Naomie Begala Mikel Akono entre dans l’histoire en devenant la première femme première vice-présidente du Sénat camerounais. Découvrez le parcours de cette diplomate de formation qui incarne un nouveau visage du leadership féminin au Cameroun.
Le 17 mars 2026 restera gravé dans les annales du Sénat camerounais. Ce jour-là, sous la lumière tamisée de l’hémicycle, un plafond de verre a volé en éclats. Silencieusement, presque en douceur, mais avec une force symbolique immense.
Pour la première fois depuis que la chambre haute du Parlement fonctionne effectivement, une femme a été portée au poste de première vice-présidente.
Elle s’appelle Naomie Begala Mikel épouse Akono. Sénatrice RDPC de la région de l’Est, elle succède à Aboubakary Abdoulaye, désormais président du Sénat.
Et le verdict des urnes a valeur de plébiscite : 83 voix sur 84 votants, soit 98,80 % des suffrages. Un seul bulletin nul. Le genre de score qui en dit long sur le consensus qui a entouré son accession.
Mais derrière ces chiffres impressionnants, qui est vraiment cette femme qui vient d’écrire une page d’histoire ?
Une discrète aux dents longues
Dans l’univers feutré de la politique camerounaise, Naomie Begala Mikel Akono n’a jamais été de celles qui cherchent la lumière. Son parcours s’est construit loin des projecteurs, dans l’ombre des institutions, à force de patience et de sérieux. Jusqu’à récemment, elle occupait le poste de secrétaire du bureau du Sénat. Un poste clé, mais discret. Un poste où l’on apprend, où l’on observe, où l’on tisse sa toile.
Cette ascension sans heurt mais sans rupture de rythme raconte une histoire : celle d’une femme qui a choisi de bâtir sa légitimité pierre par pierre, convaincue que le temps travaille pour ceux qui savent attendre.
De la valise diplomatique aux arcanes du pouvoir
Avant d’entrer dans l’arène parlementaire, Naomie Begala Mikel Akono avait déjà une longueur d’avance. Diplômée en relations internationales, docteure dans la même discipline, elle a longtemps porté la voix du Cameroun au-delà de ses frontières.
Son parcours à l’étranger lui a offert ce que beaucoup de responsables politiques n’ont pas : une vision globale des enjeux, une compréhension fine des équilibres géopolitiques, et cette capacité à naviguer dans les cercles de décision avec l’aisance d’une habituée.
Quand elle pose ses valises au Sénat, elle ne découvre pas les arcanes du pouvoir. Elle les connaît. Elle les a pratiqués. Sa montée en puissance dans l’institution parlementaire n’est donc pas le fruit du hasard. C’est celui d’une femme qui, forte de son expertise, a su se rendre indispensable.
Un poste qui n’a rien d’honorifique
Si son élection fait grand bruit, ce n’est pas seulement parce qu’elle est une première. C’est aussi parce que le poste de première vice-présidente compte. Vraiment. En cas d’absence ou d’empêchement du président du Sénat, c’est elle qui prend la barre.
Elle est également au cœur de l’organisation et de la coordination des travaux parlementaires. Autrement dit, elle entre dans le cercle très fermé de ceux qui font tourner la maison.
Naomie Begala Mikel Akono ne sera pas une figure décorative. Elle sera un rouage essentiel de l’institution. Une responsabilité qu’elle semble avoir mesurée avant même d’y accéder, tant son parcours a été celui d’une préparation minutieuse.
Le symbole d’un renouveau
Mais au-delà des fonctions, c’est le symbole qui fait vibrer. À 62 ans, cette femme discrète devient soudain l’un des visages les plus en vue du Sénat. Et elle l’a bien compris.
Dans sa première prise de parole à la radio nationale, elle a donné le ton, avec une voix calme mais ferme : « Nous allons apporter plus de dynamisme, une touche féminine. »
Une touche féminine. L’expression est choisie. Elle n’est ni revendicatrice ni militante. Elle est simplement une promesse. Celle d’une manière différente de faire de la politique, peut-être plus collaborative, peut-être plus inclusive.
Son accession s’inscrit d’ailleurs dans un mouvement plus large. Celui de la volonté affichée par le président Paul Biya, dans le cadre de son nouveau septennat, de promouvoir les femmes et les jeunes, d’encourager un leadership qui ressemble davantage à la diversité du pays. Naomie Begala Mikel Akono incarne cette aspiration.
Un appel aux vocations
Dans son discours d’intronisation, la nouvelle première vice-présidente n’a pas seulement parlé pour elle. Elle a tendu une main à toutes celles qui pourraient douter. Aux femmes, d’abord. Aux jeunes, ensuite. « Croyez en vos capacités, investissez pleinement la vie publique », leur a-t-elle lancé. Une phrase qui résonne comme un appel aux vocations, une invitation à bousculer à leur tour les plafonds de verre.
Car c’est bien cela, la force de ce moment. Naomie Begala Mikel Akono n’est pas seulement entrée dans l’histoire. Elle ouvre une porte. Elle prouve que dans un univers politique longtemps dominé par les hommes, il y a désormais une place pour celles qui osent, celles qui persistent, celles qui se préparent.
Une nouvelle séquence
Pour elle, le parcours ne fait que commencer. Discrète hier, elle devient aujourd’hui l’un des visages les plus scrutés du Sénat. La pression est là, mais l’expérience aussi. Diplomatie, relations internationales, mécanismes parlementaires : elle a toutes les clés en main pour réussir.
Reste à savoir comment cette « touche féminine » qu’elle promet va se traduire dans les faits. Une chose est sûre : le 17 mars 2026, le Sénat camerounais a changé. Et il ne sera plus jamais tout à fait le même.










