L’hantavirus des Andes a contaminé plusieurs passagers à bord du MV Hondius, faisant 3 morts. Létalité de 30 à 40 %, transmission interhumaine rare. Kwalo Média vous dit tout ce que vous devez savoir. Un virus rarissime. Trois morts. Un bateau de croisière transformé en foyer épidémique. Depuis plusieurs jours, l’hantavirus de souche Andes affole les autorités sanitaires mondiales. Et pour cause : ce pathogène hors du commun possède une capacité que la quasi-totalité de ses cousins n’ont pas. Il peut, dans certaines conditions, se transmettre d’un humain à un autre. Ce qui s’est passé à bord du MV Hondius Tout a commencé sur le navire de croisière MV Hondius. Plusieurs passagers y ont été testés positifs à la souche Andes de l’hantavirus (ANDV). L’Organisation Mondiale de la Santé a rapidement confirmé 6 cas sur les 8 suspects initialement recensés, et trois décès ont été signalés. Le premier cas identifié — considéré comme le « patient zéro » présumé — est un homme de 70 ans répondant au nom de Leo Schilperoord. Comment un virus aussi rare a-t-il pu frapper autant de personnes dans un espace aussi confiné ? La réponse tient à la fois à la biologie du virus et aux conditions particulières de la vie à bord. Lire aussi : Aliments cancérigènes : les 7 produits classés les plus dangereux par l’OMS en 2026 Un mode de transmission inhabituel Dans l’immense majorité des cas, l’hantavirus ne se transmet pas entre humains. Le schéma classique est dit zoonotique : les rongeurs infectés excrètent le virus dans leurs urines, leur salive et leurs déjections. Ces matières contaminent ensuite l’environnement — poussières, surfaces, aliments, espaces clos. L’être humain s’infecte principalement en inhalant des microparticules contaminées. Mais la souche Andes est une exception de taille. « Avec la souche Andes, des chaînes de transmission interhumaine ont été observées, avec des cas secondaires puis tertiaires. Cela modifie les stratégies de surveillance, d’isolement et de contact tracing mises en place par les autorités sanitaires », explique le Dr Gérald Kierzek, médecin urgentiste et directeur médical de Doctissimo. Le Dr Liam Brierley, chercheur au Centre MRC de recherche sur les virus au Royaume-Uni, juge néanmoins probable que tous les cas résultent d’une exposition commune à des rongeurs. « La longue période d’incubation rendra difficile l’identification précise du moment et du lieu où cela s’est produit », précise-t-il. Pourquoi un bateau est un terrain idéal pour ce virus Un navire, c’est un écosystème fermé. Et cet écosystème réunit exactement les conditions propices à la propagation de l’ANDV. Les rongeurs s’invitent fréquemment dans les cales, remises et espaces techniques des bateaux, où ils déposent leurs excrétions. Le confinement et la ventilation partagée entre cabines favorisent la formation d’aérosols potentiellement contaminés. Enfin, dès lors qu’un premier cas « index » apparaît, les contacts étroits et prolongés (repas communs, soins à bord, promiscuité des cabines ) peuvent suffire à propager le virus d’une personne à l’autre. Qui est le plus exposé ? Toutes les personnes contaminées à bord avaient plus de 40 ans. Ce n’est pas un hasard. Si les adultes jeunes et d’âge mûr sont statistiquement parmi les plus touchés par l’hantavirose en général, la gravité de l’infection augmente avec l’âge et les pathologies préexistantes. Les personnes partageant une cabine avec un malade, ou prodiguant des soins de proximité, sont les plus exposées à une transmission interhumaine. Les patients souffrant d’insuffisance rénale, de maladies cardio-respiratoires chroniques ou d’immunodépression voient leur pronostic se dégrader plus rapidement. Une létalité qui n’a rien à voir avec le Covid C’est le chiffre qui a provoqué une onde de choc dans les milieux médicaux. Lors d’une intervention sur LCI le 11 mai, l’épidémiologiste Antoine Flahault, professeur de santé publique à l’université Paris-Cité, a rappelé que la létalité de l’hantavirus des Andes — c’est-à-dire le ratio décès/infectés — est estimée entre 30 et 40 %. « Elle est particulièrement élevée, ce qui nous rapproche plus du virus de type Ebola ou du SRAS que du Covid-19 ou de la grippe« , a-t-il souligné. Pour mettre ce chiffre en perspective : À titre de comparaison, la grippe saisonnière tue moins d’une personne infectée sur mille. Le Covid-19 tourne autour de 1 %. L’hantavirus des Andes se positionne au niveau du SRAS, voire au-delà, avec une létalité estimée entre 30 et 40 %. Ce qu’il faut retenir L’hantavirus des Andes reste un virus rare et circonstanciel. Il ne s’agit pas d’une pandémie en devenir, mais d’un foyer localisé dont les autorités sanitaire rassurent avoir pris la pleine mesure. Sa capacité de transmission interhumaine, même limitée, justifie une vigilance accrue, notamment en milieu confiné. Pour les voyageurs, le message est clair : éviter tout contact avec des rongeurs ou leurs déjections, signaler immédiatement tout symptôme respiratoire après un séjour en zone à risque, et ne pas sous-estimer la fièvre, les douleurs musculaires et l’essoufflement, premiers signes d’une infection pouvant évoluer rapidement vers une détresse respiratoire sévère.