La Fédération Sénégalaise de Football annonce ne pas faire appel des lourdes sanctions de la CAF. Elle assume les amendes et les suspensions, visant à tourner la page après les incidents de la finale de la CAN 2025. Tourner la page. C’est le choix assumé de la Fédération Sénégalaise de Football (FSF). Ce samedi 31 janvier 2026, elle a officiellement notifié à la Confédération Africaine de Football (CAF) sa décision de ne pas interjeter appel des lourdes sanctions prononcées contre elle, son sélectionneur et deux de ses joueurs. Cette announce met fin à toute incertitude procédurale du côté des nouveaux champions d’Afrique, sanctionnés pour les débordements ayant entaché leur victoire en finale de la CAN 2025 face au Maroc (1-0). Dans un communiqué publié sur ses réseaux sociaux, la FSF justifie ce choix par le respect des « obligations statutaires » et la volonté de « promouvoir les règlements de la CAF ». Un acte de contrition stratégique, visant à clore rapidement l’affaire et à restaurer une image de sérieux, à quelques mois de la Coupe du Monde 2026. Les sanctions assumées dans leur intégralité Les sanctions, parmi les plus lourdes de l’histoire récente de la CAF, sont donc définitives pour le Sénégal. La FSF endossera la totalité des amendes, qui s’élèvent à 615 000 dollars (environ 513 000 euros). Ce montant se décompose en : La fédération a également affirmé qu’elle assumerait la responsabilité financière des amendes personnelles infligées à son sélectionneur, Pape Bouna Thiaw (100 000 $), et à ses joueurs, en application de l’article 91.4 du code disciplinaire de la CAF. Une manière de protéger ses éléments tout en reconnaissant la faute collective. Les conséquences sportives : Thiaw absent pour cinq matchs Sur le plan sportif, les suspensions sont également actées. Le sélectionneur Pape Bouna Thiaw, au cœur de la tempête pour avoir incité ses joueurs à quitter le terrain, sera absent du banc lors des cinq prochains matches officiels du Sénégal sous l’égide de la CAF. Les attaquants Ismaïla Sarr et Iliman Ndiaye écoperont, quant à eux, d’une suspension de deux matches chacun. Ces sanctions, toutefois, n’auront aucune incidence sur la Coupe du Monde 2026. La FIFA n’a pas étendu leur portée au niveau mondial. Les Lions de la Téranga pourront donc aborder leur groupe I (où ils affronteront notamment la France) avec un effectif et un staff au complet. Elles s’appliqueront en revanche aux prochaines échéances continentales, comme les éliminatoires de la CAN 2027. Lire aussi : Classement militaire 2026 : le Tchad demeure première puissance de la CEMAC devant le Cameroun (Global Firepower) Une décision tactique pour l’avenir Le renoncement à l’appel n’est pas qu’un acte de soumission. Il relève d’une stratégie calculée. En évitant une procédure longue et incertaine qui aurait maintenu la polémique vivante, la FSF cherche à : Ce choix contraste avec la position de la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF), dont le recours avait été rejeté par la CAF. Il isole diplomatiquement le Maroc dans sa contestation et place le Sénégal en position de « bon élève » disciplinaire, du moins dans la forme. L’enjeu est de taille : prouver que les leçons ont été tirées et que la grandeur du titre de champion d’Afrique s’accompagne aussi d’une exemplarité à toute épreuve. Les regards de la CAF, et du monde du football, seront braqués sur les premiers pas des Lions, désormais privés de leur chef, en éliminatoires de la CAN. La voie de l’apaisement choisie par Dakar sera-t-elle la bonne ? La réponse se jouera sur les terrains, dans le calme et le respect du jeu.