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Fausse monnaie au Cameroun : deux saisies majeures secouent Douala et Yaoundé

La Gendarmerie nationale du Cameroun démantèle un réseau de fausse monnaie à Douala et saisit près de 100 millions FCFA à Yaoundé. Enquête sur une criminalité financière en pleine expansion.

Dissimulé derrière la façade ordinaire d’un magasin, un atelier de fabrication de fausses pièces de monnaie vient d’être mis hors d’état de nuire à Douala. L’opération, conduite par la Gendarmerie nationale sur la base d’un renseignement jugé solide, a permis de saisir du matériel de production et d’interpeller plusieurs suspects présumés impliqués dans la fabrication et la distribution de pièces contrefaites.

Les enquêteurs ont découvert que le réseau ciblait notamment des pièces de 500 FCFA et de 100 FCFA, des coupures de petite valeur facile à écouler dans les marchés, chez les petits commerçants et dans les transactions quotidiennes en espèces. La discrétion de ces coupures est précisément ce qui en fait une arme redoutable pour les faussaires : contrairement aux faux billets, les fausses pièces suscitent moins de méfiance de la part du grand public.

L’enquête ouverte s’attachera désormais à reconstituer l’ensemble de la chaîne : ampleur de la production, réseaux de distribution, et éventuelles complicités ayant facilité la mise en circulation des pièces contrefaites dans l’économie informelle.

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Près de 100 millions FCFA en faux billets saisis à Yaoundé

C’est dans l’arrondissement de Yaoundé II, au Carrefour Banane, qu’une seconde opération a été menée le 21 mai 2026 par les éléments du poste de gendarmerie d’Ahala. Un jeune homme de 21 ans a été intercepté en possession d’une quantité considérable de billets contrefaits soigneusement conditionnés.

Le montant estimé des faux billets saisis avoisinerait les 100 millions de FCFA. Parmi les coupures découvertes figureraient non seulement des francs CFA, mais aussi des devises étrangères, des dollars américains et des francs suisses, selon les premières informations disponibles. Une diversité qui témoigne d’une logistique structurée, capable d’alimenter à la fois les marchés locaux et les circuits de change informels.

Le suspect a été conduit dans une unité de gendarmerie pour y être auditionné, tandis que les investigations s’élargissent pour déterminer d’où provenaient ces billets et quels réseaux étaient impliqués dans leur fabrication et leur distribution.

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Une criminalité monétaire qui s’adapte et se structure

Ces deux opérations s’inscrivent dans une tendance préoccupante : la Gendarmerie nationale a multiplié les saisies significatives de fausse monnaie ces derniers mois, de Douala à Maroua dans l’Extrême-Nord. Ce qui frappe les autorités, c’est la capacité d’adaptation des réseaux frauduleux face aux nouvelles mesures de sécurité.

Selon les services sécuritaires, une partie des coupures contrefaites saisies appartiendraient à la gamme « type 2020 » de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), mise en circulation dans la zone CEMAC à partir du 15 décembre 2022.

Des billets pourtant conçus avec des dispositifs de sécurité renforcés, hologrammes, fils de sécurité, encres à effet optique variable. Le fait que des faussaires soient parvenus à en produire des imitations témoigne du niveau de sophistication atteint par certains réseaux.

Les circuits informels, première ligne de fragilité

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