA. Un point de blocage qui, s’il est levé, pourrait débloquer la situation. Un marché encore à construire Si ces deux projets se concrétisent, le Cameroun ferait un bond de géant dans la gestion de ses déchets urbains. Aujourd’hui, la filière de valorisation industrielle y est encore embryonnaire. Les initiatives existantes sont souvent artisanales ou limitées à quelques quartiers. L’arrivée d’opérateurs de cette envergure structurerait une véritable industrie, créant des milliers d’emplois directs et indirects. Mais les défis sont nombreux. Le cadre juridique et réglementaire du traitement des déchets doit encore être clarifié. Les contrats d’exploitation, les modalités de financement public-privé, les garanties de l’État : autant de sujets sensibles qui se négocient actuellement dans les bureaux des ministères. Il y a aussi la question de la collecte. Pour qu’une usine de valorisation tourne, il faut lui fournir des tonnes de déchets chaque jour. Cela suppose une organisation sans faille, des camions, du personnel, des bacs adaptés. Une logistique à repenser entièrement. L’économie circulaire comme horizon Pourtant, l’enjeu dépasse le seul cadre industriel. Dans un contexte de transition écologique mondiale, savoir transformer ses déchets en ressources, c’est aussi gagner en souveraineté. Moins de pollution, moins d’importation d’engrais chimiques, une électricité produite localement à partir de ce que l’on jette. Les promoteurs de ces projets le savent : ils ne vendent pas seulement une usine, ils vendent une vision. Celle d’un Cameroun où les montagnes d’ordures qui enlaidissent les quartiers deviennent des mines urbaines, où les poubelles d’aujourd’hui alimentent les moteurs de demain. Reste à transformer l’essai. Les négociations en cours avec l’État, les recherches de financements, les arbitrages politiques : tout cela dira si ces 856 milliards FCFA d’investissement passeront de la feuille de calcul à la réalité du terrain. En attendant, une chose est sûre : le débat sur les déchets, longtemps relégué au rang de problème technique, entre enfin dans l’ère industrielle. Et si tout se joue dans les prochains mois, le Cameroun pourrait bien offrir à l’Afrique un modèle de ce que l’on appelle désormais la « transition verte ».

Naomie Begala Mikel Akono : la percée féminine qui redessine le Sénat camerounais

Naomie Begala Mikel Akono entre dans l’histoire en devenant la première femme première vice-présidente du Sénat camerounais. Découvrez le parcours de cette diplomate de formation qui incarne un nouveau visage du leadership féminin au Cameroun. Le 17 mars 2026 restera gravé dans les annales du Sénat camerounais. Ce jour-là, sous la lumière tamisée de l’hémicycle, un plafond de verre a volé en éclats. Silencieusement, presque en douceur, mais avec une force symbolique immense. Pour la première fois depuis que la chambre haute du Parlement fonctionne effectivement, une femme a été portée au poste de première vice-présidente. Elle s’appelle Naomie Begala Mikel épouse Akono. Sénatrice RDPC de la région de l’Est, elle succède à Aboubakary Abdoulaye, désormais président du Sénat. Et le verdict des urnes a valeur de plébiscite : 83 voix sur 84 votants, soit 98,80 % des suffrages. Un seul bulletin nul. Le genre de score qui en dit long sur le consensus qui a entouré son accession. Mais derrière ces chiffres impressionnants, qui est vraiment cette femme qui vient d’écrire une page d’histoire ? Une discrète aux dents longues Dans l’univers feutré de la politique camerounaise, Naomie Begala Mikel Akono n’a jamais été de celles qui cherchent la lumière. Son parcours s’est construit loin des projecteurs, dans l’ombre des institutions, à force de patience et de sérieux. Jusqu’à récemment, elle occupait le poste de secrétaire du bureau du Sénat. Un poste clé, mais discret. Un poste où l’on apprend, où l’on observe, où l’on tisse sa toile. Cette ascension sans heurt mais sans rupture de rythme raconte une histoire : celle d’une femme qui a choisi de bâtir sa légitimité pierre par pierre, convaincue que le temps travaille pour ceux qui savent attendre. De la valise diplomatique aux arcanes du pouvoir Avant d’entrer dans l’arène parlementaire, Naomie Begala Mikel Akono avait déjà une longueur d’avance. Diplômée en relations internationales, docteure dans la même discipline, elle a longtemps porté la voix du Cameroun au-delà de ses frontières. Son parcours à l’étranger lui a offert ce que beaucoup de responsables politiques n’ont pas : une vision globale des enjeux, une compréhension fine des équilibres géopolitiques, et cette capacité à naviguer dans les cercles de décision avec l’aisance d’une habituée. Quand elle pose ses valises au Sénat, elle ne découvre pas les arcanes du pouvoir. Elle les connaît. Elle les a pratiqués. Sa montée en puissance dans l’institution parlementaire n’est donc pas le fruit du hasard. C’est celui d’une femme qui, forte de son expertise, a su se rendre indispensable. Un poste qui n’a rien d’honorifique Si son élection fait grand bruit, ce n’est pas seulement parce qu’elle est une première. C’est aussi parce que le poste de première vice-présidente compte. Vraiment. En cas d’absence ou d’empêchement du président du Sénat, c’est elle qui prend la barre. Elle est également au cœur de l’organisation et de la coordination des travaux parlementaires. Autrement dit, elle entre dans le cercle très fermé de ceux qui font tourner la maison. Naomie Begala Mikel Akono ne sera pas une figure décorative. Elle sera un rouage essentiel de l’institution. Une responsabilité qu’elle semble avoir mesurée avant même d’y accéder, tant son parcours a été celui d’une préparation minutieuse. Le symbole d’un renouveau Mais au-delà des fonctions, c’est le symbole qui fait vibrer. À 62 ans, cette femme discrète devient soudain l’un des visages les plus en vue du Sénat. Et elle l’a bien compris. Dans sa première prise de parole à la radio nationale, elle a donné le ton, avec une voix calme mais ferme : « Nous allons apporter plus de dynamisme, une touche féminine. » Une touche féminine. L’expression est choisie. Elle n’est ni revendicatrice ni militante. Elle est simplement une promesse. Celle d’une manière différente de faire de la politique, peut-être plus collaborative, peut-être plus inclusive. Son accession s’inscrit d’ailleurs dans un mouvement plus large. Celui de la volonté affichée par le président Paul Biya, dans le cadre de son nouveau septennat, de promouvoir les femmes et les jeunes, d’encourager un leadership qui ressemble davantage à la diversité du pays. Naomie Begala Mikel Akono incarne cette aspiration. Un appel aux vocations Dans son discours d’intronisation, la nouvelle première vice-présidente n’a pas seulement parlé pour elle. Elle a tendu une main à toutes celles qui pourraient douter. Aux femmes, d’abord. Aux jeunes, ensuite. « Croyez en vos capacités, investissez pleinement la vie publique », leur a-t-elle lancé. Une phrase qui résonne comme un appel aux vocations, une invitation à bousculer à leur tour les plafonds de verre. Car c’est bien cela, la force de ce moment. Naomie Begala Mikel Akono n’est pas seulement entrée dans l’histoire. Elle ouvre une porte. Elle prouve que dans un univers politique longtemps dominé par les hommes, il y a désormais une place pour celles qui osent, celles qui persistent, celles qui se préparent. Une nouvelle séquence Pour elle, le parcours ne fait que commencer. Discrète hier, elle devient aujourd’hui l’un des visages les plus scrutés du Sénat. La pression est là, mais l’expérience aussi. Diplomatie, relations internationales, mécanismes parlementaires : elle a toutes les clés en main pour réussir. Reste à savoir comment cette « touche féminine » qu’elle promet va se traduire dans les faits. Une chose est sûre : le 17 mars 2026, le Sénat camerounais a changé. Et il ne sera plus jamais tout à fait le même.

Café UCCAO : 1,05 milliard FCFA pour une usine XXL à Bafoussam

L’UCCAO inaugure une usine de torréfaction de café à Bafoussam, un investissement de 1,05 milliard FCFA. Découvrez comment cette unité de transformation veut booster la filière café au Cameroun, créer des emplois et concurrencer l’importation. C’est une odeur qui a longtemps fait la fierté du Cameroun. Celle du café, qui réveillait les matins et faisait tourner les économies locales. Pendant des années, cette arôme a été mise en sourdine, étouffée par les difficultés d’une filière laissée en jachère. Mais ce 12 mars à Bafoussam, dans la capitale des Hauts-Plateaux, le café camerounais a repris des couleurs. Et même, une sacrée puissance de feu. Au milieu des collines verdoyantes de l’Ouest, le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Gabriel Mbaïrobé, a coupé le ruban d’une infrastructure qui change la donne. L’Union centrale des coopératives agricoles de l’Ouest (UCCAO) vient de mettre en service une usine de torréfaction dernier cri. Coût de l’opération : 1,05 milliard de FCFA. Un montant qui donnerait le vertige à certains peut-être, mais qui dit bien l’ambition : faire du Cameroun un champion de la transformation locale. Une usine XXL pour réveiller la filière Entrer dans cette nouvelle unité, c’est comme pénétrer dans le ventre d’un géant silencieux mais efficace. Ici, tout est pensé pour la performance. La bête peut avaler six tonnes de café en huit heures. Six tonnes ! Du grain brut à la poudre prête à être vendue, en passant par le décorticage et le calibrage. Et ce, pour les deux variétés qui font la réputation du terroir camerounais : l’arabica, doux et parfumé, et le robusta, puissant et corsé. L’automatisation est totale. Fini le temps du traitement artisanal qui limitait les volumes. C ette usine est un concentré de technologie, un pari sur l’avenir financé par un montage original : l’État camerounais a mis 700 millions de FCFA dans la corbeille, tandis que l’UCCAO a sorti 350 millions de ses propres caisses. Public-privé, main dans la main, pour redonner ses lettres de noblesse à une filière qui en avait bien besoin. L’heure de la revanche sur l’importé Pour Gabriel Mbaïrobé, le message était clair en coupant le ruban : « Cette unité, c’est du concret. » Du concret pour les producteurs, qui voient enfin s’ouvrir des débouchés stables. Du concret pour l’emploi, avec des postes directs et indirects qui vont fleurir dans la région. Et du concret pour la stratégie nationale, celle de l’import-substitution. Car le ministre ne s’est pas arrêté à cette inauguration. Il a sorti de sa manche un atout de taille : bientôt, une chaîne dédiée à la production de café instantané viendra compléter l’offre. L’objectif ? Réduire drastiquement la dépendance du Cameroun aux poudres importées qui envahissent les étals. Fini le temps où l’on achetait à l’étranger ce que l’on sait si bien produire chez soi. L’usine de Bafoussam devient le fer de lance d’une reconquête : celle des tasses et des palais camerounais. Un parfum de renaissance Cette inauguration sent bon la revanche. Depuis la libéralisation du secteur, la filière café camerounaise a traversé des années noires. Production en berne, producteurs découragés, qualité parfois sacrifiée sur l’autel de la survie. Mais les derniers chiffres donnent le sourire : en 2025, les volumes commercialisés ont grimpé à 11 637 tonnes. Soit une hausse de 10 %. La valeur, elle, a explosé pour atteindre 3,5 milliards de FCFA, plus du triple des années précédentes. Un rebond spectaculaire porté par le robusta, ce segment où le Cameroun veut aujourd’hui assoyer sa domination régionale. Derrière ces chiffres, il y a des hommes et des femmes. Les producteurs de l’Ouest, qui retrouvent une fierté. Les coopératives, qui voient enfin la valeur ajoutée rester sur le territoire. Et l’UCCAO, qui avec cette unité, envoie un signal fort : le café camerounais ne se contente plus d’être une matière première envoyée à l’autre bout du monde pour y être transformé. Il veut exister chez lui, dans sa version la plus aboutie, la plus noble. La promesse d’un café 100 % Cameroun L’enjeu, au fond, dépasse la simple économie. Il est aussi une question de réputation. Le café camerounais jouit encore d’une aura certaine sur les marchés internationaux. Mais cette aura doit être préservée, choyée, portée par une transformation locale qui garantit la qualité. En maîtrisant toute la chaîne, du champ à la tasse, l’UCCAO et ses partenaires publics posent les jalons d’une souveraineté aromatique. Alors, certes, les défis restent nombreux. Stabiliser la production, former les producteurs, séduire les consommateurs locaux habitués aux goûts importés. Mais à Bafoussam, ce 12 mars, le café était plus qu’une boisson. Il était un symbole. Celui d’une filière qui se redresse, qui investit, qui croit en son avenir. Et qui, désormais, a une usine à la hauteur de ses ambitions.

Assemblée nationale : Théodore Datouo, l’homme d’affaires discret qui devient le nouveau maître du perchoir

Portrait du nouveau président de l’Assemblée nationale camerounaise, Théodore Datouo. De l’importation de matériaux aux coulisses du pouvoir, retour sur le parcours hors norme de cet homme d’affaires devenu figure politique incontournable. Il n’y a pas eu de bruit, pas de coup d’éclat. C’est en silence, avec la précision d’un horloger, que le perchoir de l’Assemblée nationale camerounaise a changé de propriétaire. Dans la grande salle du Palais des verres Paul Biya, l’histoire s’est écrite sans fracas, mais avec une portée politique immense. Les députés du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), fidèles à la consigne venue d’en haut, ont élu celui qui n’était encore qu’un cinquième vice-président discret. Nom : Théodore Datouo. Score : 133 voix sur 147, soit plus de 90 % des suffrages. Loin des tribuns passionnés qui enflamment les hémicycles, c’est un stratège de l’ombre, un homme de réseaux et de patience, qui vient de s’emparer du deuxième poste de l’État. Derrière ce nom, qui succède à celui de Cavaye Yéguié Djibril, détenteur du record de longévité au perchoir depuis 1992, se cache un parcours aussi riche que méconnu du grand public. Portrait d’un bâtisseur, entre poudre d’or économique et réalités du pouvoir. Du comptoir commercial au cercle des décideurs Avant d’être une figure politique des Hauts-Plateaux, dans la région de l’Ouest, Théodore Datouo a longtemps eu la poussière des chantiers et l’odeur des ports comme horizon. Né le 5 juillet 1960 à Nkongsamba, originaire de Bangou, ce chef d’entreprise n’a jamais cessé de cultiver une double casquette : celle de l’homme d’affaires et celle du notable. Lorsqu’il décroche sa licence en sciences économiques, option gestion des entreprises, à l’Université de Yaoundé en 1986, il ne se précipite pas vers la politique. Il préfère les terrains vagues, les négociations commerciales et les flux tendus. En 1987, il prend les rênes de la société EDA, spécialisée dans l’importation de matériaux de construction. Très vite, il élargit son horizon bien au-delà des frontières camerounaises. Direction Libreville, au Gabon, où il dirige le Comptoir commercial d’Afrique, avant de prendre la tête de Big Shop Company. Mais le tournant décisif de sa carrière entrepreneuriale survient en l’an 2000. À cette époque, il devient le patron de la Société équatoriale du bois, une filiale du groupe Big Shop. Là, il met la main à la pâte sur un projet titanesque : le pipeline Tchad-Cameroun. Sa branche logistique et transport intervient comme sous-traitant sur ce chantier phare, un passage obligé pour tous ceux qui comptent dans le milieu des affaires en Afrique centrale. Cette période forge sa réputation d’opérateur économique solide, un atout majeur dans un pays où l’économie et la politique sont souvent les deux faces d’une même pièce. La politique, une affaire de patience Pendant que ses affaires prospèrent, Théodore Datouo observe. Il n’entre dans l’arène politique qu’en 2002, presque par la petite porte, comme député suppléant. Une entrée en matière discrète, presque timide, mais calculée. Dans les Hauts-Plateaux, il commence à tisser sa toile. Là où certains brûlent les étapes, lui préfère arroser les racines. En 2007, il devient président de la section RDPC des Hauts-Plateaux Sud. Cette année-là, il troque son statut de suppléant contre celui de député titulaire. À partir de là, sa progression suit une courbe ascendante, aussi régulière que celle des entreprises qu’il dirige. 2011 est une année charnière : il entre au comité central du RDPC, le saint des saints du parti au pouvoir. Réélu député en 2013, il accède ensuite au bureau de l’Assemblée nationale en tant que vice-président. Les mandats s’enchaînent, les responsabilités s’accumulent. En février 2020, il est reconduit, installé confortablement dans les rouages les plus sensibles de l’institution. L’ombre tutélaire de Cavaye Dans ce milieu où la confiance vaut plus que l’or, Datouo a su trouver un mentor de poids : Cavaye Yéguié Djibril, l’ancien président de l’Assemblée. En 2017, ce dernier lui confie un dossier brûlant : la présidence du comité de suivi de la construction du nouveau siège de l’Assemblée nationale. À première vue, ce n’est qu’un chantier. Mais dans le microcosme de la haute assemblée, piloter cette construction revient à devenir le dépositaire des secrets de la maison. C’est un signe de confiance absolue. En gérant les murs du futur siège, Datouo s’est imposé comme un rouage central du fonctionnement interne. Lorsque Cavaye Yéguié Djibril doit passer la main, la logique interne du RDPC a fait le reste : c’est l’homme de confiance, l’homme des missions délicates, qui hérite du perchoir. Une victoire entre consolidation et transition Aujourd’hui, Théodore Datouo incarne la nouvelle figure de proue d’une institution en suspens. Sa promotion intervient dans un contexte institutionnel particulier, marqué par la prorogation du mandat des députés via la loi du 24 juillet 2024. Le renouvellement de la Chambre plane encore comme une épée de Damoclès sur les équilibres politiques. Cette élection, bien que confortable, est donc une victoire à double lecture. D’un côté, elle couronne une vie de patience, un parcours où l’entrepreneuriat a servi de tremplin au pouvoir. De l’autre, elle pourrait n’être qu’une étape transitoire, une mise en place avant les grands arbitrages politiques à venir. Pour l’instant, le nouveau maître des lieux, fort de ses réseaux d’affaires et de son ancrage local, peut savourer. Mais dans le grand jeu politique camerounais, nul doute que Théodore Datouo, l’homme qui a bâti sa vie sur le concret des matériaux et la fluidité des réseaux, gardera un œil sur l’horizon.

Foncier au Cameroun : les chefs traditionnels désormais incontournables pour les grandes attributions de terres

Foncier au Cameroun : les chefs traditionnels désormais incontournables pour les grandes attributions de terres

Reforme foncière au Cameroun : depuis décembre 2025, tout projet d’immatriculation de terrain de plus de 10 hectares exige l’accord écrit des chefs traditionnels de 1er degré. Découvrez les enjeux de cette réforme portée par le Mindcaf. Au Cameroun, la gestion du foncier entre dans une nouvelle ère. Depuis décembre 2025, une circulaire du ministère des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières (Mindcaf) impose l’accord formel des chefs traditionnels de 1er degre pour toute demande d’attribution de terrain dépassant 10 hectares. Une décision qui redistribue les cartes du pouvoir foncier et renforce la protection des communautés rurales face aux accaparements de terres. Une lettre de non-objection désormais obligatoire Signée le 26 décembre 2025, la circulaire du Mindcaf marque un tournant dans la politique foncière camerounaise. Elle rend obligatoire la production d’une lettre de non-objection ou d’une objection motivée émanant des chefs traditionnels de 1er degré pour toute immatriculation ou concession portant sur une superficie supérieure a 10 hectares. Pour le ministre Henri Eyebe Ayissi, cette prérogative forte vise a : Cette mesure s’inscrit dans un vaste chantier de réforme, élabore avec l’appui technique et financier de la coopération allemande, qui doit déboucher sur un Document de politique nationale foncière et sur un nouveau projet de loi portant régime foncier et domanial. Lire aussi : Cameroun/Immobilier : les « démarcheurs » informels devront désormais payer la TVA Lutter contre la spéculation foncière : un enjeu national Lors d’un atelier de présentation tenu le 27 février 2026 à Yaoundé, le ministre Eyebe Ayissi a posé le diagnostic sans détour : l’absence de régulation foncière génère des conflits, de la spéculation et une appropriation de terres a des fins non productives. Le gouvernement envisage donc de plafonner les superficies attribuables a une même personne physique ou morale a l’issue des périodes de concession. Les objectifs affichés sont clairs : Pour le Mindcaf, la terre n’est pas une marchandise ordinaire. Elle constitue un patrimoine commun, un levier stratégique de développement et un facteur déterminant de stabilité sociale. C’est dans cet esprit que les sociétés civiles et riverains, qui dénonçaient depuis longtemps l’attribution de vastes étendues a des particuliers, voient leurs préoccupations enfin prises en compte. Des indemnités pour les chefs traditionnels : la question enfin tranchée Les reformes ne se limitent pas aux procédures d’attribution. Elles touchent également au fonctionnement des Commissions consultatives d’attribution de parcelles. Le constat du ministre est sans appel : les descentes de terrain sont souvent paralysées par le manque de moyens financiers, créant lenteurs, incompréhensions et parfois des irrégularités préjudiciables a la transparence du service public foncier. Pour y remédier, le Mindcaf prépare un texte règlementaire encadrant les indemnités selon deux critères : Une avancée concrète qui devrait améliorer sensiblement l’efficacité et la crédibilité des procédures d’attribution foncières. Des avril 2026 : les chefs de 3e degré habilites à délivrer des titres provisoires Le processus de réforme franchira une nouvelle étape symbolique dès le 1er avril 2026. Les chefs traditionnels de 3e degré seront habilites à délivrer des titres fonciers provisoires aux demandeurs. Une mesure de décentralisation qui rapproche l’administration foncière des populations, notamment dans les zones les plus reculées du pays. En résumé : ce que change concrètement la reforme Objectif global : lutter contre la spéculation, protéger les communautés et moderniser la gouvernance foncière.

Côte d'Ivoire Rema le protocole de paiement Bluetooth sans Internet inventé par quatre étudiants

Côte d’Ivoire : Rema, le protocole de paiement Bluetooth sans Internet inventé par quatre étudiants

Découvrez Rema, l’innovation ivoirienne qui permet de payer sans connexion internet grâce au Bluetooth. Une invention portée par quatre étudiants pour l’inclusion financière en Afrique. Et si l’avenir du paiement mobile en Afrique passait par le Bluetooth ? C’est le pari audacieux et déjà réussi de quatre étudiants ivoiriens de l’Université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan. Âgés de 18 à 21 ans, Jean-Luc Adjo, Djiablé Luc Olivier Jaurès, Ariel Kouakou Placide et Konaté Ibrahim Junior viennent de lancer le Protocole Rema. Leur invention : un système de paiement numérique qui fonctionne sans aucune connexion internet, en utilisant simplement la technologie Bluetooth présente sur presque tous les téléphones. Leur objectif est clair et ambitieux : éradiquer la fracture financière dans les zones blanches, ces régions où l’accès au réseau est inexistant ou trop instable pour les transactions mobiles classiques. Alors que près de 40% du continent africain souffre encore de ce déficit de connectivité, Rema propose de transformer le cash physique en argent numérique sécurisé et traçable, ouvrant la voie à une inclusion financière véritablement totale. Lire aussi : Taxe GAFA Cameroun : un impôt de 3% sur le CA des géants du numérique dès 2026 Comment ça marche ? La magie du Bluetooth au service de l’inclusion Le principe est d’une simplicité désarmante pour l’utilisateur. Pour payer, il suffit d’activer le Bluetooth entre deux téléphones, même en mode avion. L’argent numérique, sécurisé par une clé cryptographique unique (AES-256), est transféré d’un appareil à l’autre. Chaque transaction génère un identifiant unique (UUID) et la donnée, même interceptée, reste illisible sans la clé privée stockée dans l’enclave sécurisée du téléphone. « Nous traduisons les propriétés du cash physique – instantanéité, indépendance du réseau – vers le numérique, en y ajoutant la traçabilité et la sécurité », explique Konaté Ibrahim Junior, le CEO et CTO du projet. L’innovation va plus loin : en cas de perte ou de vol du téléphone en zone hors-ligne, un système d’audit mathématique basé sur l’historique des recharges permet à l’utilisateur de récupérer son argent, une garantie impossible avec les espèces. Une genèse improbable : de la psychologie et de l’économie au code pur L’histoire de Rema est un véritable conte moderne. Elle naît en 2025 lors d’un design sprint organisé par la Caisse des Dépôts de Côte d’Ivoire. L’équipe, initialement composée de sept étudiants (dont trois femmes) en psychologie et en économie, ne remporte pas le financement, mais son idée bluffe le jury. Sans formation en informatique, mais portés par une conviction inébranlable, les quatre amis décident d’apprendre à coder en autodidactes. Avec une mise de départ de seulement 20 euros pour un abonnement à une intelligence artificielle générative (Gemini AI de Google), ils conçoivent et développent un prototype fonctionnel en à peine 5 mois. « L’IA a été notre accélérateur, mais notre formation en psychologie nous a aidés à comprendre les besoins profonds des utilisateurs », témoigne Konaté. Lire aussi : Cameroun : Exonération des droits de douane pour les équipements des start-up en 2026 Une ambition de partenaire, pas de concurrent La démarche des jeunes fondateurs est stratégique. Ils ne se positionnent pas comme une nouvelle fintech en concurrence avec les géants du mobile money, mais comme un tech-provider (fournisseur de technologie). Leur objectif est de fournir leur protocole sous forme de kit logiciel (SDK) que les Émetteurs de Monnaie Électronique (EME) existants pourront intégrer à leurs propres applications. « Nous ne voulons pas créer une nouvelle application, mais devenir le standard technologique qui sécurise et permet les transactions hors-ligne pour toutes les plateformes », précise Jean-Luc Adjo, responsable des affaires commerciales. Cette approche collaborative a déjà attiré l’attention de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). Au-delà des paiements : la « lumière » pour une Afrique souveraine Le nom « Rema », qui signifie « révélation » ou « lumière » dans une langue locale, symbolise bien leur ambition. Leur vision dépasse la simple transaction. Ils planchent déjà sur une version 2.0 du protocole capable de transférer des données de santé de manière sécurisée et hors-ligne, ouvrant des perspectives immenses pour la télémédecine en zones reculées. Soutenus par leurs familles dans un parcours où les sciences humaines ont rencontré la tech, ces quatre étudiants incarnent une nouvelle génération d’innovateurs africains : agiles, pragmatiques, et déterminés à résoudre les problèmes de leur continent avec les moyens de leur époque. Leur prototype fonctionne. Leur prochain défi : lever des fonds pour industrialiser la solution et recruter des talents seniors, afin que la lumière Rema éclaire bien au-delà des frontières ivoiriennes.

Classement militaire 2026 : le Tchad demeure première puissance de la CEMAC devant le Cameroun (Global Firepower)

Classement militaire 2026 : le Tchad demeure première puissance de la CEMAC devant le Cameroun (Global Firepower)

Selon le classement GFP 2026, le Tchad reste l’armée la plus puissante de la CEMAC, suivi du Cameroun. Analyse des scores, des effectifs et du contexte sécuritaire régional. Dans un environnement sécuritaire régional toujours aussi volatile, la hiérarchie des forces armées est un indicateur scruté. Selon l’édition 2026 du Global Firepower (GFP) Index, référence mondiale en matière de classement militaire, le Tchad conserve son statut de première puissance militaire de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC). Avec un score de 1,8594 et une 85e place mondiale, N’Djamena devance son voisin camerounais, qui se classe 99e mondial avec un score de 2,1689. Cette performance tchadienne, notable pour un pays sans littoral, souligne l’importance stratégique de son armée, forgée dans la lutte contre les groupes armés au Sahel. Le classement confirme une tendance établie : dans cette région confrontée à Boko Haram, aux crises frontalières et à l’instabilité chronique, les investissements militaires et l’expérience au combat pèsent lourd dans la balance. Le Cameroun, solide deuxième malgré des défis multidimensionnels Le Cameroun, quant à lui, maintient sa deuxième place régionale et sa 16e position sur le continent. Son score reflète une capacité militaire « relativement solide » à l’échelle de l’Afrique centrale, bien que limitée au niveau mondial. Cette position est le fruit d’un appareil de défense structuré et engagé sur plusieurs fronts. Selon des rapports de la CIA cités par l’étude, les Forces de Défense du Cameroun comptaient entre 45 000 et 50 000 militaires actifs en 2023. Ce chiffre inclut des unités d’élite comme le Bataillon d’Intervention Rapide (BIR) et la Garde Présidentielle. Face aux crises persistantes – la lutte contre Boko Haram dans l’Extrême-Nord et le conflit dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest – le pays procède à des recrutements réguliers et poursuit des investissements pour moderniser son équipement et sécuriser ses frontières. Lire aussi : Nouveau porte-avions français : Emmanuel Macron donne son feu vert La méthode GFP : une lecture nuancée de la puissance Le Power Index du Global Firepower offre une analyse comparative basée sur plus de 60 critères, regroupés en six catégories majeures : effectifs humains, équipements (terre, air, mer), moyens financiers, logistiques, ressources naturelles et géographie. À noter : un score plus faible indique une puissance supérieure. Cet indice a l’avantage de ne pas pénaliser les pays sans accès à la mer et de ne pas inclure l’arsenal nucléaire, permettant une comparaison plus équilibrée des capacités conventionnelles. Cette méthodologie explique en partie le bon classement du Tchad, dont la puissance repose largement sur une force terrestre expérimentée et une connaissance intime du terrain sahélien, des atouts qui compensent l’absence de marine. Un classement régional qui reflète les réalités sécuritaires Derrière le duo de tête, le classement régional de la CEMAC se poursuit avec le Congo (117e mondial), le Gabon (132e) et la Centrafrique (143e). La Guinée équatoriale n’apparaît pas dans le classement 2026. Cet ordre illustre la corrélation entre les budgets de défense, la taille des armées et l’acuité des menaces sécuritaires auxquelles chaque État doit faire face. À l’échelle africaine, le podium continental reste inchangé et dominé par les poids lourds : l’Égypte (19e mondiale), l’Algérie (27e) et le Nigeria (33e). Ces trois nations disposent de budgets et d’effectifs sans commune mesure avec ceux des pays d’Afrique centrale, soulignant les disparités profondes en matière de capacités militaires sur le continent. Au-delà du classement : l’expérience du combat, atout intangible Si les chiffres du GFP donnent une photographie utile des capacités matérielles et humaines, ils ne capturent pas entièrement un facteur clé en Afrique centrale : l’expérience opérationnelle. Le Tchad et, dans une moindre mesure, le Cameroun, engagent leurs troupes de manière quasi-continue dans des conflits de haute intensité. Cette culture opérationnelle forge des armées aguerries, un avantage décisif face à des menées asymétriques. Le classement 2026 valide donc une dynamique régionale où le Tchad s’impose comme le gendarme militaire incontesté de la CEMAC, tandis que le Cameroun consolide sa position de puissance de second rang, essentielle à la stabilité du Golfe de Guinée. Dans un contexte où les défis sécuritaires (terrorisme, conflits intercommunautaires, criminalité transfrontalière) ignorent les frontières, cette hiérarchie des forces continuera de structurer les équilibres et les coopérations militaires en Afrique centrale pour les années à venir.

Cameroun Exonération des droits de douane pour les équipements des start-up en 2026

Cameroun : Exonération des droits de douane pour les équipements des start-up en 2026

Bonne nouvelle pour l’écosystème startup camerounais : les droits de douane sur l’importation d’équipements sont supprimés depuis le 1er janvier 2026. Conditions et modalités d’accès. C’est une mesure tangible pour l’écosystème entrepreneurial. Depuis le 1er janvier 2026, le Cameroun a supprimé les droits de douane sur l’importation des biens d’équipement destinés aux start-up. Cette décision, inscrite dans la circulaire d’exécution du budget 2026 signée par le ministre des Finances Louis Paul Motazé, vise explicitement à « promouvoir l’emploi des jeunes et lutter contre le chômage ». Elle répond à une revendication de longue date des promoteurs, qui dénonçaient une fiscalité pesante étouffant l’innovation. Concrètement, cette exonération concerne les matériels et équipements nécessaires au développement et au fonctionnement des jeunes entreprises innovantes. Pour le ministre, il s’agit d’un signal fort envoyé aux entrepreneurs, dans un contexte où la création d’entreprise est présentée comme une solution-clé face au défi de l’emploi des jeunes. Des conditions strictes pour éviter les dérives Cette exonération n’est pas un chèque en blanc. Le gouvernement a posé des critères d’éligibilité stricts pour en bénéficier et prévenir d’éventuels abus. Cette double condition – agrément et inscription – vise à cibler les acteurs structurés et reconnus, et à encadrer rigoureusement le processus. Lire aussi : Cameroun/nouvelle taxe des créateurs de contenu : Ce qui pourrait freiner sa mise en place Une bouffée d’oxygène dans un environnement des affaires difficile Si elle est bien mise en œuvre, cette mesure représente une bouffée d’oxygène financière non négligeable. Les droits de douane, souvent calculés sur la valeur CAF (coût, assurance, fret) des équipements, peuvent alourdir considérablement le coût d’un projet. Les exonérer réduit le besoin en capital de départ et améliore la trésorerie des jeunes pousses, leur permettant d’investir davantage dans le recrutement, la R&D ou le marketing. Toutefois, cette avancée fiscale ne doit pas masquer les autres obstacles structurels persistants. Les entrepreneurs citent régulièrement la difficulté d’accès au crédit bancaire, les coupures d’électricité récurrentes et le coût encore élevé de la connexion internet haut débit comme des freins majeurs. La suppression des droits de douane est un levier important, mais elle doit s’inscrire dans une stratégie globale d’amélioration du climat des affaires. Un test pour l’administration et un signal à l’écosystème Le succès de cette mesure dépendra largement de son application sur le terrain. La procédure de validation préalable des listes de matériel par les douanes et les ministères techniques sera-t-elle rapide, transparente et prévisible ? Ou deviendra-t-elle un nouveau goulot d’étranglement bureaucratique ? La célérité de l’administration sera un premier indicateur de la volonté réelle de l’État de soutenir les start-up. Pour l’écosystème – incubateurs, investisseurs, entrepreneurs – cette décision est avant tout un signal politique positif. Elle reconnaît la valeur économique des start-up et leur rôle dans la transformation numérique du pays. Elle pourrait inciter des porteurs de projets à se formaliser pour bénéficier de cet avantage, contribuant ainsi à structurer davantage le secteur. En supprimant cette barrière tarifaire, le Cameroun s’aligne sur les bonnes pratiques observées dans d’autres pays pour dynamiser l’innovation. Reste à voir si cette mesure fiscale ciblée sera suffisante pour catalyser une véritable vague entrepreneuriale, ou si elle devra être rapidement complétée par des réformes plus profondes sur l’énergie, le financement et la connectivité.

CamerounImmobilier les « démarcheurs » informels devront désormais payer la TVA

Cameroun/Immobilier : les « démarcheurs » informels devront désormais payer la TVA

Nouvelle mesure fiscale au Cameroun : les « démarcheurs » immobiliers informels doivent désormais payer la TVA. Objectif : équité fiscale et élargissement de l’assiette de l’Etat. Détails et défis d’application. Le gouvernement camerounais lance une offensive inédite sur un marché longtemps resté dans l’ombre. Avec la loi de finances 2026, les fameux « démarcheurs » immobiliers, ces intermédiaires informels omniprésents dans les villes, entrent officiellement dans le champ de l’impôt. Désormais, toute personne exerçant de manière « habituelle et lucrative » des activités de promotion ou d’intermédiation immobilière, même sans agrément, sera assimilée à un professionnel du secteur. Sa rémunération sera soumise à la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA), au taux standard de 19,25%. Cette décision, officialisée par le ministre des Finances Louis Paul Motazé dans une circulaire du 31 décembre 2025, vise à combler un vide juridique et fiscal. Elle cherche à intégrer dans l’économie formelle une activité qui génère des flux financiers importants, mais échappait jusqu’ici à toute taxation systématique. Le gouvernement y voit un impératif d’équité fiscale pour mettre fin à la « concurrence déloyale » qui pénalise les agences immobilières agréées. Un défi colossal de traçabilité et de contrôle Si l’intention est claire, sa mise en œuvre s’annonce comme un véritable casse-tête pour l’administration fiscale. Le défi principal réside dans la traçabilité des transactions. Comment identifier ces intermédiaires mobiles et ce qu’ils ont exactement perçu dans leurs différentes transactions? Comment évaluer et contrôler les commissions, souvent réglées en espèces sans aucun reçu ? La circulaire elle-même reconnaît cette « difficulté » et promet qu’un « texte particulier » du ministre des Finances viendra préciser les modalités pratiques. Cette complexité soulève la question de l’efficacité réelle de la mesure. Sans un système robuste de déclaration et de contrôle, elle risque de rester largement théorique ou de pousser l’activité à se déplacer vers des canaux encore plus opaques. Le succès dépendra de la capacité de la Direction Générale des Impôts (DGI) à concevoir un mécanisme adapté à la réalité de ce marché informel et diffus. Lire aussi : Taxe GAFA Cameroun : un impôt de 3% sur le CA des géants du numérique dès 2026 Un secteur immobilier globalement mis à contribution La mesure contre les démarcheurs s’inscrit dans un élargissement plus global de la taxation du secteur immobilier. La loi de finances 2026 supprime également plusieurs exonérations de TVA auparavant en vigueur. Les intérêts sur les prêts immobiliers et les opérations de vente ou location de logements sociaux ne bénéficieront plus de ce régime de faveur. Cette « montée en puissance » de la fiscalité immobilière, comme la qualifie le document, a un objectif clair : augmenter les recettes fiscales non pétrolières. La TVA est déjà le premier contributeur du Trésor public dans cette catégorie. En ciblant un secteur en croissance et en rationalisant ses niches, l’État espère renforcer ses marges de manœuvre budgétaires dans un contexte économique tendu. Quelles conséquences pour le marché et les particuliers ? L’impact sur le marché est double. Pour les agences immobilières formelles, cette mesure est une bonne nouvelle. Elle pourrait réduire l’avantage concurrentiel des démarcheurs, qui proposaient souvent des services moins chers en évitant les taxes. Cela pourrait contribuer à professionnaliser le secteur. En revanche, pour les particuliers (locataires, vendeurs, bailleurs), la conséquence pourrait être une hausse des coûts. Si les démarcheurs répercutent la TVA sur leurs commissions, le prix des transactions informelles augmentera. Cela pourrait, à terme, inciter certains à passer par les circuits formels pour plus de sécurité juridique, ou au contraire, alourdir la charge dans un secteur déjà difficile d’accès pour de nombreux ménages. Vers une formalisation sous contrainte Au-delà de l’aspect purement fiscal, cette réforme interroge la stratégie de l’État face à l’informel. Privilégie-t-on la régulation par la contrainte fiscale pour forcer la formalisation ? Ou devrait-on d’abord créer des incitations et simplifier les démarches pour attirer volontairement ces acteurs vers le formel ? La réponse du Cameroun, avec la loi de finances 2026, emprunte clairement la première voie. Elle pose les bases d’un contrôle accru sur une économie parallèle jugée trop lucrative pour échapper à l’impôt. Son bilan réel dépendra toutefois de l’intelligence opérationnelle déployée pour l’appliquer sans étouffer une activité qui, malgré ses défauts, répond à une demande réelle et massive.

Crise post-électorale au Cameroun : 254,6 milliards FCFA de pertes selon le GECAM

Crise post-électorale au Cameroun : 254,6 milliards FCFA de pertes selon le GECAM

Les violences post-électorales d’octobre 2025 ont coûté 254,6 milliards FCFA à l’économie camerounaise. Détails des pertes par secteur et mesures de relance proposées par le GECAM. Le bilan est lourd, très lourd. Les violences post-électorales qui ont suivi la présidentielle du 12 octobre 2025 au Cameroun ont infligé une saignée historique à l’économie nationale. Selon un rapport d’enquête du Groupement des Entreprises du Cameroun (GECAM), le montant total des pertes s’élève à 254,6 milliards de FCFA. Ce chiffre astronomique se divise en deux parts : 211,4 milliards de manque à gagner pour les entreprises, et 43,3 milliards de recettes fiscales évaporées pour l’État. Cette contraction brutale représente 0,6% du PIB camerounais pour la seule année 2025. Elle illustre la violence du choc subi par le tissu productif. Les entreprises ont vu leur chiffre d’affaires s’effondrer en moyenne de 33,5% pendant la crise, générant l’essentiel des pertes (202,3 milliards). À cela s’ajoutent 9,1 milliards de dommages matériels directs : pillages, destructions et incendies. Une onde de choc aux multiples facettes Au-delà des pertes financières directes, l’onde de choc a provoqué des dégâts collatéraux massifs. Le GECAM énumère une série d’impacts dévastateurs : blocage des flux logistiques (touchant 86% de l’agriculture et 74% de l’industrie), poussée inflationniste (taux moyen de 20,1%, culminant à 32,5% dans l’agriculture), et arrêt total d’activité pour 75% des entreprises sondées. Les conséquences sociales sont immédiates et graves : tensions de trésorerie extrêmes, réductions d’effectifs déjà observées, et une détérioration profonde du climat social au sein des entreprises. Cette crise « d’une ampleur inédite », selon les termes du patronat, menace la stabilité de l’emploi et le pouvoir d’achat des ménages. Un plan de relance urgent proposé par le patronat Face à cette situation d’urgence, le GECAM ne se contente pas de dresser un constat. Il adresse au gouvernement une série de mesures prioritaires pour une relance rapide. Le patronat plaide pour des allègements fiscaux ciblés, un moratoire sur les contrôles et un report des échéances fiscales pour soulager la trésorerie exsangue des entreprises. Il appelle également à la mobilisation de lignes de crédit et de subventions, notamment pour les Très Petites Entreprises (TPE) les plus vulnérables. La réhabilitation des outils de production endommagés et le renforcement de la sécurité des zones économiques sont jugés indispensables. Enfin, pour relancer la machine économique, le GECAM demande la suspension temporaire des contrôles routiers sur les principaux corridors pour rétablir la fluidité des échanges. Une étude pour étayer un cri d’alarme Pour crédibiliser son diagnostic, le GECAM s’appuie sur une enquête de terrain rigoureuse. Menée du 6 novembre au 2 décembre 2025, elle a sondé 289 entreprises et 11 organisations professionnelles, représentant un chiffre d’affaires cumulé de 4825 milliards de FCFA. La forte concentration des répondants à Douala (78%), épicentre de la crise, renforce selon l’organisation la représentativité des données, couvrant une zone générant près de 67% du PIB national. Ce rapport sonne comme un cri d’alarme solennel du secteur privé. Il place les autorités devant une double responsabilité : apaiser le climat politique pour restaurer la confiance, et mettre en œuvre sans délai des mesures de soutien économique pour éviter un effondrement plus profond et une crise sociale majeure.

Les Lions indomptables du Cameroun qualifiés pour les quarts de finale, CAN Maroc 2025

CAN 2025 : les quarts de finale les plus relevés de l’histoire sont-ils devant nous ?

Mali-Sénégal, Égypte-Côte d’Ivoire, Cameroun-Maroc, Nigeria-Algérie. Les quarts de finale de la CAN 2025 réunissent le top 10 africain. Analyse d’un tableau historique. Même les nations habituellement solides comme la RDC ou la Tunisie ont été éliminées par d’autres géants en huitièmes. Le Maroc pourrait bien avoir signé le plus beau des contrats. Les quarts de finale de la CAN 2025 sont d’une densité rare, voire inédite. Toutes les têtes d’affiche continentales sont présentes : Maroc, Côte d’Ivoire, Cameroun, Algérie, Égypte, Nigeria, Mali, Sénégal. Aucune surprise, aucun petit poucet. Le constat est frappant : les huit qualifiés figurent dans le Top 10 africain du classement FIFA. Cette homogénéité au sommet tranche radicalement avec les éditions récentes. Depuis le passage à 24 équipes en 2019, les quarts accueillaient toujours une ou deux belles surprises. Qui se souvient du Cap-Vert et de l’Angola en 2023, de la Gambie en 2021, ou de Madagascar en 2019 ? Ces équipes ont apporté du rêve, mais elles ont aussi dilué le niveau d’exigence à ce stade de la compétition. Cette année, la vraie surprise, c’est qu’il n’y en a pas. Seuls les meilleurs restent en lice. Une comparaison qui tourne à l’avantage de 2025 Pour trouver un tableau aussi relevé, il faut revenir à la CAN 2017 au Gabon, disputée à 16 équipes. Les quarts alignaient déjà un beau plateau : Burkina Faso, Tunisie, Égypte, Maroc, Sénégal, Cameroun, RDC et Ghana. Pourtant, la comparaison des classements FIFA est sans appel. En additionnant les rangs des huit quarts de finalistes de 2017, on obtient un total de 381. Pour l’édition 2025, ce total chute à 289. Cet écart de près de 100 points illustre une vérité : le football africain s’est globalement renforcé. La meilleure nation africaine de 2017, le Sénégal, était 33e mondiale. En 2025, le Maroc, leader continental, caracole à la 11e place mondiale. La montée en puissance collective est indéniable. Même en remontant à 2008 au Ghana, une autre édition réputée solide, la tendance se confirme. Le niveau moyen des cadors africains est plus élevé aujourd’hui. Un spectacle garanti ou des matchs de peaux de vache ? Cette densité exceptionnelle pose une question cruciale : va-t-elle générer un spectacle de haut vol ou, au contraire, des matchs prudents et fermés ? Quand les géants se rencontrent si tôt dans la compétition, la peur de l’élimination peut prendre le dessus sur l’audace. Chaque erreur est potentiellement fatale. Pourtant, les affiches promettent l’explosion. Mali-Sénégal, c’est le choc de l’Ouest africain, une rivalité régionale brûlante. Égypte-Côte d’Ivoire oppose deux multiples champions d’Afrique, dans un duel de styles.  Cameroun-Maroc est le choc des Lions, entre la tradition et l’hôte ultra-ambitieux. Enfin, Nigeria-Algérie réunit deux sélections au talent individuel étincelant. La motivation et l’orgueil de ces nations pourraient bien les pousser à jouer leur football, faisant fi de la prudence excessive. L’héritage en jeu : qui marquera l’histoire ? Ces quarts de finale ne sont pas qu’une étape vers le titre. Ils constituent déjà un moment historique pour la CAN. Ils valident la montée en puissance structurelle du football africain. Pour le Maroc, hôte exemplaire, c’est la confirmation d’avoir élevé les standards de l’organisation. Pour les joueurs, c’est l’occasion d’écrire leur nom dans un chapitre spécial du livre d’or de la compétition. Le vainqueur de cette CAN 2025 ne sera pas un champion comme les autres. Il aura dû traverser un parcours de titan dès les quarts. Cette édition pourrait ainsi marquer un tournant : celui où la CAN n’est plus un tournoi à surprises, mais une véritable Ligue des Champions du continent, où seuls les plus forts survivent. La réponse se jouera sur les pelouses marocaines vendredi et samedi prochain, dans des rencontres où chaque détail fera l’histoire.

Bornage et concession foncière au Cameroun : l'État baisse de 50% les coûts en 2026

Bornage et concession foncière au Cameroun : l’État baisse de 50% les coûts en 2026

Mesure phare de la loi de finances 2026 : le Cameroun divise par deux le coût du bornage et de la concession foncière en zone urbaine. Explications et impacts sur la régularisation foncière. Le gouvernement camerounais lance un signal fort aux propriétaires et promoteurs immobiliers. Dans la loi de finances 2026, l’État réduit de 50% le coût des travaux de bornage en milieu urbain. Cette décision vise explicitement à soulager les requérants et à dynamiser la régularisation foncière. Concrètement, à partir de janvier 2026, les travaux planimétriques (bornage d’immatriculation, concession, morcellement) seront facturés 2 500 FCFA par are supplémentaire pour les superficies supérieures à 5 000 m². Ils coûtaient 5 000 FCFA en 2025. Cette baisse ciblée fait suite à des augmentations significatives l’an dernier. Elle intervient dans un contexte de modernisation cadastrale accélérée et de forte insécurité foncière dans les villes. L’objectif est clair : rendre les procédures officielles plus accessibles et lutter contre le marché informel des terrains. Ce qui baisse et ce qui reste inchangé La mesure est précise et ne concerne pas l’ensemble de la topographie foncière. Seuls les travaux planimétriques (délimitation des parcelles) bénéficient de ce coup de pouce tarifaire. En revanche, les travaux altimétriques – essentiels pour les permis de construire, conservent leurs tarifs 2025. Les plans de masse, relevés avec courbes de niveau et points côtés restent fixés à 3 500 FCFA par are pour les superficies au-delà de 1 000 m². Cette différenciation est stratégique. Elle allège l’entrée dans le système foncier formel (le bornage) tout en maintenant des revenus sur les études techniques plus complexes liées à la construction. L’État cherche un équilibre entre incitation et maintien de ses recettes. Un cadre réglementaire qui se renforce malgré la baisse des coûts Ne vous y trompez pas. Cette baisse de tarif ne signifie pas un relâchement des contrôles. Bien au contraire. Selon plusieurs sources expérimentées du domaine, les réformes successives (2023-2026) ont renforcé les exigences de contrôle. La traçabilité est désormais un maître-mot. La duplication non autorisée de documents techniques sensibles, comme les plans cadastraux ou les extraits géodésiques, est strictement interdite. L’objectif est double : limiter les malversations et garantir la fiabilité du système foncier. On passe d’une logique purement fiscale à une approche qualitative. Le gouvernement mise sur un volume accru de dossiers réguliers pour compenser la baisse tarifaire unitaire. Vers un équilibre entre accessibilité et contrôle renforcé Cette évolution tarifaire s’inscrit dans une série de réformes progressives du secteur. Elle illustre la recherche d’un équilibre délicat. D’un côté, il faut rendre les procédures accessibles pour réduire l’informel. De l’autre, il faut financer un cadre réglementaire plus exigeant et des systèmes de contrôle efficaces. La baisse de 2026 apparaît donc comme une mesure d’incitation calibrée. Elle cible l’étape du bornage, souvent le premier contact avec l’administration foncière. En réduisant ce frein financier, l’État espère faire entrer plus de terrains dans le système formel. Cela permettrait à long terme une meilleure planification urbaine, une fiscalité plus juste et une sécurisation des droits de propriété. Quel impact pour les propriétaires et l’économie immobilière ? Pour un propriétaire d’un terrain de 1 hectare (10 000 m²), la facture pour le bornage de la partie supérieure à 5 000 m² est divisée par deux. Cette économie directe pourrait inciter à régulariser une situation ou à lancer un projet de morcellement. Pour le secteur immobilier, cette mesure pourrait fluidifier l’offre de terrains viabilisés et réguliers. Reste à voir si cette baisse sera perçue comme suffisante face à la complexité administrative globale. La simplification des procédures et la réduction des délais sont tout aussi attendues par les usagers. Cette mesure tarifaire est un premier pas. Son succès dépendra de son articulation avec l’amélioration continue des services cadastraux.