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Les États-Unis quittent officiellement l'OMS et gèlent 260 millions de dollars de dette

Les États-Unis se retirent officiellement de l’OMS, laissant 260 millions de dollars de dettes sur la table

Le 22 janvier 2026 a marqué le retrait officiel des États-Unis de l’OMS. Washington refuse de payer 260 millions de dettes, amputant de 18% le budget de l’agence, provoquant un séisme au sein sécurité sanitaire mondiale. Jeudi dernier, les États-Unis ont officiellement tourné le dos à l’Organisation mondiale de la santé. Le retrait, notifié un an plus tôt par décret de Donald Trump, est désormais effectif. Mais le départ s’accompagne d’une décision lourde : Washington refuse de payer les 260 millions de dollars, soit près de 144 milliards FCFA de cotisations impayées pour 2024 et 2025. L’administration justifie ce gel par les « échecs » passés de l’OMS et les coûts économiques « de milliers de milliards » qu’ils auraient infligés à l’Amérique. « Le peuple américain a payé plus qu’assez », a déclaré le département d’État, considérant toute obligation financière comme dépassée par les pertes subies. Ce bras de fer financier n’est pas qu’un contentieux comptable. Il s’agit d’un choc budgétaire sans précédent pour une agence qui dépendait à 18% des contributions américaines. L’ère de la coopération sanitaire multilatérale, telle qu’incarnée par l’OMS, entre dans une zone de turbulence extrême. Lire aussi : AGOA prorogé jusqu’en 2028 : un sursis pour le commerce États-Unis-Afrique dans l’ombre de la Chine L’OMS amputée : licenciements et programmes en péril Les conséquences internes sont immédiates et brutales. Pour survivre à cette perte de revenus, l’OMS a déjà réduit de moitié son équipe de direction. Elle prévoit de licencier un quart de son personnel mondial d’ici mi-2026. Cette purge organisationnelle se traduira directement sur le terrain par un affaiblissement des systèmes d’alerte et de réponse aux pandémies. Kelly Henning, de Bloomberg Philanthropies, alerte : « Ce retrait affaiblit les collaborations nécessaires pour prévenir les futures pandémies. » Des programmes vitaux de surveillance du VIH, de la tuberculose et de la polio sont directement menacés. Le directeur général Tedros Adhanom Ghebreyesus multiplie les appels au retour, martelant que la sécurité sanitaire américaine ne peut être assurée en vase clos. Mais pour l’instant, l’administration Trump écoute une autre musique : celle du « America First » appliqué à la santé mondiale. Sur le plan juridique, le départ sans solde des États-Unis est contestable. Lawrence Gostin, expert en droit sanitaire mondial à l’université de Georgetown, rappelle que la loi américaine impose normalement le paiement intégral des dettes avant tout retrait d’une agence onusienne. En ignorant cette règle, l’administration se placerait en situation d’illégalité. Pourtant, le juriste estime que le président est « hautement susceptible de s’en tirer » sans conséquence politique immédiate. Ce précédent crée un dangereux modèle : désormais, toute puissance majeure pourrait menacer de se retirer et de geler ses dettes pour faire plier une agence multilatérale. L’arme financière devient un outil de déstabilisation de la gouvernance mondiale. Une pièce dans la stratégie du « désengagement multilatéral » Le retrait de l’OMS n’est pas un acte isolé. Il s’inscrit dans une stratégie cohérente et massive de désengagement des instances multilatérales. Le 8 janvier, la Maison Blanche officialisait le retrait de 66 organisations internationales, dont 31 agences de l’ONU. L’administration Trump dénonce des entités « agissant contre les intérêts nationaux » et promouvant des « programmes idéologiques ». La cible est large : de l’UNESCO au Conseil des droits de l’homme, en passant par l’Accord de Paris sur le climat, que Trump a confirmé vouloir quitter à nouveau. L’objectif affiché est de réallouer l’argent des contribuables vers des « priorités strictement nationales », loin des « politiques mondialistes radicales ». Cette doctrine rompt avec près de 80 ans de leadership américain dans la construction de l’ordre international d’après-guerre.

AGOA prorogé jusqu'en 2028 : un sursis pour le commerce États-Unis-Afrique dans l'ombre de la Chine

AGOA prorogé jusqu’en 2028 : un sursis pour le commerce États-Unis-Afrique dans l’ombre de la Chine

La Chambre des Représentants américaine adopte l’AGOA Extension Act, proposant une prorogation de 3 ans jusqu’à fin 2028. Analyse d’un outil commercial devenu un levier de guerre économique contre Pékin. C’est un sursis, pas une renaissance. Le 12 janvier 2026, la Chambre des Représentants américaine a adopté le projet de loi H.R. 6500 – AGOA Extension Act. Ce texte, porté par les républicains, ouvre la voie à une prorogation de trois ans de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA), jusqu’au 31 décembre 2028. Après son expiration fin septembre 2025, cette décision apporte une bouffée d’oxygène aux échanges commerciaux entre les États-Unis et l’Afrique subsaharienne. Mais derrière cette extension technique se cache un changement d’époque. L’AGOA, pierre angulaire des relations commerciales depuis l’an 2000, n’est plus seulement un outil de développement. Il est désormais officiellement perçu à Washington comme un instrument de sécurité économique et nationale. Le contexte est clair : la rivalité stratégique avec la Chine redéfinit toutes les politiques, y compris celles envers l’Afrique. La Chine, l’ombre portée sur le vote américain Le timing du vote n’est pas un hasard. Il intervient alors que la Chine a considérablement renforcé son attractivité en instaurant une politique de « zéro droit de douane » pour les exportations de 53 pays africains. Face à cette offensive commerciale agressive, le Congrès américain a senti le besoin d’agir pour éviter un décrochage durable de l’influence économique américaine sur le continent. L’enjeu est désormais clairement nommé dans les documents accompagnant la loi : les minerais critiques. L’Afrique concentrerait environ 30% des ressources mondiales essentielles à la transition énergétique, aux technologies de pointe et à l’industrie de défense. Pékin aurait déjà investi 8 à 10 milliards de dollars pour sécuriser ces chaînes d’approvisionnement. L’AGOA devient ainsi un levier pour contrer cette emprise et maintenir une porte d’entrée américaine sur ces ressources stratégiques. Lire aussi : Cameroun : Exonération des droits de douane pour les équipements des start-up en 2026 Une prorogation courte qui laisse toutes les options ouvertes Contrairement aux projets de réforme ambitieux évoqués ces dernières années – comme une extension jusqu’en 2041 –, cette prorogation de trois ans est un compromis tactique. Elle offre une visibilité minimale aux entreprises des deux continents tout en laissant au prochain Congrès et à l’exécutif le temps de négocier une refonte plus profonde. Cette courte durée reflète aussi les tensions internes américaines. D’un côté, le lobby des affaires, mené par la Chambre de Commerce, a fait pression pour sauvegarder un accord qui soutient des milliers d’emplois américains et diversifie les chaînes d’approvisionnement hors de Chine. De l’autre, une aile plus protectionniste, alignée sur la doctrine « America First » de Donald Trump, rechigne à accorder des avantages commerciaux unilatéraux sans contreparties claires. Le piège des surtaxes présidentielles : un avantage compétitif fragile Le texte adopté comporte une clause cruciale, souvent passée sous silence. La prorogation de l’AGOA ne limite en rien les pouvoirs du président en matière tarifaire. Concrètement, si un produit africain entre en franchise de droits grâce à l’AGOA, l’exécutif américain conserve le pouvoir de lui imposer une surtaxe unilatérale pour des motifs de « sécurité nationale » ou de protection de l’industrie locale. Cette disposition vide en partie l’AGOA de sa substance. Elle crée une insécurité juridique permanente pour les exportateurs africains. Leur avantage compétitif peut être annulé du jour au lendemain par un décret présidentiel, comme cela a été le cas pour l’acier et l’aluminium sous Trump. L’accès au marché américain reste donc un privilège révocable à tout moment.

Donald Trump ordonne le retrait des États-Unis de 66 organisations, dont le traité fondateur sur le climat

Donald Trump ordonne le retrait des États-Unis de 66 organisations, dont le traité fondateur sur le climat

Donald Trump a signé un décret retirant les États-Unis de 66 organisations internationales, dont la Convention-cadre de l’ONU sur le climat (CNUCC). Une décision qui isole Washington et alarme la communauté scientifique. Mercredi 7 janvier 2026 restera comme une date charnière pour la diplomatie américaine. Le président Donald Trump a signé un décret ordonnant le retrait des États-Unis de 66 organisations internationales, dont près de la moitié sont affiliées aux Nations Unies. Cette décision massive, justifiée par la Maison Blanche au nom d’organisations qui ne serviraient plus « les intérêts américains », marque un nouveau et spectaculaire repli isolationniste de la première puissance mondiale. Au cœur de cette liste figure un symbole : la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CNUCC). Il s’agit du traité fondateur de Rio (1992), matrice de tous les accords climatiques, dont l’Accord de Paris. En quittant cette structure, l’administration Trump coupe définitivement le cordon qui liait les États-Unis à la gouvernance climatique globale. Une charge frontale contre la science et la coopération climatique La portée du décret dépasse largement la seule CNUCC. Il cible méthodiquement les piliers scientifiques et techniques de la lutte contre le changement climatique. Les États-Unis se retireront ainsi également du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), l’autorité scientifique mondiale de référence. La logique de désengagement est élargie à d’autres structures clés comme l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA) et l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Pour Rachel Cleetus de l’Union of Concerned Scientists, cette action confirme qu’« une administration autoritaire et anti-science est déterminée à sacrifier le bien-être de la population et à déstabiliser la coopération internationale ». Cette offensive n’est pas une surprise. Elle parachève une doctrine énoncée dès septembre 2025 à la tribune de l’ONU, où Donald Trump avait qualifié le réchauffement climatique de « plus grande arnaque de notre histoire » et vanté les mérites du charbon « propre et magnifique ». Lire aussi : Taxe GAFA Cameroun : un impôt de 3% sur le CA des géants du numérique dès 2026 L’aide au développement et les institutions onusiennes dans le viseur Le décret étend son champ bien au-delà des seules questions environnementales. Il signifie aussi le retrait américain du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), spécialisé dans la santé maternelle et infantile, après des coupes budgétaires déjà effectives. L’agence de l’ONU pour le commerce et le développement (CNUCED) est également visée, dans un contexte où sa cheffe, Rebeca Grynspan, est candidate au poste de secrétaire général de l’ONU. Cette décision s’inscrit dans une stratégie plus large de « l’America First» réactivée depuis le retour de Trump au pouvoir il y a un an. L’administration a déjà quitté l’Accord de Paris sur le climat, l’UNESCO (réintégrée sous Biden) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Elle a parallèlement drastiquement réduit son aide au développement, forçant des agences comme le HCR ou le PAM à réduire leurs opérations. Un vide de leadership et une crédibilité américaine entamée Les conséquences de ce retrait en cascade sont multiples. Sur le plan climatique, il laisse un vide de leadership politique et financier colossal au moment où l’action internationale doit s’accélérer. Il isole diplomatiquement Washington de ses alliés traditionnels, tous engagés dans les cadres multilatéraux désertés. En interne, cette politique divise profondément. Elle est saluée par une base électorale souverainiste, mais vivement critiquée par la communauté scientifique, une partie du monde des affaires consciente des risques climatiques, et les défenseurs historiques du rôle global des États-Unis. « C’est un acte politique fort qui redéfinit la place des États-Unis dans le monde.«  Quel avenir pour la gouvernance mondiale sans les États-Unis ? À long terme, cette décision pose une question fondamentale : la gouvernance mondiale peut-elle fonctionner sans la pleine participation de sa première puissance économique et militaire ? Elle pousse l’Europe, la Chine et d’autres acteurs à assumer un leadership plus affirmé, tout en affaiblissant structurellement les institutions multilatérales. Le décret de Donald Trump n’est pas qu’une liste de retraits. C’est un acte politique fort qui redéfinit la place des États-Unis dans le monde. Il privilégie une souveraineté stricte et unilatérale au détriment du système de coopération internationale bâti après 1945. Le choc est désormais absorbé par les chancelleries et les agences onusiennes, qui doivent composer avec une nouvelle donne géopolitique, plus fragmentée et moins prévisible.