Mali-Sénégal, Égypte-Côte d’Ivoire, Cameroun-Maroc, Nigeria-Algérie. Les quarts de finale de la CAN 2025 réunissent le top 10 africain. Analyse d’un tableau historique.
Même les nations habituellement solides comme la RDC ou la Tunisie ont été éliminées par d’autres géants en huitièmes. Le Maroc pourrait bien avoir signé le plus beau des contrats. Les quarts de finale de la CAN 2025 sont d’une densité rare, voire inédite.
Toutes les têtes d’affiche continentales sont présentes : Maroc, Côte d’Ivoire, Cameroun, Algérie, Égypte, Nigeria, Mali, Sénégal. Aucune surprise, aucun petit poucet. Le constat est frappant : les huit qualifiés figurent dans le Top 10 africain du classement FIFA.
Cette homogénéité au sommet tranche radicalement avec les éditions récentes. Depuis le passage à 24 équipes en 2019, les quarts accueillaient toujours une ou deux belles surprises. Qui se souvient du Cap-Vert et de l’Angola en 2023, de la Gambie en 2021, ou de Madagascar en 2019 ?
Ces équipes ont apporté du rêve, mais elles ont aussi dilué le niveau d’exigence à ce stade de la compétition. Cette année, la vraie surprise, c’est qu’il n’y en a pas. Seuls les meilleurs restent en lice.
Une comparaison qui tourne à l’avantage de 2025
Pour trouver un tableau aussi relevé, il faut revenir à la CAN 2017 au Gabon, disputée à 16 équipes. Les quarts alignaient déjà un beau plateau : Burkina Faso, Tunisie, Égypte, Maroc, Sénégal, Cameroun, RDC et Ghana. Pourtant, la comparaison des classements FIFA est sans appel. En additionnant les rangs des huit quarts de finalistes de 2017, on obtient un total de 381. Pour l’édition 2025, ce total chute à 289.
Cet écart de près de 100 points illustre une vérité : le football africain s’est globalement renforcé. La meilleure nation africaine de 2017, le Sénégal, était 33e mondiale. En 2025, le Maroc, leader continental, caracole à la 11e place mondiale. La montée en puissance collective est indéniable. Même en remontant à 2008 au Ghana, une autre édition réputée solide, la tendance se confirme. Le niveau moyen des cadors africains est plus élevé aujourd’hui.

Un spectacle garanti ou des matchs de peaux de vache ?
Cette densité exceptionnelle pose une question cruciale : va-t-elle générer un spectacle de haut vol ou, au contraire, des matchs prudents et fermés ? Quand les géants se rencontrent si tôt dans la compétition, la peur de l’élimination peut prendre le dessus sur l’audace. Chaque erreur est potentiellement fatale.
Pourtant, les affiches promettent l’explosion. Mali-Sénégal, c’est le choc de l’Ouest africain, une rivalité régionale brûlante. Égypte-Côte d’Ivoire oppose deux multiples champions d’Afrique, dans un duel de styles.
Cameroun-Maroc est le choc des Lions, entre la tradition et l’hôte ultra-ambitieux. Enfin, Nigeria-Algérie réunit deux sélections au talent individuel étincelant. La motivation et l’orgueil de ces nations pourraient bien les pousser à jouer leur football, faisant fi de la prudence excessive.
L’héritage en jeu : qui marquera l’histoire ?
Ces quarts de finale ne sont pas qu’une étape vers le titre. Ils constituent déjà un moment historique pour la CAN. Ils valident la montée en puissance structurelle du football africain. Pour le Maroc, hôte exemplaire, c’est la confirmation d’avoir élevé les standards de l’organisation. Pour les joueurs, c’est l’occasion d’écrire leur nom dans un chapitre spécial du livre d’or de la compétition.
Le vainqueur de cette CAN 2025 ne sera pas un champion comme les autres. Il aura dû traverser un parcours de titan dès les quarts.
Cette édition pourrait ainsi marquer un tournant : celui où la CAN n’est plus un tournoi à surprises, mais une véritable Ligue des Champions du continent, où seuls les plus forts survivent. La réponse se jouera sur les pelouses marocaines vendredi et samedi prochain, dans des rencontres où chaque détail fera l’histoire.










