Un sommet historique, des chiffres inédits. À Nairobi, Emmanuel Macron a scellé un partenariat économique massif avec le continent africain, marquant une rupture assumée avec la logique de l’aide traditionnelle.
Il y avait quelque chose de symbolique à tenir ce sommet au Kenya. Pour la première fois, la France organisait son grand rendez-vous franco-africain en territoire anglophone . Un signal fort, presque une confession. Paris tire les conséquences de plusieurs années de revers cuisants en Afrique de l’Ouest : coups d’État au Mali, au Burkina Faso et au Niger, expulsion des troupes françaises remplacées par des partenaires russes, perte de la dernière grande base militaire sénégalaise en juillet dernier. Le vent a tourné. Et la France se réinvente. C’est dans ce contexte que le sommet Africa Forward a réuni, ces lundi 11 et mardi 12 mai à Nairobi, plus de 30 chefs d’État africains aux côtés d’Emmanuel Macron. Au programme : affaires, jeunesse, sport et une ambition clairement affichée de réécrire les règles du jeu.
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23 milliards d’euros : la mécanique d’un chiffre.
En clôturant le forum des affaires du sommet, Macron a lâché le chiffre : 23 milliards d’euros d’investissements pour l’Afrique, dont 14 milliards d’origine strictement française.
Ces 14 milliards combinent des capitaux privés, entreprises, fondations, fonds d’investissement et des projets portés par les opérateurs publics de développement : l’AFD, Proparco et la Direction générale du Trésor. Les 9 milliards restants proviennent d’investisseurs africains eux-mêmes.
Ces montants couvrent un spectre large : investissements directs, prises de participation, partenariats, mais aussi une palette complète d’instruments financiers, fonds propres, prêts, garanties et subventions. Résultat attendu : plus de 250 000 emplois directs créés, en France et sur le continent.
Sept secteurs au cœur de la stratégie
L’Élysée a publié une répartition détaillée des investissements. La transition énergétique capte la plus grande part avec 4,3 milliards d’euros, suivie du numérique et de l’intelligence artificielle (3,76 Md€) et de l’économie bleue (pêche, transport maritime, ressources océaniques : 3,3 Md€).
L’agriculture bénéficie d’1 milliard d’euros, la santé de 942 millions. L’industrialisation et le secteur bancaire et financier complètent le tableau avec respectivement 300 et 250 millions d’euros.
« Nous menons un combat commun »
Assis aux côtés du président kenyan William Ruto lors d’une table ronde avec de jeunes entrepreneurs, Macron a posé les bases d’un nouveau discours : l’Afrique et la France sont des partenaires égaux, partageant des objectifs de souveraineté stratégique face aux États-Unis et à la Chine.
« Je pense que nous menons un combat commun pour construire notre autonomie stratégique en Europe et en Afrique. Et si nous l’entreprenions ensemble, nous serions bien plus forts. »
Emmanuel Macron, Africa Forward Summit 2026
L’investissement, plaide-t-il, doit désormais supplanter l’aide publique traditionnelle, que l’Europe n’est de toute façon plus en mesure de fournir en abondance.
Le sommet n’était pas seulement une affaire de chefs d’État. Les patrons de TotalEnergies et Orange étaient présents, aux côtés de l’homme le plus riche d’Afrique, le milliardaire nigérian Aliko Dangote.
Lors de la visite d’État de Macron à Nairobi, le groupe de transport maritime CMA CGM a annoncé un investissement de 700 millions d’euros pour moderniser un terminal au port de Mombasa.
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