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économie

Dangote Refinery : comment souscrire depuis le Cameroun ?

Dangote Refinery entre en Bourse le 14 septembre 2026. Découvrez comment un investisseur camerounais peut envisager une souscription à partir d’environ 2 607 FCFA. Depuis la matinée de ce 14 septembre 2026, les investisseurs camerounais peuvent s’intéresser à l’introduction en Bourse de Dangote Petroleum Refinery sur la Nigerian Exchange. Avec un ticket d’entrée fixé à environ 2 607 FCFA, cette opération ouvre une porte vers le marché financier nigérian aux épargnants souhaitant miser sur l’une des infrastructures pétrolières les plus emblématiques du continent. Le chiffre a de quoi attirer l’attention. 525 nairas, soit environ 261 FCFA, représentent le prix annoncé pour une action de Dangote Petroleum Refinery. Mais pour accéder à l’opération, il faudra acquérir au minimum 10 titres. L’investissement de départ atteint ainsi 5 250 nairas, équivalant à environ 2 607 FCFA. Derrière ce montant relativement accessible se joue toutefois une opération boursière de dimension régionale. La raffinerie du groupe Dangote s’est imposée comme un actif stratégique dans l’industrie énergétique africaine. Son arrivée sur la Nigerian Exchange pourrait donc intéresser bien au-delà des frontières du Nigeria, notamment les investisseurs de la sous-région à la recherche d’opportunités sur les marchés africains. Une entrée en Bourse très attendue L’introduction en Bourse prévue le 14 septembre 2026 constitue une nouvelle étape pour Dangote Petroleum Refinery. Pour les particuliers, l’intérêt réside d’abord dans la possibilité de devenir actionnaire d’une entreprise opérant au cœur d’un secteur particulièrement stratégique : le raffinage et la distribution des produits pétroliers. Le prix de souscription, fixé à 525 nairas par action, rend théoriquement l’opération accessible à une partie des petits investisseurs. Avec un minimum de dix actions, le seuil financier reste inférieur à 3 000 FCFA selon la conversion indiquée. Cette accessibilité ne signifie cependant pas absence de risque. Comme tout placement en actions, une souscription à l’IPO expose l’investisseur aux fluctuations du cours après la cotation. Le rendement n’est donc jamais garanti, même lorsque l’entreprise bénéficie d’une forte notoriété. Que doit faire un investisseur depuis le Cameroun ? Pour un Camerounais souhaitant participer à l’opération, la première étape consiste à vérifier son éligibilité et les modalités pratiques d’accès à la Nigerian Exchange ou à un intermédiaire financier habilité à traiter les souscriptions internationales. L’investisseur devra notamment disposer d’un compte permettant d’acheter des titres sur le marché nigérian. Il devra également vérifier les conditions relatives au transfert des fonds, à l’identification du client, aux éventuels frais de courtage et aux obligations réglementaires applicables aux investisseurs étrangers. Autrement dit, les 2 607 FCFA constituent le montant théorique correspondant au minimum de dix actions, mais la somme effectivement nécessaire peut être supérieure en fonction des frais et des conditions imposées par l’intermédiaire choisi. Une opportunité, mais pas un pari sans précaution L’engouement potentiel autour de cette IPO ne doit donc pas faire oublier les fondamentaux. Avant de souscrire, un investisseur camerounais a intérêt à examiner les informations officielles de l’opération, les perspectives financières de Dangote Petroleum Refinery, les modalités de cotation et les risques liés au marché nigérian. Le véritable enjeu dépasse ainsi le simple prix de l’action. Pour les épargnants africains, cette introduction en Bourse illustre surtout l’évolution progressive des possibilités d’investissement au-delà des frontières nationales. À 525 nairas l’action, le seuil d’accès paraît modeste. Mais derrière ces dix premiers titres se trouve une décision financière qui mérite d’être étudiée avec méthode : comprendre l’entreprise, mesurer les risques, anticiper les frais et surtout investir uniquement selon sa capacité financière. Le 14 septembre 2026, Dangote Petroleum Refinery ne fera donc pas seulement son entrée sur la Nigerian Exchange. L’opération pourrait aussi tester l’appétit des investisseurs camerounais pour les grandes opportunités boursières africaines. Méta-description : Dangote Refinery entre en Bourse le 14 septembre 2026. Découvrez comment un investisseur camerounais peut envisager une souscription à partir d’environ 2 607 FCFA.

Dash Energies lance sa première station et vise 100 sites

Dash Energies lance sa première station et vise 100 sites

Dash Energies ouvre sa première station à Douala et annonce un objectif de 100 stations-service au Cameroun d’ici septembre 2028. Le compte à rebours est lancé. Le 12 septembre 2026, Dash Energies a officiellement fait ses premiers pas dans la distribution des carburants au Cameroun avec l’ouverture d’une station au lieu-dit Douche Akwa, à Douala. Pour cette première implantation, la filiale de Dashaco Holdings Africa a choisi de réhabiliter une ancienne station MRS, donnant ainsi une seconde vie à un site déjà consacré à la distribution pétrolière. Derrière cette inauguration se dessine surtout une ambition beaucoup plus vaste. Dash Energies annonce quatre nouvelles ouvertures avant la fin de 2026 : une à Limbé, deux à Kumba — Kumba Town et Fiango — et une autre à Muyuka. Le réseau compterait alors cinq stations. Mais le véritable objectif se situe à l’horizon 2028. « Mettez le top chrono. En septembre 2028, Dash Énergies aura 100 stations-service », promet la direction. Une déclaration qui transforme l’ouverture de Douala en première étape d’une offensive commerciale de grande ampleur. Un objectif qui change d’échelle Passer d’une station à 100 en deux ans signifie ouvrir 99 sites supplémentaires. Le rythme théorique serait vertigineux : environ quatre nouvelles stations chaque mois, soit presque une par semaine. Le chiffre prend encore plus de relief lorsqu’on le rapproche du marché national. Selon les estimations du ministère de l’Eau et de l’Énergie, l’ensemble des opérateurs construit environ 30 nouvelles stations-service par an au Cameroun. Dash Energies ambitionne donc, à elle seule, un déploiement largement supérieur à ce rythme. Il faut toutefois rester prudent. Le groupe n’a pas précisé combien de sites seront construits, rachetés, loués ou exploités dans le cadre de partenariats. Le financement du programme, son budget global, sa répartition géographique et même le périmètre exact des 100 stations ne sont pas encore détaillés. Une première station de 50 000 litres À Douala, les capacités annoncées donnent une première indication de la taille de l’activité. Olivier Sabock, directeur général adjoint de Dash Energies, fait état d’une capacité totale de 50 000 litres : 30 000 litres de super, 15 000 litres de gasoil et 5 000 litres de pétrole lampant. Aucun objectif de ventes ou de rotation des stocks n’a cependant été rendu public. Or, dans un secteur où les prix à la pompe sont réglementés, le volume écoulé, l’emplacement et la maîtrise des coûts deviennent des variables déterminantes. À Douala, le litre de super est fixé à 840 FCFA, contre 828 FCFA pour le gasoil et 350 FCFA pour le pétrole lampant. Dash Energies devra donc se différencier autrement que par le prix : accessibilité des stations, qualité du service, disponibilité des produits et développement d’activités annexes seront autant de leviers possibles. Un marché stratégique, mais sous contraintes L’entrée de Dash Energies intervient dans un secteur déjà occupé par TotalEnergies, Tradex, Bocom, Neptune Oil, MRS Cameroun et Ola Energy. Le marché reste néanmoins porteur. En 2025, le Cameroun a importé 2,022 millions de tonnes de carburants et lubrifiants pour 788,4 milliards de FCFA, selon l’Institut national de la statistique. La réglementation offre par ailleurs un espace de croissance. Un avis du ministère de l’Eau et de l’Énergie rappelle que les distributeurs agréés doivent notamment implanter au moins 20 % de leurs stations hors des chefs-lieux de département. Un enjeu important dans un pays où 189 arrondissements, soit 52,5 %, ne disposent encore d’aucune station-service. Le pari Dashaco Cette offensive prolonge la stratégie de diversification de Dashaco Holdings Africa, déjà présent dans les médias, la communication, la microfinance, l’immobilier, l’hôtellerie et la sécurité. Reste désormais la question centrale : comment transformer une ambition annoncée de 100 stations en un réseau réellement opérationnel ? Avec seulement cinq implantations prévues en 2026, les 95 sites restants devront être accompagnés d’un calendrier précis et de financements conséquents. Le défi est d’autant plus sensible que le marché pétrolier mondial reste exposé aux tensions géopolitiques et aux fluctuations des cours. Pour Dash Energies, l’enjeu ne sera donc pas simplement d’ouvrir des stations. Il faudra construire, en moins de deux ans, un modèle capable de tenir la cadence, de couvrir le territoire et de rester rentable dans un marché fortement réglementé.

IPO Dangote : la CEMAC peut-elle capter l’épargne africaine ?

L’IPO de Dangote Refinery relance le débat sur l’accès de l’épargne CEMAC aux grandes opérations panafricaines et sur l’inclusion boursière. Voici l’analyse de Marc KAMGAING, Administrateur Directeur Général de Harvest Asset Management Ce 14 septembre doit s’ouvrir la souscription à l’introduction en bourse de Dangote Petroleum Refinery & Petrochemicals sur la Nigerian Exchange. Avec 4,1 milliards d’actions nouvelles proposées à 525 nairas pour un objectif de levée d’environ 2 150 milliards de nairas (1,6 milliard de dollars), cette opération pourrait devenir la plus importante introduction en bourse jamais réalisée sur le continent africain. Elle porte aussi une ambition affichée : mobiliser largement l’épargne africaine, y compris celle des particuliers. Dans ce contexte, un constat s’impose : les investisseurs d’Afrique centrale ne sont pas, à ce jour, en mesure d’y participer depuis leurs propres canaux. Aucun canal régional permettant une souscription directe et organisée n’a, à ce jour, été porté à la connaissance du public. Aucune autorisation ou procédure de commercialisation de l’offre en zone CEMAC n’a, à notre connaissance, été rendue publique, et rien n’indique que les équipes en charge de l’opération aient sollicité les acteurs financiers ou les autorités de la sous-région. Reste alors la vraie question : notre architecture financière régionale permet-elle de connecter l’épargne de la CEMAC aux grandes opérations panafricaines — et, si la réponse semble être non, que faudrait-il améliorer pour que la prochaine soit différente ? Une interrogation légitime Précision utile : l’opération concerne Dangote Petroleum Refinery & Petrochemicals, dont l’unique raffinerie est au Nigeria — pas Dangote Cement, présent lui en CEMAC. Mais la raffinerie nous concerne autrement : elle exporte du carburant vers l’Afrique centrale depuis fin 2024. Nos économies figurent donc déjà parmi les débouchés de cette infrastructure et cette relation commerciale justifie que nous nous interrogions également sur la capacité de l’épargne régionale à participer à son financement, lorsque les conditions de l’investissement le permettent. Cette absence ne signifie pas nécessairement un choix délibéré d’exclusion : elle peut aussi refléter la lourdeur de nos procédures d’agrément transfrontalières, ou l’absence d’un canal de dialogue structuré entre les grands émetteurs panafricains et les régulateurs de la CEMAC. Quelle qu’en soit la cause, ce constat doit nous interpeller : sommes-nous capables d’identifier assez tôt les grandes opérations continentales et de mettre en place les dispositifs permettant à notre épargne d’y accéder ? Le prix, ou la question de l’éducation financière Le prix unitaire de 525 nairas — environ 200 francs CFA au taux de change actuel — donne à l’opération une forme d’accessibilité. Mais ce qui compte réellement pour un petit épargnant, c’est le ticket d’entrée : Dangote a fixé une souscription minimale de 10 actions, soit 5 250 nairas, environ 2 200 francs CFA. Un prix facial bas ne suffit d’ailleurs pas à lui seul à rendre une IPO réellement accessible : il faut aussi la possibilité juridique de souscrire, un intermédiaire habilité, la conversion des fonds et la conservation des titres. Ce ticket d’entrée mérite pourtant qu’on s’y arrête pour une autre raison, plus structurelle. À la BVMAC, le cours des actions cotées démarre aujourd’hui à environ 20 000 francs CFA pour le titre le moins cher — soit près de dix fois le ticket minimal proposé pour l’IPO Dangote. La comparaison n’est pas parfaitement symétrique mais l’écart dit quelque chose d’essentiel sur nos marchés : chez nous, la bourse semble réservée à une épargne déjà constituée, à des institutionnels ou à des ménages aisés. Est-elle pensée pour le petit épargnant, l’employé ou l’étudiant qui voudrait investir progressivement quelques milliers de francs par mois ? Cet écart n’est pas qu’une question de valorisation d’entreprise : c’est aussi un choix de politique d’émission. Un ticket d’entrée bas comme celui de l’IPO Dangote est une décision délibérée d’ouvrir le capital au plus grand nombre. À l’inverse, des cours d’entrée élevés, conjugués à des lots minimums de souscription contraignants, ferment de fait notre bourse régionale à l’essentiel de la population. La question n’est donc pas seulement de savoir si une action Dangote est abordable, mais comment faire entrer la bourse dans tous les foyers de la CEMAC — par des tickets d’entrée réellement populaires, des mécanismes de fractionnement d’actions ou d’investissement programmé, et un effort soutenu d’éducation financière, dans les écoles, les entreprises et les médias. Faire de la CEMAC un bassin d’investissement Les grandes opérations de marché se préparent longtemps à l’avance, mais leur exécution obéit à des calendriers contraints. Nos autorités et nos intermédiaires doivent pouvoir se mobiliser rapidement, ce qui suppose de moderniser nos procédures transfrontalières et, peut-être, de reconnaître plus facilement les opérations déjà approuvées par des régulateurs africains aux standards équivalents. Le cadre des changes de la CEMAC prévoit déjà des procédures applicables aux investissements à l’étranger : l’enjeu est d’en clarifier les conditions de mobilisation pour ce type d’opération et de les faire connaître aux investisseurs comme aux promoteurs. L’IPO Dangote Refinery ne doit pas être lue comme un reproche adressé à une institution particulière, mais comme une occasion de nous interroger collectivement. Sommes-nous organisés pour présenter notre sous-région comme un véritable bassin d’épargne ? Nos intermédiaires ont-ils les connexions nécessaires avec les autres places du continent ? Et sommes-nous capables de concevoir des opérations locales dont le prix d’entrée et la pédagogie donnent envie au plus grand nombre d’y participer ? Il nous appartient d’apporter ensemble des réponses : un dispositif dédié aux offres panafricaines, une coopération renforcée entre régulateurs, des mécanismes de reconnaissance mutuelle, un dialogue régulier avec les grands groupes industriels de la sous-région, et de véritables campagnes d’éducation financière associées à des tickets d’investissement mieux adaptés à l’objectif affiché d’inclusion financière. L’enjeu dépasse le cas Dangote. D’autres groupes africains chercheront demain à financer leur croissance. La CEMAC doit se préparer dès aujourd’hui à participer à ces opérations — non seulement comme marché de consommation ou territoire de production, mais comme pourvoyeur de capitaux, et comme sous-région où investir en bourse est à la portée de tous. À défaut, nous continuerons d’observer depuis les gradins les opérations qui structurent la finance africaine de demain, alors même qu’une partie de la richesse

Imprimerie nationale le marché de 230 millions de FCFA annulé

Imprimerie nationale : le marché de 230 millions de FCFA annulé

L’Imprimerie nationale annule un appel d’offres de 230 millions de FCFA destiné à réhabiliter ses équipements, sans préciser les raisons de cette décision. L’Imprimerie nationale du Cameroun vient de mettre un coup d’arrêt à une opération de 230 millions de FCFA destinée à remettre à niveau une partie de son appareil de production. L’appel d’offres, lancé le 7 août 2026, a été annulé par une décision signée le 9 septembre par son directeur général, Pierre Nolasque Oyono Bika, puis publiée le 11 septembre sur le portail de l’Agence de régulation des marchés publics (ARMP). Sur le papier, la décision est claire. Dans le fond, elle laisse plusieurs questions sans réponse. L’établissement public se contente de faire référence à l’article 92 de ses directives internes de gestion des marchés publics, sans exposer le motif précis de l’abandon. Impossible donc de savoir, à la seule lecture du document, si les offres avaient été ouvertes, si une nouvelle consultation est envisagée ou si l’enveloppe de 230 millions de FCFA sera réaffectée. Cette zone d’ombre intervient après une procédure déjà marquée par des reports. La remise et l’ouverture des offres, initialement fixées au 28 août, avaient été repoussées au 31 août, puis au 2 septembre. Sept jours après cette dernière échéance, l’appel d’offres a finalement été annulé. Les actes publiés ne permettent pas d’établir si ces reports ont joué un rôle dans cette issue. Sept lots pour remettre l’outil de production en état Derrière cette procédure se trouvait un chantier très concret : réhabiliter plusieurs équipements indispensables au fonctionnement de l’Imprimerie nationale. Financé sur le budget de fonctionnement 2026 grâce à une dotation spéciale du ministère des Finances, le marché était réservé aux entreprises camerounaises spécialisées dans les génies mécanique et électrotechnique. Les 230 millions de FCFA étaient répartis en sept lots. Le plus important, évalué à 70 millions, concernait quatre équipements destinés à la sécurisation des documents. Cinq presses offset de la série SX représentaient 45 millions. Quatre machines de production d’enveloppes et cinq massicots étaient dotés de 40 millions chacun. Les presses offset de la série K nécessitaient 15 millions, tandis que la climatisation de trois espaces de production et la révision d’une rotative offset étaient budgétées à 10 millions chacune. Le cahier des charges révélait surtout l’ampleur des interventions attendues. Il prévoyait des réparations mécaniques, électriques et électroniques, le remplacement de pièces, la résolution de problèmes de programmation et la formation des opérateurs et du personnel de maintenance. Rouleaux, courroies et capteurs usés, systèmes de commande défectueux et climatiseurs hors service figuraient notamment parmi les difficultés recensées. Selon les lots, les travaux devaient durer entre 45 et 120 jours. Plus sensible encore, les entreprises retenues devaient maintenir les machines réparées en état de fonctionnement pendant l’exécution d’une commande de matériel électoral. L’annulation laisse ainsi en suspens la manière dont ce besoin opérationnel sera désormais couvert. Le PPP de 20 ans ajoute une autre interrogation Cette décision intervient dans un contexte de transformation plus large. Le 28 novembre 2025, l’Imprimerie nationale avait signé un partenariat public-privé de vingt ans avec le groupe ivoirien Impact Palmarès R&D, présenté comme un levier de modernisation, d’automatisation et de sécurisation de l’outil de production. Le contrat avait été signé par Pierre Nolasque Oyono Bika et Giresse Tella, président d’Impact Palmarès R&D, lors d’une cérémonie présidée par le ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi. Mais le montant du PPP, son plan de financement et la répartition des investissements entre les partenaires n’ont pas été rendus publics. Une question reste donc entière : les réparations prévues pour 230 millions de FCFA devaient-elles constituer une étape transitoire avant les investissements privés, fonctionner indépendamment du PPP ou s’inscrire dans son périmètre ? Le dossier d’appel d’offres ne le précise pas. En l’état, aucun élément ne permet d’affirmer que le partenariat explique l’annulation. Des fragilités industrielles déjà anciennes Les difficultés de l’Imprimerie nationale ne datent toutefois pas de 2026. En mars 2019, Cameroon Tribune rapportait déjà l’arrêt de machines de grand format et la réduction du parc de petit format, passé de dix à quatre unités opérationnelles. Sur 7 milliards de FCFA de commandes enregistrées en 2018, seulement 3 milliards avaient alors été exécutés, soit 42,9 %. Ces données ne permettent évidemment pas de dresser un diagnostic de la situation industrielle en 2026. Elles rappellent néanmoins que la capacité productive de l’établissement constitue un sujet ancien. Désormais, le véritable enjeu dépasse donc l’annulation d’un marché. Il réside dans la capacité de l’Imprimerie nationale à sécuriser rapidement son outil de production, préserver ses missions stratégiques et clarifier la trajectoire entre maintenance immédiate et modernisation de long terme.

Camtel et Socadel accélèrent leur rapprochement stratégique à Douala

Camtel et Socadel accélèrent leur rapprochement stratégique à Douala

À Douala, Camtel et Socadel posent les bases d’un partenariat stratégique fondé sur la mutualisation des infrastructures et la réduction des coûts. À Douala, le rapprochement entre deux acteurs majeurs du service public camerounais commence à prendre forme. Le 8 septembre, la Cameroon Telecommunications (Camtel) et la Société Camerounaise Électricité (Socadel) ont ouvert une nouvelle séquence de coopération autour d’un enjeu devenu incontournable : mieux utiliser les infrastructures existantes pour réduire les coûts et améliorer les services proposés aux populations. La rencontre s’est tenue au siège de la Socadel, dans la capitale économique du pays. À cette occasion, la directrice générale de Camtel, Judith Yah Sunday épse Achidi, accompagnée de son équipe dirigeante, a échangé avec le directeur général de la Socadel, Oumarou Hamandjoda. Derrière cette réunion de travail se dessine une ambition plus large : construire des passerelles durables entre deux secteurs stratégiques pour le développement du Cameroun. Mutualiser pour dépenser moins et faire plus Le principal sujet au cœur des discussions concerne la mutualisation des infrastructures techniques. Pour les deux entreprises publiques, cette approche répond à une réalité économique : dans un environnement où chaque investissement doit être pensé avec davantage de rigueur, le partage de certaines ressources peut permettre d’éviter les doublons et d’optimiser les dépenses. L’idée est donc de mettre en commun, lorsque cela est pertinent, des moyens logistiques, matériels et techniques afin de renforcer l’efficacité des opérations. Une stratégie qui pourrait également faciliter l’extension de la couverture des services sur le territoire national. Au-delà des économies potentielles, l’enjeu est surtout opérationnel. Une meilleure coordination entre les infrastructures de télécommunications et celles liées à l’électricité pourrait contribuer à renforcer la fiabilité des réseaux et à rapprocher les équipements des utilisateurs. Un partenariat qui regarde déjà vers l’avenir Cette coopération ne se limite toutefois pas à une simple logique de réduction des charges. Elle ouvre la voie à la création de synergies sectorielles susceptibles d’accompagner la modernisation des infrastructures camerounaises. Pour Camtel comme pour Socadel, l’objectif affiché consiste à inscrire cette collaboration dans la durée et à faire progresser les différents projets au fil des années, avec une perspective allant jusqu’en 2030. Cette vision donne au rapprochement une dimension stratégique, alors que le Cameroun poursuit ses efforts pour améliorer ses infrastructures et soutenir la transformation numérique et économique. Sur le terrain, les bénéficiaires attendent surtout des résultats concrets. Des réseaux plus fiables, des équipements mieux déployés et des services plus accessibles constituent les véritables indicateurs qui permettront de mesurer la réussite de cette alliance. Douala, point de départ d’une nouvelle dynamique La réunion du 8 septembre pourrait ainsi apparaître comme une étape fondatrice. En rapprochant leurs capacités, Camtel et Socadel cherchent à transformer leurs contraintes respectives en opportunités communes. Le pari est simple dans son principe, mais important dans ses conséquences : faire mieux avec les ressources disponibles, accélérer la modernisation et améliorer progressivement l’expérience des usagers. À Douala, les deux directions ont donc posé les premiers jalons d’une coopération appelée à s’inscrire dans le temps. Reste désormais à transformer les intentions en réalisations mesurables. Car au-delà des réunions institutionnelles et des annonces, c’est sur les réseaux, dans les entreprises et surtout dans le quotidien des citoyens que ce partenariat devra démontrer toute sa portée.

Bitume : le Cameroun et le Gabon dopent les résultats de Rubis

Bitume : le Cameroun et le Gabon dopent les résultats de Rubis

Au premier semestre 2026, le Cameroun et le Gabon figurent parmi les marchés les plus dynamiques de Rubis dans le bitume, avec une marge en hausse de 54 %. Dans le secteur des infrastructures, les chiffres racontent parfois une histoire plus éloquente que les discours. Au premier semestre 2026, le groupe français Rubis en apporte une nouvelle illustration : son activité liée au bitume a enregistré une progression spectaculaire de sa marge, portée notamment par le dynamisme des marchés camerounais et gabonais. Le groupe, qui approvisionne plusieurs entreprises du secteur des bâtiments et travaux publics (BTP) en bitume, observe en effet une évolution particulièrement favorable dans ces deux pays d’Afrique centrale. Selon les éléments communiqués, ils comptent désormais parmi ses marchés les plus dynamiques sur les six premiers mois de l’année. Le Cameroun, un marché porté par les chantiers Derrière cette performance se dessine une réalité bien connue des acteurs du BTP : lorsque les projets routiers et les travaux d’infrastructures s’intensifient, la demande en matériaux indispensables à la construction et à l’entretien des routes suit mécaniquement le mouvement. Le bitume occupe une place stratégique dans cette chaîne. Utilisé notamment dans la fabrication des revêtements routiers, il accompagne directement l’avancement des grands chantiers. Pour les fournisseurs, la multiplication ou l’accélération des travaux peut donc rapidement se traduire par une hausse des volumes commercialisés et, dans certaines configurations, par une amélioration des performances financières. C’est dans ce contexte que le marché camerounais apparaît comme un relais de croissance important pour Rubis. Sans se limiter à une simple progression des ventes, la dynamique observée contribue à une hausse de 54 % de la marge enregistrée par le groupe dans cette activité. Ce chiffre attire particulièrement l’attention parce qu’il traduit davantage qu’un simple regain d’activité : il révèle la capacité d’un marché à participer concrètement à l’amélioration des résultats d’un acteur international. Le Gabon confirme également son potentiel Le Gabon figure lui aussi parmi les marchés qui tirent l’activité vers le haut. À l’image du Cameroun, le pays bénéficie d’une dynamique favorable autour des travaux d’infrastructures, créant un environnement propice aux fournisseurs de bitume. Pour Rubis, cette évolution souligne surtout l’importance croissante de l’Afrique centrale dans son activité liée aux produits destinés au secteur routier. Le groupe français se retrouve ainsi positionné au cœur d’une chaîne économique directement liée aux investissements dans les infrastructures. Cette tendance est particulièrement intéressante à observer alors que les besoins en infrastructures restent considérables dans de nombreux pays africains. Routes, réhabilitation des axes existants et développement de nouveaux corridors constituent autant de facteurs susceptibles de soutenir durablement la demande en bitume. Une performance à surveiller dans la durée La hausse de 54 % de la marge constitue donc un indicateur fort pour Rubis. Mais au-delà de la performance semestrielle, l’enjeu sera désormais de savoir si le rythme observé au Cameroun et au Gabon peut s’inscrire dans la durée. Pour les entreprises du BTP comme pour leurs fournisseurs, la régularité des chantiers demeure déterminante. La disponibilité des matériaux, le calendrier des travaux et l’évolution des investissements publics ou privés peuvent directement influencer l’activité. Le premier semestre 2026 aura en tout cas envoyé un signal clair : le Cameroun et le Gabon s’imposent comme deux marchés particulièrement porteurs pour le bitume de Rubis. Et derrière les 54 % de hausse de marge se lit une réalité économique plus large : lorsque les routes se construisent et se modernisent, toute une chaîne de valeur en profite.

Coopération la BAD réévalue la dette et le risque du Cameroun

Coopération : la BAD réévalue la dette et le risque du Cameroun

Au premier semestre 2026, le Cameroun et le Gabon figurent parmi les marchés les plus dynamiques de Rubis dans le bitume, avec une marge en hausse de 54 %. Dans le secteur des infrastructures, les chiffres racontent parfois une histoire plus éloquente que les discours. Au premier semestre 2026, le groupe français Rubis en apporte une nouvelle illustration : son activité liée au bitume a enregistré une progression spectaculaire de sa marge, portée notamment par le dynamisme des marchés camerounais et gabonais. Le groupe, qui approvisionne plusieurs entreprises du secteur des bâtiments et travaux publics (BTP) en bitume, observe en effet une évolution particulièrement favorable dans ces deux pays d’Afrique centrale. Selon les éléments communiqués, ils comptent désormais parmi ses marchés les plus dynamiques sur les six premiers mois de l’année. Le Cameroun, un marché porté par les chantiers Derrière cette performance se dessine une réalité bien connue des acteurs du BTP : lorsque les projets routiers et les travaux d’infrastructures s’intensifient, la demande en matériaux indispensables à la construction et à l’entretien des routes suit mécaniquement le mouvement. Le bitume occupe une place stratégique dans cette chaîne. Utilisé notamment dans la fabrication des revêtements routiers, il accompagne directement l’avancement des grands chantiers. Pour les fournisseurs, la multiplication ou l’accélération des travaux peut donc rapidement se traduire par une hausse des volumes commercialisés et, dans certaines configurations, par une amélioration des performances financières. C’est dans ce contexte que le marché camerounais apparaît comme un relais de croissance important pour Rubis. Sans se limiter à une simple progression des ventes, la dynamique observée contribue à une hausse de 54 % de la marge enregistrée par le groupe dans cette activité. Ce chiffre attire particulièrement l’attention parce qu’il traduit davantage qu’un simple regain d’activité : il révèle la capacité d’un marché à participer concrètement à l’amélioration des résultats d’un acteur international. Le Gabon confirme également son potentiel Le Gabon figure lui aussi parmi les marchés qui tirent l’activité vers le haut. À l’image du Cameroun, le pays bénéficie d’une dynamique favorable autour des travaux d’infrastructures, créant un environnement propice aux fournisseurs de bitume. Pour Rubis, cette évolution souligne surtout l’importance croissante de l’Afrique centrale dans son activité liée aux produits destinés au secteur routier. Le groupe français se retrouve ainsi positionné au cœur d’une chaîne économique directement liée aux investissements dans les infrastructures. Cette tendance est particulièrement intéressante à observer alors que les besoins en infrastructures restent considérables dans de nombreux pays africains. Routes, réhabilitation des axes existants et développement de nouveaux corridors constituent autant de facteurs susceptibles de soutenir durablement la demande en bitume. Une performance à surveiller dans la durée La hausse de 54 % de la marge constitue donc un indicateur fort pour Rubis. Mais au-delà de la performance semestrielle, l’enjeu sera désormais de savoir si le rythme observé au Cameroun et au Gabon peut s’inscrire dans la durée. Pour les entreprises du BTP comme pour leurs fournisseurs, la régularité des chantiers demeure déterminante. La disponibilité des matériaux, le calendrier des travaux et l’évolution des investissements publics ou privés peuvent directement influencer l’activité. Le premier semestre 2026 aura en tout cas envoyé un signal clair : le Cameroun et le Gabon s’imposent comme deux marchés particulièrement porteurs pour le bitume de Rubis. Et derrière les 54 % de hausse de marge se lit une réalité économique plus large : lorsque les routes se construisent et se modernisent, toute une chaîne de valeur en profite.

Ouest Cameroun : une nouvelle usine agroalimentaire créera 350 emplois

À Badenkop, dans les Hauts-Plateaux de l’Ouest Cameroun, une nouvelle usine agroalimentaire portée par l’entrepreneure Lisette Claudia Tame ambitionne de transformer le maïs et plusieurs produits agricoles locaux. Le projet devrait générer 350 emplois et renforcer la politique d’import-substitution. Le paysage industriel de la région de l’Ouest Cameroun s’apprête à franchir une nouvelle étape avec l’implantation prochaine d’une importante unité de transformation agroalimentaire dans le village de Badenkop, situé dans le département des Hauts-Plateaux. Porté par l’entrepreneure camerounaise Lisette Claudia Tame, ce projet industriel ambitionne de valoriser les productions agricoles locales tout en créant des centaines d’emplois et en contribuant à la réduction des importations alimentaires. Dans un contexte où le Cameroun multiplie les initiatives visant à renforcer sa souveraineté alimentaire et industrielle, cette nouvelle infrastructure apparaît comme une réponse concrète à la stratégie nationale d’import-substitution. L’objectif est clair : transformer davantage de matières premières sur le territoire national afin de créer de la valeur ajoutée locale et réduire la dépendance aux produits importés.  Un projet centré sur la transformation des ressources agricoles locales Le futur complexe agroalimentaire prévoit de faire du maïs son principal produit de transformation. Toutefois, sa vision va bien au-delà d’une seule filière. Plusieurs mini-unités spécialisées seront progressivement développées afin d’exploiter d’autres ressources agricoles stratégiques produites dans la région et dans le pays. Parmi les matières premières ciblées figurent notamment le plantain, la pomme de terre, le sucre, les fruits ainsi que la viande porcine. À terme, chacune de ces filières pourrait évoluer vers des unités autonomes capables de fonctionner indépendamment tout en restant intégrées au même complexe industriel. Cette approche vise à bâtir un véritable écosystème agro-industriel capable de transformer localement une large gamme de produits agricoles, tout en favorisant l’émergence de chaînes de valeur plus performantes.  Des capacités de production ambitieuses  Selon les projections communiquées par les promoteurs du projet, l’usine prévoit de traiter chaque année :  •            500 tonnes de maïs ;  •            5 000 tonnes de sucre ;  •            300 tonnes de plantains et de pommes de terre ;  •            200 tonnes de fruits ;  •            200 tonnes de viande porcine. Ces volumes témoignent de l’ambition industrielle du projet et de sa volonté de répondre à une demande croissante en produits transformés fabriqués localement.  Au-delà de la production, l’initiative entend également structurer les différentes chaînes d’approvisionnement afin de garantir une disponibilité régulière des matières premières. L’objectif est de créer une synergie durable entre producteurs, transformateurs, distributeurs et autres acteurs du secteur.  Un impact significatif sur l’emploi L’un des principaux atouts de ce projet réside dans son potentiel de création d’emplois. Les prévisions font état de 150 emplois directs au sein de l’usine et de près de 200 emplois indirects générés dans les activités connexes telles que la production agricole, le transport, la logistique, la maintenance ou encore la commercialisation.  Au total, ce sont donc environ 350 opportunités d’emploi qui devraient être créées dans la région. Cette dynamique pourrait contribuer à améliorer les revenus des populations locales tout en stimulant le développement économique des Hauts-Plateaux, une zone reconnue pour son fort potentiel agricole.  Soutenir les producteurs et renforcer les filières agricoles L’un des piliers du projet consiste à encourager l’expansion des exploitations agricoles déjà présentes dans la région.  En garantissant des débouchés plus stables aux producteurs locaux, le complexe industriel devrait favoriser l’augmentation des superficies cultivées et l’amélioration des rendements. Les promoteurs souhaitent également fédérer les différents acteurs intervenant sur les chaînes de valeur des matières premières concernées. Cette organisation permettra d’assurer un approvisionnement régulier de l’usine tout en renforçant la compétitivité des filières agricoles locales.  Cette démarche s’inscrit dans une logique de développement inclusif où agriculteurs, éleveurs, transformateurs et distributeurs bénéficient collectivement des retombées économiques du projet. Une entrepreneure qui mise sur la transformation locale Derrière cette nouvelle initiative se trouve une figure montante de l’industrie agroalimentaire camerounaise : Lisette Claudia Tame. Déjà reconnue pour son engagement dans la transformation du cacao, elle dirige African Processing Company (APC), entreprise devenue l’un des acteurs émergents du secteur au Cameroun. Sa marque de chocolat premium, Ca’Oly, s’est progressivement imposée sur le marché grâce à une stratégie axée sur la qualité, l’innovation et la valorisation des ressources locales. Après plusieurs années passées à l’étranger, l’entrepreneure a choisi de revenir investir dans son pays avec l’ambition de participer à son industrialisation. Un pari qui porte aujourd’hui ses fruits. Son entreprise affiche désormais un chiffre d’affaires supérieur à un milliard de FCFA et génère près de 200 emplois directs et indirects. Une expérience déjà éprouvée dans l’industrie Le nouveau projet de Badenkop intervient quelques mois seulement après l’inauguration d’une importante usine de transformation de cacao à Okoa Maria, près de Mbankomo. Mise en service en janvier 2025, cette unité dispose d’une capacité annuelle de broyage de 4 000 tonnes de cacao.  Grâce à cet investissement, APC s’est hissée parmi les principaux transformateurs de cacao du pays et s’affirme désormais comme un concurrent crédible des grands groupes industriels déjà présents sur le marché.  Cette expérience industrielle constitue un atout majeur pour la réussite du futur complexe agroalimentaire de Badenkop. Un levier pour l’import-substitution et la souveraineté alimentaire Au-delà de son impact économique local, cette nouvelle usine s’inscrit dans une ambition nationale plus large : renforcer la transformation locale des matières premières et réduire les importations de produits alimentaires transformés. En valorisant les productions agricoles camerounaises et en proposant des produits capables de rivaliser avec les références importées, le projet participe à la construction d’une industrie agroalimentaire plus compétitive et plus résiliente.  Pour de nombreux observateurs, ce complexe pourrait devenir un modèle de développement industriel fondé sur la valorisation des ressources locales.  Dans un contexte marqué par la recherche de nouvelles sources de croissance, l’initiative de Lisette Claudia Tame illustre le rôle de plus en plus stratégique que joue l’entrepreneuriat féminin dans la transformation économique du Cameroun. Avec ses centaines d’emplois annoncés, ses capacités de production ambitieuses et sa volonté de structurer plusieurs filières agricoles, le projet de Badenkop apparaît déjà comme l’un des investissements agro-industriels les plus

Cameroun–Allemagne : vers de nouveaux accords d’investissement

Une délégation de plus de 20 entreprises allemandes a exploré les opportunités d’affaires au Cameroun lors d’une rencontre stratégique au MINPMEESA. Des accords de coopération et d’investissement sont en préparation dans plusieurs secteurs clés. La dynamique de coopération entre le Cameroun et l’Allemagne franchit une nouvelle étape. À la faveur des préparatifs de PROMOTE 2026, une importante délégation économique allemande a été reçue au ministère des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Économie Sociale et de l’Artisanat (MINPMEESA), ouvrant la voie à de futures collaborations susceptibles de stimuler l’investissement, l’innovation et la création d’emplois. Cette rencontre de haut niveau, conduite par l’ambassadeur d’Allemagne au Cameroun, Christian Sedat, a rassemblé plus d’une vingtaine d’entreprises allemandes désireuses d’explorer les opportunités offertes par l’économie camerounaise. La mission avait pour objectif principal d’identifier des axes de coopération concrets et de renforcer les relations économiques entre les deux pays. Un intérêt croissant des entreprises allemandes pour le marché camerounais Le Cameroun continue de susciter l’attention des investisseurs étrangers grâce à sa position stratégique en Afrique centrale, à la taille de son marché et à son rôle de porte d’entrée vers la sous-région CEMAC. Conscientes de ce potentiel, les entreprises allemandes participantes ont multiplié les échanges avec les responsables du ministère afin de mieux appréhender l’environnement des affaires local. Les discussions ont notamment porté sur les dispositifs d’accompagnement des investisseurs, les mécanismes de facilitation administrative ainsi que les différentes mesures mises en place pour encourager les initiatives entrepreneuriales. Les visiteurs ont également été informés sur les avantages offerts par le guichet unique destiné à simplifier les procédures de création et d’implantation des entreprises. Des secteurs stratégiques au cœur des échanges La diversité des entreprises représentées témoigne de la richesse du tissu économique allemand. Plusieurs domaines à fort potentiel étaient au centre des discussions. Le numérique et les technologies de l’information figurent parmi les secteurs les plus prometteurs. Les entreprises allemandes spécialisées dans les solutions informatiques ont manifesté leur intérêt pour le développement de partenariats technologiques capables d’accompagner la transformation digitale du Cameroun. L’éducation et la formation professionnelle ont également occupé une place importante dans les échanges. Le développement des compétences constitue aujourd’hui un enjeu majeur pour accompagner la croissance économique et répondre aux besoins des entreprises en main-d’œuvre qualifiée. Les services aux entreprises, l’innovation et les solutions destinées à améliorer la compétitivité des PME camerounaises ont aussi retenu l’attention des participants. Cette approche multidimensionnelle laisse entrevoir des perspectives de coopération diversifiées et durables. Vers la signature d’un protocole d’accord L’un des résultats les plus significatifs de cette mission économique réside dans la perspective de signature prochaine d’un protocole d’accord entre les différentes parties prenantes. Ce document devrait formaliser plusieurs axes de collaboration identifiés lors des échanges. Parmi les pistes envisagées figurent notamment le transfert de savoir-faire, le partage d’expertise technique, le développement de projets communs et l’accompagnement des petites et moyennes entreprises camerounaises dans leur processus de modernisation. La future signature de cet accord constituerait un signal fort envoyé aux investisseurs internationaux, démontrant la volonté du Cameroun de renforcer son attractivité économique et de créer un environnement favorable aux partenariats internationaux. Un levier pour la croissance et l’emploi Au-delà des simples intentions d’investissement, cette coopération pourrait générer des retombées positives significatives pour l’économie nationale. Les futurs partenariats sont susceptibles de favoriser l’émergence de nouvelles opportunités d’affaires, d’accélérer le transfert de technologies et de contribuer à la création d’emplois qualifiés. L’expertise allemande, reconnue mondialement dans les domaines de l’industrie, de l’innovation et de la formation, représente un atout majeur pour accompagner le développement du tissu entrepreneurial camerounais. Cette collaboration pourrait également renforcer les capacités des PME locales, leur permettant d’accéder à de nouveaux marchés, d’améliorer leur productivité et de gagner en compétitivité à l’échelle régionale et internationale. PROMOTE 2026 confirme son rôle de catalyseur économique Les premiers effets de PROMOTE 2026 semblent déjà perceptibles à travers cette mission économique allemande. Bien avant l’ouverture officielle de l’événement, les rencontres préparatoires génèrent des opportunités concrètes de coopération et d’investissement. Au fil des éditions, PROMOTE s’est imposé comme l’un des principaux rendez-vous économiques d’Afrique centrale. La plateforme joue un rôle essentiel dans la mise en relation des investisseurs, des entreprises et des institutions publiques, facilitant ainsi l’émergence de partenariats stratégiques. La visite de cette délégation allemande illustre parfaitement la capacité de cet événement à attirer des acteurs économiques internationaux et à renforcer la visibilité du Cameroun auprès des investisseurs étrangers. Une nouvelle page dans les relations économiques Cameroun–Allemagne Cette rencontre stratégique entre les autorités camerounaises et les entreprises allemandes marque une étape importante dans le renforcement des relations bilatérales. Les perspectives de coopération identifiées pourraient déboucher sur des projets structurants dans plusieurs secteurs clés de l’économie. Alors que les discussions se poursuivent et que les accords prennent forme, le Cameroun confirme sa volonté de s’ouvrir davantage aux investissements internationaux tout en valorisant le potentiel de ses PME et de son économie sociale. Une ambition qui pourrait faire de la coopération germano-camerounaise un modèle de partenariat économique gagnant-gagnant pour les années à venir.

usine cimencam de figuil

200 emplois menacés par la crise énergétique du Grand Nord

La cimenterie Cimencam de Figuil, à l’arrêt depuis juin 2025 à cause d’une crise énergétique au barrage de Lagdo, menace 200 emplois et fragilise l’industrialisation du Grand Nord camerounais. Inaugurée il y a moins d’un an, présentée comme un fleuron industriel du Grand Nord camerounais, la cimenterie de Figuil fait aujourd’hui grise mine. Depuis le début du mois de juin, le site exploité par Cimfig filiale de Cimencam et du groupe LafargeHolcim Maroc Afrique a totalement suspendu ses opérations. Dans une lettre adressée à ses clients le 2 juin, la direction commerciale de l’usine a évoqué une « crise énergétique majeure » ayant provoqué un arrêt brutal et non planifié, sans délai de reprise annoncé. Le barrage de Lagdo au cœur du problème Tout remonte à la baisse critique du niveau d’eau au barrage de Lagdo, principale source d’alimentation électrique du Réseau interconnecté Nord. Confrontée à ce déficit structurel, la Société camerounaise d’électricité Socadel a pris une décision radicale : délester temporairement certains grands consommateurs industriels afin de préserver l’équilibre du réseau. Cimencam Figuil figure parmi les premières victimes de cet effacement. Le problème est d’une simplicité cruelle : l’usine a besoin d’une puissance minimale de 5,5 MW pour faire tourner ses machines. Les groupes électrogènes de secours disponibles sur site n’offrent que 2,2 MW, soit moins de la moitié du seuil nécessaire. Impossible, dans ces conditions, de maintenir le moindre cycle de production. Un effet domino dévastateur sur l’économie locale Les conséquences s’étendent bien au-delà des murs de l’usine. Selon le rapport d’évaluation établi par la préfecture du Mayo-Louti, c’est une chaîne entière qui s’est grippée. La carrière de Bidzar, qui alimente le site en matières premières, est-elle aussi à l’arrêt. Sur les marchés locaux, la tension monte : le ciment se raréfie, et certains clients réclament déjà des remboursements pour des commandes non honorées. Plus préoccupant encore, les autorités locales pointent un risque de défaillance bancaire si l’interruption venait à se prolonger. Une usine sans revenus, c’est une usine qui ne peut plus honorer ses engagements financiers  et les dominos continuent de tomber. Au total, ce sont près de 200 emplois directs qui se retrouvent suspendus dans l’incertitude, sans compter les emplois indirects liés à la chaîne d’approvisionnement et aux activités connexes. L’industrialisation du Grand Nord face au mur énergétique Cette situation met en lumière un paradoxe douloureux. Le Cameroun investit massivement pour attirer des industriels dans ses régions septentrionales, les présentant comme des territoires d’avenir. Mais sans garantie d’alimentation électrique stable pour les grands consommateurs, ces investissements restent fragiles, à la merci du niveau d’un barrage ou d’une saison sèche plus rude que prévu. La question posée par la crise de Figuil est donc fondamentale : comment convaincre un investisseur de s’installer dans le Grand Nord si la première grande sécheresse suffit à paralyser toute sa production ? Pour Cimencam, l’urgence est immédiate pour préserver les emplois, tenir les engagements des clients, éviter une rupture prolongée sur un marché local déjà sous tension. Pour les pouvoirs publics, c’est un signal d’alarme plus large : sans infrastructure énergétique robuste et résiliente, aucune politique industrielle sérieuse ne pourra prendre racine durablement dans le nord du pays. L’avenir de Figuil dépend désormais autant de la pluviométrie sur le lac de retenue de Lagdo que des décisions stratégiques prises à Yaoundé.

Fausse monnaie au Cameroun : deux saisies majeures secouent Douala et Yaoundé

La Gendarmerie nationale du Cameroun démantèle un réseau de fausse monnaie à Douala et saisit près de 100 millions FCFA à Yaoundé. Enquête sur une criminalité financière en pleine expansion. Dissimulé derrière la façade ordinaire d’un magasin, un atelier de fabrication de fausses pièces de monnaie vient d’être mis hors d’état de nuire à Douala. L’opération, conduite par la Gendarmerie nationale sur la base d’un renseignement jugé solide, a permis de saisir du matériel de production et d’interpeller plusieurs suspects présumés impliqués dans la fabrication et la distribution de pièces contrefaites. Les enquêteurs ont découvert que le réseau ciblait notamment des pièces de 500 FCFA et de 100 FCFA, des coupures de petite valeur facile à écouler dans les marchés, chez les petits commerçants et dans les transactions quotidiennes en espèces. La discrétion de ces coupures est précisément ce qui en fait une arme redoutable pour les faussaires : contrairement aux faux billets, les fausses pièces suscitent moins de méfiance de la part du grand public. L’enquête ouverte s’attachera désormais à reconstituer l’ensemble de la chaîne : ampleur de la production, réseaux de distribution, et éventuelles complicités ayant facilité la mise en circulation des pièces contrefaites dans l’économie informelle. Lire aussi : BEAC : un franc CFA numérique pour contrer les stablecoins en dollar Près de 100 millions FCFA en faux billets saisis à Yaoundé C’est dans l’arrondissement de Yaoundé II, au Carrefour Banane, qu’une seconde opération a été menée le 21 mai 2026 par les éléments du poste de gendarmerie d’Ahala. Un jeune homme de 21 ans a été intercepté en possession d’une quantité considérable de billets contrefaits soigneusement conditionnés. Le montant estimé des faux billets saisis avoisinerait les 100 millions de FCFA. Parmi les coupures découvertes figureraient non seulement des francs CFA, mais aussi des devises étrangères, des dollars américains et des francs suisses, selon les premières informations disponibles. Une diversité qui témoigne d’une logistique structurée, capable d’alimenter à la fois les marchés locaux et les circuits de change informels. Le suspect a été conduit dans une unité de gendarmerie pour y être auditionné, tandis que les investigations s’élargissent pour déterminer d’où provenaient ces billets et quels réseaux étaient impliqués dans leur fabrication et leur distribution. Lire aussi : Cameroun : l’inflation retombe à 2,9 %, une bouffée d’air pour l’économie Une criminalité monétaire qui s’adapte et se structure Ces deux opérations s’inscrivent dans une tendance préoccupante : la Gendarmerie nationale a multiplié les saisies significatives de fausse monnaie ces derniers mois, de Douala à Maroua dans l’Extrême-Nord. Ce qui frappe les autorités, c’est la capacité d’adaptation des réseaux frauduleux face aux nouvelles mesures de sécurité. Selon les services sécuritaires, une partie des coupures contrefaites saisies appartiendraient à la gamme « type 2020 » de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), mise en circulation dans la zone CEMAC à partir du 15 décembre 2022. Des billets pourtant conçus avec des dispositifs de sécurité renforcés, hologrammes, fils de sécurité, encres à effet optique variable. Le fait que des faussaires soient parvenus à en produire des imitations témoigne du niveau de sophistication atteint par certains réseaux. Les circuits informels, première ligne de fragilité

France-Afrique 23 milliards d'euros pour un nouveau départ

France-Afrique : 23 milliards d’euros pour un nouveau départ

Un sommet historique, des chiffres inédits. À Nairobi, Emmanuel Macron a scellé un partenariat économique massif avec le continent africain, marquant une rupture assumée avec la logique de l’aide traditionnelle. Il y avait quelque chose de symbolique à tenir ce sommet au Kenya. Pour la première fois, la France organisait son grand rendez-vous franco-africain en territoire anglophone . Un signal fort, presque une confession. Paris tire les conséquences de plusieurs années de revers cuisants en Afrique de l’Ouest : coups d’État au Mali, au Burkina Faso et au Niger, expulsion des troupes françaises remplacées par des partenaires russes, perte de la dernière grande base militaire sénégalaise en juillet dernier. Le vent a tourné. Et la France se réinvente. C’est dans ce contexte que le sommet Africa Forward a réuni, ces lundi 11 et mardi 12 mai à Nairobi, plus de 30 chefs d’État africains aux côtés d’Emmanuel Macron. Au programme : affaires, jeunesse, sport et une ambition clairement affichée de réécrire les règles du jeu. Lire aussi : BEAC : un franc CFA numérique pour contrer les stablecoins en dollar 23 milliards d’euros : la mécanique d’un chiffre. En clôturant le forum des affaires du sommet, Macron a lâché le chiffre : 23 milliards d’euros d’investissements pour l’Afrique, dont 14 milliards d’origine strictement française. Ces 14 milliards combinent des capitaux privés, entreprises, fondations, fonds d’investissement et des projets portés par les opérateurs publics de développement : l’AFD, Proparco et la Direction générale du Trésor. Les 9 milliards restants proviennent d’investisseurs africains eux-mêmes. Ces montants couvrent un spectre large : investissements directs, prises de participation, partenariats, mais aussi une palette complète d’instruments financiers, fonds propres, prêts, garanties et subventions. Résultat attendu : plus de 250 000 emplois directs créés, en France et sur le continent. Sept secteurs au cœur de la stratégie L’Élysée a publié une répartition détaillée des investissements. La transition énergétique capte la plus grande part avec 4,3 milliards d’euros, suivie du numérique et de l’intelligence artificielle (3,76 Md€) et de l’économie bleue (pêche, transport maritime, ressources océaniques : 3,3 Md€). L’agriculture bénéficie d’1 milliard d’euros, la santé de 942 millions. L’industrialisation et le secteur bancaire et financier complètent le tableau avec respectivement 300 et 250 millions d’euros. « Nous menons un combat commun » Assis aux côtés du président kenyan William Ruto lors d’une table ronde avec de jeunes entrepreneurs, Macron a posé les bases d’un nouveau discours : l’Afrique et la France sont des partenaires égaux, partageant des objectifs de souveraineté stratégique face aux États-Unis et à la Chine. « Je pense que nous menons un combat commun pour construire notre autonomie stratégique en Europe et en Afrique. Et si nous l’entreprenions ensemble, nous serions bien plus forts. » Emmanuel Macron, Africa Forward Summit 2026 L’investissement, plaide-t-il, doit désormais supplanter l’aide publique traditionnelle, que l’Europe n’est de toute façon plus en mesure de fournir en abondance. Le sommet n’était pas seulement une affaire de chefs d’État. Les patrons de TotalEnergies et Orange étaient présents, aux côtés de l’homme le plus riche d’Afrique, le milliardaire nigérian Aliko Dangote. Lors de la visite d’État de Macron à Nairobi, le groupe de transport maritime CMA CGM a annoncé un investissement de 700 millions d’euros pour moderniser un terminal au port de Mombasa. Lire aussi : Électricité au Cameroun : hausse de 15% pour les professionnels, les ménages épargnés

BEAC : un franc CFA numérique pour contrer les stablecoins en dollar

La BEAC veut créer un franc CFA numérique souverain pour contrer les stablecoins en dollar. Souveraineté monétaire, réserves de change, régulation crypto : tout ce qu’il faut savoir. Il y a une question qui agite désormais les banques centrales du monde entier, des gratte-ciel de Francfort aux buildings de Nairobi : qui contrôlera la monnaie numérique de son territoire demain ? Pour la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), la réponse est tranchée et elle ne laisse aucune place à l’ambiguïté : ce sera elle, et personne d’autre. Dakar, le signal d’une offensive souveraine C’est à Dakar, lors d’une conférence internationale organisée par la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest sur les crypto-actifs et les innovations numériques, que le gouverneur de la BEAC, Yvon Sana Bangui, a posé les termes de la bataille. Son message, formulé avec une clarté rare pour le monde feutré des banquiers centraux : pas de stablecoins privés libellés en dollar dans la zone CEMAC. À la place, un instrument numérique souverain, indexé à parité stricte sur le franc CFA. « Nous n’aurons qu’une parité : un franc CFA, un franc CFA numérique, adapté au cadre de coopération existant. C’est une question de souveraineté monétaire au niveau de la zone CEMAC », a-t-il déclaré lors de la table ronde des gouverneurs. La formule est lapidaire. Elle dit tout. Lire aussi : Électricité au Cameroun : hausse de 15% pour les professionnels, les ménages épargnés Pourquoi les stablecoins font peur à Yaoundé Pour comprendre l’enjeu, il faut saisir la spécificité de la zone CEMAC. Le Cameroun, le Gabon, le Tchad, le Congo, la Guinée équatoriale et la République centrafricaine partagent une même monnaie : le franc CFA. Sa dont la convertibilité est garantie dans le cadre d’une convention avec le Trésor français. Une architecture monétaire unique, fragile par construction, et que l’irruption massive de stablecoins en dollar viendrait directement menacer. Le mécanisme du risque est simple : un résident de la CEMAC qui utilise de l’USDT (le stablecoin de Tether adossé au dollar) doit mobiliser des devises étrangères pour alimenter son portefeuille numérique, souvent hébergé hors de la zone. Résultat : une fuite de devises, une pression accrue sur les réserves de change, et une banque centrale progressivement court-circuitée dans sa capacité à piloter la liquidité et les taux d’intérêt. Or, les réserves de la CEMAC ne sont pas au beau fixe. Ce que « franc CFA numérique » veut dire concrètement L’idée défendue par Yvon Sana Bangui repose sur un principe économique clair : répondre à la demande croissante d’actifs numériques sans déléguer l’émission monétaire à des acteurs privés. Un franc CFA numérique, indexé à parité stricte sur la monnaie existante, permettrait à la BEAC de conserver le contrôle de trois leviers essentiels : l’unité de compte, l’émission, et la liquidité. La BEAC travaille depuis plusieurs années sur l’hypothèse d’une monnaie numérique de banque centrale (CBDC). Le cadre réglementaire sous-régional est attendu en 2026. Pendant ce temps, l’expérience kényane sera suivie de près. Elle offre un banc d’essai grandeur nature sur la faisabilité d’une cohabitation régulée entre stablecoins privés et politiques monétaires souveraines. Lire aussi : Milly Nadège FOKAM : « Ma confiance en le Cameroun n’est pas naïve — elle est construite » Trois territoires, trois approches La conférence de Dakar a mis en lumière des stratégies nationales divergentes, révélatrices des dilemmes que chaque pays doit trancher. Le Kenya a choisi de jouer la carte de la régulation stricte plutôt que du rejet. Nairobi intègre les stablecoins dans un cadre juridique encadré par le Virtual Asset Service Providers Act, imposant aux émetteurs les exigences de capital les plus élevées, des réserves couvertes à 100%, dont au moins 30% en dépôts bancaires, et un droit de rachat à vue pour les détenteurs. Une approche pragmatique, dans un pays où les paiements mobiles ont depuis longtemps transformé les usages financiers. La Sierra Leone, elle, avance avec prudence : compréhensible pour un pays qui a connu un pic d’inflation à 54% en octobre 2023 avant de le ramener sous 5% en avril 2025. Ses autorités évaluent avec l’appui du FMI un cadre d’autorisation des stablecoins, sans se précipiter. La BEAC, enfin, incarne une troisième voie : proposer une alternative souveraine numérique plutôt qu’encadrer des instruments privés dont elle ne maîtrise pas l’émission. Derrière les débats techniques, la BEAC pose une question politique fondamentale, à laquelle toutes les banques centrales africaines vont devoir répondre : dans un monde où les paiements numériques transfrontaliers se généralisent, qui émettra la monnaie qui circulera dans les échanges. Une institution publique démocratiquement accountable, ou une entreprise privée américaine adossée au dollar ? Pour la CEMAC, la réponse est déjà tranchée. Reste maintenant à construire l’alternative.

Électricité au Cameroun hausse de 15% pour les professionnels, les ménages épargnés

Électricité au Cameroun : hausse de 15% pour les professionnels, les ménages épargnés

Le gouvernement camerounais prépare une hausse de 15% des tarifs d’électricité pour certains professionnels en basse tension. Ménages et petits commerces exclus. Tout ce qu’il faut savoir. Treize ans. C’est le temps qui s’est écoulé depuis la dernière révision des tarifs d’électricité en basse tension au Cameroun. Depuis 2012, les prix ont été gelés, pendant que les coûts de production, d’achat d’énergie et d’exploitation, eux, n’ont cessé de grimper. Cette situation a un prix, et ce prix, c’est l’État qui le paie, à hauteur de 79 milliards de FCFA de compensations tarifaires rien qu’en 2025. Le gouvernement a décidé que ça ne pouvait plus durer. Lire aussi : Cameroun : l’inflation retombe à 2,9 %, une bouffée d’air pour l’économie Un plan de restructuration présenté aux bailleurs de fonds C’est dans ce contexte que le ministère de l’Eau et de l’Énergie (Minee) a élaboré, en mars 2026, un plan de restructuration de l’ex-Eneo — rebaptisée Socadel — qui prévoit notamment une hausse de 15% des tarifs de l’électricité pour une catégorie bien précise de consommateurs. Ce document a été présenté aux partenaires financiers du secteur, dont les prêteurs du barrage de Nachtigal, lors d’une réunion tenue le 28 avril 2026 au ministère des Finances. La mesure ne s’adresse pas à tout le monde. Elle cible exclusivement les consommateurs professionnels en basse tension dont la consommation dépasse 220 kWh, autrement dit, les entreprises disposant d’équipements énergivores. Le rapport du Minee est explicite : les ménages ne seront pas affectés. De même, les petits garages, les petits instituts de beauté, les petits centres de santé et les petits commerces sont expressément exclus du champ d’application. Un ciblage chirurgical, donc, qui tente de concilier redressement financier et protection des consommateurs les plus vulnérables. Un rattrapage partiel, pas une révolution tarifaire Le gouvernement s’est efforcé de cadrer cette mesure comme un simple rattrapage partiel, et non comme une augmentation au coût réel du service. L’argument avancé : cette hausse de 15% resterait inférieure à l’inflation cumulée depuis 2012. En d’autres termes, la facture augmente, mais moins vite que la vie n’a renchéri depuis plus d’une décennie. L’impact financier attendu est significatif : 8,7 milliards de FCFA de revenus additionnels par mois à l’horizon 2028. De quoi contribuer à résorber le déficit structurel mensuel de l’opérateur, estimé à 13 milliards de FCFA, et alléger d’autant la pression sur les finances publiques, les compensations versées par l’État devant tomber à 39 milliards de FCFA en 2026, contre 79 milliards l’année précédente. Une réforme qui s’inscrit dans un mouvement plus large Cette hausse ciblée sur la basse tension n’est pas un événement isolé. Elle s’intègre dans une dynamique de réforme tarifaire engagée depuis 2023 par l’Agence de régulation du secteur de l’électricité (Arsel), qui a entamé un ajustement progressif des tarifs de la haute et de la moyenne tension vers les coûts réels de service. Résultats déjà enregistrés : 9 milliards de FCFA de trésorerie supplémentaire en 2023, 10 milliards en 2024, et environ 750 millions de FCFA par mois attendus en 2026. Depuis le 1er janvier 2024, les clients de moyenne tension, environ 2 000 abonnés industriels, soit moins de 0,1% du portefeuille total, ont déjà subi une première hausse : +5% pour les tranches entre 0 et 3 MW, et +10% entre 3 et 10 MW. Qualité de service : des engagements chiffrés Une hausse tarifaire sans amélioration de service serait politiquement invendable, et économiquement intenable. Le plan en est conscient. Il prévoit en parallèle une réduction mesurable des coupures d’électricité. Le SAIDI (durée cumulée des interruptions par client et par an) devrait passer de 51,5 heures à 45,8 heures d’ici 2027. Le SAIFI (fréquence des coupures) devrait quant à lui descendre de 20,1 à 18,3 interruptions annuelles par client sur la même période. Lire aussi : Turkish Airlines coupe 10 routes africaines : le choc du kérosène à +117% Un calendrier encore flou, des chantiers structurels en suspens Malgré tout, plusieurs zones d’ombre persistent. La date d’entrée en vigueur de la hausse, les modalités de facturation, les mécanismes de recours éventuels. Rien de tout cela n’a été officiellement communiqué. La mention d’un gain attendu à « l’horizon 2028 » laisse entrevoir une montée en charge progressive plutôt qu’une application brutale et immédiate. Sur le plan structurel, le plan identifie d’autres leviers complémentaires à l’ajustement tarifaire : raccordement de nouveaux industriels, lutte contre la fraude, recouvrement de créances publiques, refinancement de la dette. Il soulève également la question du mécanisme du prorata de TVA, qui pèse environ 10 milliards de FCFA par an sur l’opérateur et génère un stock de compensations non réglées atteignant 36,8 milliards de FCFA à fin 2025. Pour y remédier durablement, le document propose d’introduire dans la loi de finances 2027 un taux nul de TVA sur les tranches de consommation comprises entre 0 et 220 kWh. Le secteur électrique camerounais est à la croisée des chemins. Le plan de restructuration de Socadel esquisse une trajectoire : rééquilibrer progressivement les tarifs, améliorer la qualité de service, assainir les finances de l’opérateur. La route est longue, les défis immenses, mais pour la première fois depuis treize ans, quelque chose semble enfin bouger.

Turkish Airlines coupe 10 routes africaines le choc du kérosène à 117pourcent

Turkish Airlines coupe 10 routes africaines : le choc du kérosène à +117%

Turkish Airlines suspend 10 liaisons africaines dont Libreville et Pointe-Noire. En cause : une flambée du kérosène de +117% depuis les frappes sur l’Iran. Explication. En quelques semaines, le carburant d’aviation a doublé de prix sur les marchés mondiaux. Résultat : Turkish Airlines efface un cinquième de son réseau africain. Libreville, Pointe-Noire, et une dizaine d’autres destinations disparaissent des tableaux de départ. Ce n’est pas une crise passagère. C’est peut-être le début d’une recomposition profonde du ciel africain. Une décision qui est passée sous les radars Officiellement, Turkish Airlines parle d’ajustements saisonniers. Dans les faits, le transporteur turc vient d’annoncer la suspension de 18 liaisons internationales pour l’été 2026, dont une dizaine sur le continent africain. Parmi les victimes : Libreville au Gabon et Pointe-Noire au Congo, deux portes d’entrée névralgiques de la zone CEMAC. Le dernier vol sur la liaison phare Istanbul–Libreville–Pointe-Noire est calé au 6 juin 2026. Retour au mieux en octobre, voire en mars 2027 pour certaines escales. Pour une compagnie qui avait fait de l’Afrique un laboratoire de croissance depuis dix ans, c’est un recul brutal. L’architecture de ces lignes reposait sur des itinéraires triangulaires, Istanbul, puis plusieurs escales africaines enchaînées, permettant de rentabiliser des marchés à faible fréquentation. Supprimer un maillon, c’est souvent faire tomber toute la chaîne. 28 février 2026 : la date qui a tout changé Pour comprendre ce séisme, il faut remonter au 28 février 2026. Ce jour-là, des frappes américaines et israéliennes sur l’Iran déclenchent une paralysie partielle du détroit d’Ormuz, passage maritime par lequel transite près de 20 % du carburant d’aviation mondial. Le choc est immédiat et violent. Pour les compagnies aériennes, la facture carburant représentait déjà entre 25 et 30 % des coûts d’exploitation. Elle atteint désormais jusqu’à 45 %. Sur les routes africaines, les moins denses, les moins bien rémunérées, la rentabilité s’effondre en premier. L’Afrique : premier continent à payer la note Turkish Airlines affiche un chiffre d’affaires de 24 milliards de dollars en 2025, pour un bénéfice de 2,2 milliards. Avec de tels équilibres à préserver, le calcul devient froid : concentrer les capacités sur les routes les plus rentables, et sacrifier le reste, même si ce reste avait une valeur stratégique réelle. L’Afrique paie le prix de sa structure de marché : des flux passagers insuffisants pour absorber les surcoûts, des économies locales qui ne permettent pas de répercuter la hausse des tarifs, et une dépendance aux modèles optimisés, triangulaires, mutualisés, qui volent en éclats dès que le coût de base devient insoutenable. La compagnie turque n’est pas seule dans cette posture. Air France et KLM ont relevé leurs tarifs long-courriers. Lufthansa a prolongé ses suspensions vers le Moyen-Orient jusqu’à l’automne. En Asie, Air China et Cathay Pacific ont revu leurs grilles tarifaires à la hausse. Mais c’est en Afrique que les effets se lisent le plus clairement, et le plus tôt. Lire aussi : Cameroun : l’inflation retombe à 2,9 %, une bouffée d’air pour l’économie Ethiopian Airlines : 160 vols supprimés par semaine Pour mesurer l’ampleur réelle du choc, le cas d’Ethiopian Airlines est éclairant. Premier transporteur du continent africain, la compagnie a annulé jusqu’à 15 vols quotidiens vers le Moyen-Orient, soit plus de 160 rotations hebdomadaires effacées du programme. Ce sont entre 40 000 et 50 000 passagers touchés chaque semaine, pour des pertes estimées à 137 millions de dollars. Un chiffre qui donne le vertige. Face à cette crise, la décision de Turkish Airlines ressemble moins à un ajustement de calendrier qu’à un signal d’alarme. Un repli tactique qui préfigure peut-être des reconfigurations bien plus profondes du transport aérien africain dans les mois à venir. Un signal avancé, pas une anomalie À la hausse des coûts s’ajoute un deuxième facteur, plus insidieux : l’attentisme des voyageurs. Dans un contexte géopolitique instable, une partie des passagers reporte ses déplacements, en particulier vers des zones jugées incertaines. Moins de demande, plus de coûts : les compagnies se trouvent prises en étau. Si la crise du détroit d’Ormuz devait se prolonger ou s’aggraver, c’est l’ensemble de la carte du transport aérien africain qui pourrait être redessinée, à bas bruit, et sans que les voyageurs n’aient vraiment été prévenus.

Cameroun l'inflation retombe à 2,9pourcent, une bouffée d'air pour l'économie

Cameroun : l’inflation retombe à 2,9 %, une bouffée d’air pour l’économie

Le Cameroun affiche un taux d’inflation de 2,9 % en février 2026, passant sous le seuil CEMAC pour la première fois depuis mars 2022. Découvrez les causes, les disparités régionales et les perspectives. Pour la première fois depuis mars 2022, le Cameroun repasse sous le seuil d’inflation fixé par la CEMAC. Un signal encourageant, mais qui masque encore de fortes tensions sur les prix alimentaires et de nettes disparités entre les villes du pays. Un cap symbolique enfin franchi Selon la note mensuelle publiée par l’Institut national de la statistique (INS), le taux d’inflation au Cameroun s’est établi à 2,9 % en moyenne sur les douze derniers mois à fin février 2026. Un chiffre qui peut sembler anodin, mais qui revêt une portée considérable : c’est la première fois depuis mars 2022 que le pays repasse sous le seuil de 3 % imposé par la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). Après plusieurs années de tensions inflationnistes alimentées par les chocs post-pandémiques, les répercussions du conflit en Ukraine sur les prix de l’énergie et des matières premières, et les fragilités structurelles de l’économie locale, ce retour à la norme communautaire marque une inflexion significative. L’INS précise que cette tendance baissière s’est amorcée dès la fin de l’année 2025, après un léger rebond enregistré en novembre. Cette évolution confirme la trajectoire anticipée par le FMI, qui prévoit un taux de 2,9 % pour 2026, avec une stabilisation attendue autour de 2,5 % à moyen terme. Lire aussi : Café UCCAO : 1,05 milliard FCFA pour une usine XXL à Bafoussam L’alimentation reste le talon d’Achille Si la dynamique globale est rassurante, le tableau reste contrasté pour les ménages camerounais. Les produits alimentaires continuent d’exercer une pression à la hausse significative, avec une progression de 6,3 % sur douze mois. Les produits frais affichent même une hausse de 9,9 %, une réalité qui pèse lourdement sur le budget des familles à revenus modestes. L’INS pointe du doigt le poids de ces produits dans la consommation des ménages, mais aussi leur forte sensibilité aux conditions d’approvisionnement, aux coûts de transport et aux aléas climatiques qui affectent la production. Du côté de l’énergie, la hausse reste plus contenue, à +1,6 %. L’analyse par origine des produits révèle une inflation davantage domestique qu’importée : les biens et services produits localement ont vu leurs prix grimper de 3,4 %, contre seulement 1,7 % pour les produits importés. Ce décalage traduit des tensions internes liées à l’augmentation des coûts de production et aux contraintes logistiques qui pèsent sur le tissu économique national. Des prix qui varient selon les villes L’une des données les plus frappantes du rapport de l’INS est l’hétérogénéité des situations selon les régions. Le prix de la vie n’augmente pas au même rythme à Maroua qu’à Ngaoundéré ou Bamenda : Ces écarts s’expliquent principalement par les différences de coûts de transport, la disponibilité locale des produits et les contraintes logistiques propres à chaque bassin de vie. Les villes enclavées ou situées dans des zones de tension, comme Bamenda, payent un surcoût inflationniste structurel. Vers une stabilisation durable ? Ce retour sous la barre symbolique des 3 % est une bonne nouvelle pour la crédibilité économique du Cameroun au sein de la zone CEMAC. Il témoigne d’un retour progressif à la discipline monétaire et d’une modération des pressions sur les prix, même si des défis structurels subsistent, notamment en matière d’accès à l’alimentation et de compétitivité des filières locales. Le FMI table sur une stabilisation de l’inflation autour de 2,5 % à moyen terme, un objectif atteignable si les réformes en cours sur la logistique, la production agricole et la politique budgétaire produisent leurs effets. Pour les Camerounais, la vraie question reste de savoir quand ce recul de l’inflation se traduira concrètement en un répit pour leur pouvoir d’achat quotidien.

Cameroun : 856 milliards FCFA pour transformer les montagnes de déchets en or vert

Thermosun Cameroun et Blue Energy Holding veulent investir plus de 856 milliards FCFA pour valoriser les déchets de Yaoundé et Douala. Électricité, biocarburants, engrais : un projet industriel XXL qui pourrait révolutionner la gestion des ordures au Cameroun. Elles s’amoncellent chaque jour un peu plus, encombrant les artères des grandes villes, polluant les bas-fonds et empoisonnant la vie des riverains. Les montagnes d’ordures de Yaoundé et de Douala sont devenues le symbole d’un défi que le Cameroun peine à relever. Mais voilà que dans les coulisses du pouvoir, deux entreprises privées préparent une révolution. Leur pari ? Faire du déchet une ressource. Leur ambition ? Investir plus de 856 milliards de FCFA pour transformer les poubelles des métropoles en électricité, en carburant et en engrais. Bienvenue dans l’ère naissante de l’économie circulaire à la camerounaise. Deux projets, une même vision C’est un dossier qui pourrait changer la donne environnementale du pays. Thermosun Cameroun et Blue Energy Holding, deux entreprises locales, sont en négociation avancée avec l’État pour lancer des unités industrielles de valorisation des déchets. Ensemble, elles pèsent un investissement cumulé de 856 milliards FCFA. De quoi faire du Cameroun un pionnier en Afrique centrale dans le traitement moderne des ordures. Car le constat est implacable : Yaoundé et Douala produisent chaque jour des milliers de tonnes de déchets qui, faute d’infrastructures adaptées, finissent dans des décharges sauvages ou polluent les eaux. Mais pour ces deux entreprises, ce qui est un problème pour les uns est une mine d’or pour les autres. Thermosun Cameroun : 276 milliards pour une usine industrielle Le premier projet, porté par Thermosun Cameroun, prévoit la construction de deux unités industrielles à Yaoundé et Douala. L’infrastructure, pensée comme une usine à tout faire, intégrerait un système de collecte capable d’aspirer jusqu’à 1 500 tonnes de déchets par jour. Chaque jour ! Soit l’équivalent de plusieurs centaines de camions-bennes déversant leur chargement dans des installations ultramodernes. Au final, ce sont 833 tonnes qui seraient traitées quotidiennement, soit près de 280 000 tonnes par an. Et rien ne se perd, tout se transforme. Les déchets, triés et traités, deviendraient de l’engrais pour l’agriculture, de l’électricité pour alimenter les foyers, et du biocarburant pour faire rouler les véhicules. L’investissement pour cette première phase est estimé à 276 milliards FCFA. Mais avant de sortir le carnet de chèques, les discussions se poursuivent avec l’État sur le cadre d’exploitation. Qui gère quoi ? Comment financer ? Les réponses à ces questions détermineront si ce rêve industriel deviendra réalité. Blue Energy Holding : 580 milliards pour électrifier le pays Pendant que Thermosun peaufine son dossier, Blue Energy Holding prépare un projet encore plus colossal. 580 milliards FCFA d’investissement pour traiter jusqu’à 3 000 tonnes de déchets par jour. À la clé, une production annuelle d’électricité estimée à 912,5 gigawattheures. De quoi alimenter des milliers de foyers, mais aussi, ambition affichée, des futurs bus électriques qui circuleraient dans les grandes villes. L’entreprise ne compte pas s’arrêter là. Son projet intègre l’acquisition de 1 000 camions fonctionnant au biogaz ou au biodiesel, l’installation de 10 000 bacs à ordures modernes pour fluidifier la collecte, et la mise en place d’une centrale électrique indépendante. Bref, une refonte complète de la chaîne de gestion des déchets dans les deux métropoles. Reste un obstacle de taille : le financement. Blue Energy Holding est encore en quête de capitaux et discute notamment avec des agences suédoises. Ces dernières conditionnent leur soutien à une contrepartie publique de 30 %, soit environ 174 milliards FCFA. Un point de blocage qui, s’il est levé, pourrait débloquer la situation. Un marché encore à construire Si ces deux projets se concrétisent, le Cameroun ferait un bond de géant dans la gestion de ses déchets urbains. Aujourd’hui, la filière de valorisation industrielle y est encore embryonnaire. Les initiatives existantes sont souvent artisanales ou limitées à quelques quartiers. L’arrivée d’opérateurs de cette envergure structurerait une véritable industrie, créant des milliers d’emplois directs et indirects. Mais les défis sont nombreux. Le cadre juridique et réglementaire du traitement des déchets doit encore être clarifié. Les contrats d’exploitation, les modalités de financement public-privé, les garanties de l’État : autant de sujets sensibles qui se négocient actuellement dans les bureaux des ministères. Il y a aussi la question de la collecte. Pour qu’une usine de valorisation tourne, il faut lui fournir des tonnes de déchets chaque jour. Cela suppose une organisation sans faille, des camions, du personnel, des bacs adaptés. Une logistique à repenser entièrement. L’économie circulaire comme horizon Pourtant, l’enjeu dépasse le seul cadre industriel. Dans un contexte de transition écologique mondiale, savoir transformer ses déchets en ressources, c’est aussi gagner en souveraineté. Moins de pollution, moins d’importation d’engrais chimiques, une électricité produite localement à partir de ce que l’on jette. Les promoteurs de ces projets le savent : ils ne vendent pas seulement une usine, ils vendent une vision. Celle d’un Cameroun où les montagnes d’ordures qui enlaidissent les quartiers deviennent des mines urbaines, où les poubelles d’aujourd’hui alimentent les moteurs de demain. Reste à transformer l’essai. Les négociations en cours avec l’État, les recherches de financements, les arbitrages politiques : tout cela dira si ces 856 milliards FCFA d’investissement passeront de la feuille de calcul à la réalité du terrain. En attendant, une chose est sûre : le débat sur les déchets, longtemps relégué au rang de problème technique, entre enfin dans l’ère industrielle. Et si tout se joue dans les prochains mois, le Cameroun pourrait bien offrir à l’Afrique un modèle de ce que l’on appelle désormais la « transition verte ».

Café UCCAO : 1,05 milliard FCFA pour une usine XXL à Bafoussam

L’UCCAO inaugure une usine de torréfaction de café à Bafoussam, un investissement de 1,05 milliard FCFA. Découvrez comment cette unité de transformation veut booster la filière café au Cameroun, créer des emplois et concurrencer l’importation. C’est une odeur qui a longtemps fait la fierté du Cameroun. Celle du café, qui réveillait les matins et faisait tourner les économies locales. Pendant des années, cette arôme a été mise en sourdine, étouffée par les difficultés d’une filière laissée en jachère. Mais ce 12 mars à Bafoussam, dans la capitale des Hauts-Plateaux, le café camerounais a repris des couleurs. Et même, une sacrée puissance de feu. Au milieu des collines verdoyantes de l’Ouest, le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Gabriel Mbaïrobé, a coupé le ruban d’une infrastructure qui change la donne. L’Union centrale des coopératives agricoles de l’Ouest (UCCAO) vient de mettre en service une usine de torréfaction dernier cri. Coût de l’opération : 1,05 milliard de FCFA. Un montant qui donnerait le vertige à certains peut-être, mais qui dit bien l’ambition : faire du Cameroun un champion de la transformation locale. Une usine XXL pour réveiller la filière Entrer dans cette nouvelle unité, c’est comme pénétrer dans le ventre d’un géant silencieux mais efficace. Ici, tout est pensé pour la performance. La bête peut avaler six tonnes de café en huit heures. Six tonnes ! Du grain brut à la poudre prête à être vendue, en passant par le décorticage et le calibrage. Et ce, pour les deux variétés qui font la réputation du terroir camerounais : l’arabica, doux et parfumé, et le robusta, puissant et corsé. L’automatisation est totale. Fini le temps du traitement artisanal qui limitait les volumes. C ette usine est un concentré de technologie, un pari sur l’avenir financé par un montage original : l’État camerounais a mis 700 millions de FCFA dans la corbeille, tandis que l’UCCAO a sorti 350 millions de ses propres caisses. Public-privé, main dans la main, pour redonner ses lettres de noblesse à une filière qui en avait bien besoin. L’heure de la revanche sur l’importé Pour Gabriel Mbaïrobé, le message était clair en coupant le ruban : « Cette unité, c’est du concret. » Du concret pour les producteurs, qui voient enfin s’ouvrir des débouchés stables. Du concret pour l’emploi, avec des postes directs et indirects qui vont fleurir dans la région. Et du concret pour la stratégie nationale, celle de l’import-substitution. Car le ministre ne s’est pas arrêté à cette inauguration. Il a sorti de sa manche un atout de taille : bientôt, une chaîne dédiée à la production de café instantané viendra compléter l’offre. L’objectif ? Réduire drastiquement la dépendance du Cameroun aux poudres importées qui envahissent les étals. Fini le temps où l’on achetait à l’étranger ce que l’on sait si bien produire chez soi. L’usine de Bafoussam devient le fer de lance d’une reconquête : celle des tasses et des palais camerounais. Un parfum de renaissance Cette inauguration sent bon la revanche. Depuis la libéralisation du secteur, la filière café camerounaise a traversé des années noires. Production en berne, producteurs découragés, qualité parfois sacrifiée sur l’autel de la survie. Mais les derniers chiffres donnent le sourire : en 2025, les volumes commercialisés ont grimpé à 11 637 tonnes. Soit une hausse de 10 %. La valeur, elle, a explosé pour atteindre 3,5 milliards de FCFA, plus du triple des années précédentes. Un rebond spectaculaire porté par le robusta, ce segment où le Cameroun veut aujourd’hui assoyer sa domination régionale. Derrière ces chiffres, il y a des hommes et des femmes. Les producteurs de l’Ouest, qui retrouvent une fierté. Les coopératives, qui voient enfin la valeur ajoutée rester sur le territoire. Et l’UCCAO, qui avec cette unité, envoie un signal fort : le café camerounais ne se contente plus d’être une matière première envoyée à l’autre bout du monde pour y être transformé. Il veut exister chez lui, dans sa version la plus aboutie, la plus noble. La promesse d’un café 100 % Cameroun L’enjeu, au fond, dépasse la simple économie. Il est aussi une question de réputation. Le café camerounais jouit encore d’une aura certaine sur les marchés internationaux. Mais cette aura doit être préservée, choyée, portée par une transformation locale qui garantit la qualité. En maîtrisant toute la chaîne, du champ à la tasse, l’UCCAO et ses partenaires publics posent les jalons d’une souveraineté aromatique. Alors, certes, les défis restent nombreux. Stabiliser la production, former les producteurs, séduire les consommateurs locaux habitués aux goûts importés. Mais à Bafoussam, ce 12 mars, le café était plus qu’une boisson. Il était un symbole. Celui d’une filière qui se redresse, qui investit, qui croit en son avenir. Et qui, désormais, a une usine à la hauteur de ses ambitions.

Chine–Afrique : le coup de maître tarifaire de Xi Jinping qui bouscule le commerce mondial

Chine–Afrique : le coup de maître tarifaire de Xi Jinping qui bouscule le commerce mondial

À partir du 1er mai 2026, la Chine supprime tous ses droits de douane sur les importations africaines. Une mesure historique annoncée par Xi Jinping, mais dont l’impact réel suscite déjà le scepticisme des experts. Décryptage. Le 14 février dernier, tandis que les chefs d’État africains se retrouvaient à Addis-Abeba pour le 39e sommet annuel de l’Union africaine, le président chinois Xi Jinping leur adressait un message qui sonnait comme une déclaration d’amour commercial. A compter du 1er mai 2026, la Chine appliquera un régime de tarif zéro sur l’ensemble de ses importations en provenance des 53 pays africains avec lesquels elle entretient des relations diplomatiques. Un geste fort. Un geste calculé. Et, pour beaucoup d’analystes, un geste dont les effets risquent de rester bien en deçà des promesses. Lire aussi : Taxe GAFA Cameroun : un impôt de 3% sur le CA des géants du numérique dès 2026 Une annonce géopolitique autant qu’économique Il serait naïf de lire cette décision à travers le seul prisme commercial. Dans un contexte de guerre tarifaire relancée par l’administration Trump, Pékin envoie un signal clair au reste du monde. La Chine, elle, choisit l’ouverture. L’initiative avait été esquissée une première fois en juin 2025, sans que la date d’entrée en vigueur soit précisée. C’est désormais chose faite. Ce traitement préférentiel ne s’applique pas à l’Eswatini (ex-Swaziland), dernier allié africain de Taïwan. Un détail diplomatique révélateur des lignes de fracture qui demeurent, même dans les grandes déclarations d’amitié. Pour les pays africains à revenus intermédiaires comme le Kenya, l’Afrique du Sud, Nigeria, Égypte, Maroc, c’est une première. Ces économies, qui faisaient face à des droits de douane chinois pouvant grimper jusqu’à 25 %, obtiennent enfin un accès franc à l’un des plus grands marchés de la planète. Les 33 pays africains classés parmi les Pays les Moins Avancés (PMA), eux, bénéficiaient déjà de ce régime depuis le 1er décembre 2024. Des chiffres qui donnent le vertige… et qui inquiètent Pour comprendre les enjeux, il faut d’abord regarder les chiffres en face. En 2025, le commerce bilatéral entre la Chine et l’Afrique a atteint 348 milliards de dollars, en hausse de près de 18 % sur un an. Une performance impressionnante, sauf qu’elle masque un déséquilibre abyssal. Les exportations chinoises vers l’Afrique ont bondi de 25,8 % pour frôler les 225 milliards de dollars. En face, les importations africaines par la Chine n’ont progressé que de 5,4 %, à 123 milliards de dollars. Résultat : le déficit commercial de l’Afrique avec la Chine a littéralement explosé, atteignant un record de 102 milliards de dollars, soit une hausse de 64,5 % en un an. La structure de ces échanges, quasi inchangée depuis deux décennies, dit tout : la Chine exporte des produits à haute valeur ajoutée (textile, électronique, machines), quand l’Afrique lui vend essentiellement du pétrole brut, des minerais et des produits agricoles non transformés. Et encore, cette réalité se concentre sur un nombre limité de pays : Angola, République démocratique du Congo, Afrique du Sud, qui monopolisent l’essentiel des exportations du continent vers Pékin. Lire aussi : Côte d’Ivoire : Rema, le protocole de paiement Bluetooth sans Internet inventé par quatre étudiants Zéro tarif, mais impact limité ? C’est là où le bât blesse. Supprimer les droits de douane sur des matières premières qui en étaient déjà très peu taxées, c’est un peu comme offrir un accès gratuit à une autoroute qui était déjà presque gratuite. L’effet risque d’être symboliquement fort, mais économiquement modeste. La Banque africaine d’import-export (Afreximbank) l’a d’ailleurs dit clairement dans un rapport publié en novembre 2025. Pour que l’Afrique tire vraiment profit de cette ouverture, des réformes structurelles profondes s’imposent. Il faut développer des chaînes de valeur régionales notamment la transformation agricole, l’industrie légère, le raffinage de minerais. Il faut également moderniser les infrastructures logistiques (zones portuaires, corridors ferroviaires, entrepôts frigorifiques), adapter l’offre aux nouvelles attentes des consommateurs chinois, et sécuriser le financement des exportations par des mécanismes comme l’assurance-crédit ou les prêts en yuan. Le moment de passer des mots aux actes L’initiative chinoise est réelle, et son signal politique ne doit pas être sous-estimé. Mais elle ne suffira pas, seule, à rééquilibrer une relation commerciale structurellement asymétrique. Ce que cette annonce offre à l’Afrique, c’est avant tout une fenêtre d’opportunité, pas une garantie de prospérité. La véritable question n’est pas ce que Pékin fait pour l’Afrique, mais ce que l’Afrique fera pour elle-même, à travers ses propres réformes, ses propres investissements, et sa capacité à monter en gamme dans les échanges avec son premier partenaire commercial. Le tarif zéro ouvre la porte. Reste à construire ce qu’on y apportera.

Côte d'Ivoire Rema le protocole de paiement Bluetooth sans Internet inventé par quatre étudiants

Côte d’Ivoire : Rema, le protocole de paiement Bluetooth sans Internet inventé par quatre étudiants

Découvrez Rema, l’innovation ivoirienne qui permet de payer sans connexion internet grâce au Bluetooth. Une invention portée par quatre étudiants pour l’inclusion financière en Afrique. Et si l’avenir du paiement mobile en Afrique passait par le Bluetooth ? C’est le pari audacieux et déjà réussi de quatre étudiants ivoiriens de l’Université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan. Âgés de 18 à 21 ans, Jean-Luc Adjo, Djiablé Luc Olivier Jaurès, Ariel Kouakou Placide et Konaté Ibrahim Junior viennent de lancer le Protocole Rema. Leur invention : un système de paiement numérique qui fonctionne sans aucune connexion internet, en utilisant simplement la technologie Bluetooth présente sur presque tous les téléphones. Leur objectif est clair et ambitieux : éradiquer la fracture financière dans les zones blanches, ces régions où l’accès au réseau est inexistant ou trop instable pour les transactions mobiles classiques. Alors que près de 40% du continent africain souffre encore de ce déficit de connectivité, Rema propose de transformer le cash physique en argent numérique sécurisé et traçable, ouvrant la voie à une inclusion financière véritablement totale. Lire aussi : Taxe GAFA Cameroun : un impôt de 3% sur le CA des géants du numérique dès 2026 Comment ça marche ? La magie du Bluetooth au service de l’inclusion Le principe est d’une simplicité désarmante pour l’utilisateur. Pour payer, il suffit d’activer le Bluetooth entre deux téléphones, même en mode avion. L’argent numérique, sécurisé par une clé cryptographique unique (AES-256), est transféré d’un appareil à l’autre. Chaque transaction génère un identifiant unique (UUID) et la donnée, même interceptée, reste illisible sans la clé privée stockée dans l’enclave sécurisée du téléphone. « Nous traduisons les propriétés du cash physique – instantanéité, indépendance du réseau – vers le numérique, en y ajoutant la traçabilité et la sécurité », explique Konaté Ibrahim Junior, le CEO et CTO du projet. L’innovation va plus loin : en cas de perte ou de vol du téléphone en zone hors-ligne, un système d’audit mathématique basé sur l’historique des recharges permet à l’utilisateur de récupérer son argent, une garantie impossible avec les espèces. Une genèse improbable : de la psychologie et de l’économie au code pur L’histoire de Rema est un véritable conte moderne. Elle naît en 2025 lors d’un design sprint organisé par la Caisse des Dépôts de Côte d’Ivoire. L’équipe, initialement composée de sept étudiants (dont trois femmes) en psychologie et en économie, ne remporte pas le financement, mais son idée bluffe le jury. Sans formation en informatique, mais portés par une conviction inébranlable, les quatre amis décident d’apprendre à coder en autodidactes. Avec une mise de départ de seulement 20 euros pour un abonnement à une intelligence artificielle générative (Gemini AI de Google), ils conçoivent et développent un prototype fonctionnel en à peine 5 mois. « L’IA a été notre accélérateur, mais notre formation en psychologie nous a aidés à comprendre les besoins profonds des utilisateurs », témoigne Konaté. Lire aussi : Cameroun : Exonération des droits de douane pour les équipements des start-up en 2026 Une ambition de partenaire, pas de concurrent La démarche des jeunes fondateurs est stratégique. Ils ne se positionnent pas comme une nouvelle fintech en concurrence avec les géants du mobile money, mais comme un tech-provider (fournisseur de technologie). Leur objectif est de fournir leur protocole sous forme de kit logiciel (SDK) que les Émetteurs de Monnaie Électronique (EME) existants pourront intégrer à leurs propres applications. « Nous ne voulons pas créer une nouvelle application, mais devenir le standard technologique qui sécurise et permet les transactions hors-ligne pour toutes les plateformes », précise Jean-Luc Adjo, responsable des affaires commerciales. Cette approche collaborative a déjà attiré l’attention de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). Au-delà des paiements : la « lumière » pour une Afrique souveraine Le nom « Rema », qui signifie « révélation » ou « lumière » dans une langue locale, symbolise bien leur ambition. Leur vision dépasse la simple transaction. Ils planchent déjà sur une version 2.0 du protocole capable de transférer des données de santé de manière sécurisée et hors-ligne, ouvrant des perspectives immenses pour la télémédecine en zones reculées. Soutenus par leurs familles dans un parcours où les sciences humaines ont rencontré la tech, ces quatre étudiants incarnent une nouvelle génération d’innovateurs africains : agiles, pragmatiques, et déterminés à résoudre les problèmes de leur continent avec les moyens de leur époque. Leur prototype fonctionne. Leur prochain défi : lever des fonds pour industrialiser la solution et recruter des talents seniors, afin que la lumière Rema éclaire bien au-delà des frontières ivoiriennes.

AGOA prorogé jusqu'en 2028 : un sursis pour le commerce États-Unis-Afrique dans l'ombre de la Chine

AGOA prorogé jusqu’en 2028 : un sursis pour le commerce États-Unis-Afrique dans l’ombre de la Chine

La Chambre des Représentants américaine adopte l’AGOA Extension Act, proposant une prorogation de 3 ans jusqu’à fin 2028. Analyse d’un outil commercial devenu un levier de guerre économique contre Pékin. C’est un sursis, pas une renaissance. Le 12 janvier 2026, la Chambre des Représentants américaine a adopté le projet de loi H.R. 6500 – AGOA Extension Act. Ce texte, porté par les républicains, ouvre la voie à une prorogation de trois ans de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA), jusqu’au 31 décembre 2028. Après son expiration fin septembre 2025, cette décision apporte une bouffée d’oxygène aux échanges commerciaux entre les États-Unis et l’Afrique subsaharienne. Mais derrière cette extension technique se cache un changement d’époque. L’AGOA, pierre angulaire des relations commerciales depuis l’an 2000, n’est plus seulement un outil de développement. Il est désormais officiellement perçu à Washington comme un instrument de sécurité économique et nationale. Le contexte est clair : la rivalité stratégique avec la Chine redéfinit toutes les politiques, y compris celles envers l’Afrique. La Chine, l’ombre portée sur le vote américain Le timing du vote n’est pas un hasard. Il intervient alors que la Chine a considérablement renforcé son attractivité en instaurant une politique de « zéro droit de douane » pour les exportations de 53 pays africains. Face à cette offensive commerciale agressive, le Congrès américain a senti le besoin d’agir pour éviter un décrochage durable de l’influence économique américaine sur le continent. L’enjeu est désormais clairement nommé dans les documents accompagnant la loi : les minerais critiques. L’Afrique concentrerait environ 30% des ressources mondiales essentielles à la transition énergétique, aux technologies de pointe et à l’industrie de défense. Pékin aurait déjà investi 8 à 10 milliards de dollars pour sécuriser ces chaînes d’approvisionnement. L’AGOA devient ainsi un levier pour contrer cette emprise et maintenir une porte d’entrée américaine sur ces ressources stratégiques. Lire aussi : Cameroun : Exonération des droits de douane pour les équipements des start-up en 2026 Une prorogation courte qui laisse toutes les options ouvertes Contrairement aux projets de réforme ambitieux évoqués ces dernières années – comme une extension jusqu’en 2041 –, cette prorogation de trois ans est un compromis tactique. Elle offre une visibilité minimale aux entreprises des deux continents tout en laissant au prochain Congrès et à l’exécutif le temps de négocier une refonte plus profonde. Cette courte durée reflète aussi les tensions internes américaines. D’un côté, le lobby des affaires, mené par la Chambre de Commerce, a fait pression pour sauvegarder un accord qui soutient des milliers d’emplois américains et diversifie les chaînes d’approvisionnement hors de Chine. De l’autre, une aile plus protectionniste, alignée sur la doctrine « America First » de Donald Trump, rechigne à accorder des avantages commerciaux unilatéraux sans contreparties claires. Le piège des surtaxes présidentielles : un avantage compétitif fragile Le texte adopté comporte une clause cruciale, souvent passée sous silence. La prorogation de l’AGOA ne limite en rien les pouvoirs du président en matière tarifaire. Concrètement, si un produit africain entre en franchise de droits grâce à l’AGOA, l’exécutif américain conserve le pouvoir de lui imposer une surtaxe unilatérale pour des motifs de « sécurité nationale » ou de protection de l’industrie locale. Cette disposition vide en partie l’AGOA de sa substance. Elle crée une insécurité juridique permanente pour les exportateurs africains. Leur avantage compétitif peut être annulé du jour au lendemain par un décret présidentiel, comme cela a été le cas pour l’acier et l’aluminium sous Trump. L’accès au marché américain reste donc un privilège révocable à tout moment.

Cameroun Exonération des droits de douane pour les équipements des start-up en 2026

Cameroun : Exonération des droits de douane pour les équipements des start-up en 2026

Bonne nouvelle pour l’écosystème startup camerounais : les droits de douane sur l’importation d’équipements sont supprimés depuis le 1er janvier 2026. Conditions et modalités d’accès. C’est une mesure tangible pour l’écosystème entrepreneurial. Depuis le 1er janvier 2026, le Cameroun a supprimé les droits de douane sur l’importation des biens d’équipement destinés aux start-up. Cette décision, inscrite dans la circulaire d’exécution du budget 2026 signée par le ministre des Finances Louis Paul Motazé, vise explicitement à « promouvoir l’emploi des jeunes et lutter contre le chômage ». Elle répond à une revendication de longue date des promoteurs, qui dénonçaient une fiscalité pesante étouffant l’innovation. Concrètement, cette exonération concerne les matériels et équipements nécessaires au développement et au fonctionnement des jeunes entreprises innovantes. Pour le ministre, il s’agit d’un signal fort envoyé aux entrepreneurs, dans un contexte où la création d’entreprise est présentée comme une solution-clé face au défi de l’emploi des jeunes. Des conditions strictes pour éviter les dérives Cette exonération n’est pas un chèque en blanc. Le gouvernement a posé des critères d’éligibilité stricts pour en bénéficier et prévenir d’éventuels abus. Cette double condition – agrément et inscription – vise à cibler les acteurs structurés et reconnus, et à encadrer rigoureusement le processus. Lire aussi : Cameroun/nouvelle taxe des créateurs de contenu : Ce qui pourrait freiner sa mise en place Une bouffée d’oxygène dans un environnement des affaires difficile Si elle est bien mise en œuvre, cette mesure représente une bouffée d’oxygène financière non négligeable. Les droits de douane, souvent calculés sur la valeur CAF (coût, assurance, fret) des équipements, peuvent alourdir considérablement le coût d’un projet. Les exonérer réduit le besoin en capital de départ et améliore la trésorerie des jeunes pousses, leur permettant d’investir davantage dans le recrutement, la R&D ou le marketing. Toutefois, cette avancée fiscale ne doit pas masquer les autres obstacles structurels persistants. Les entrepreneurs citent régulièrement la difficulté d’accès au crédit bancaire, les coupures d’électricité récurrentes et le coût encore élevé de la connexion internet haut débit comme des freins majeurs. La suppression des droits de douane est un levier important, mais elle doit s’inscrire dans une stratégie globale d’amélioration du climat des affaires. Un test pour l’administration et un signal à l’écosystème Le succès de cette mesure dépendra largement de son application sur le terrain. La procédure de validation préalable des listes de matériel par les douanes et les ministères techniques sera-t-elle rapide, transparente et prévisible ? Ou deviendra-t-elle un nouveau goulot d’étranglement bureaucratique ? La célérité de l’administration sera un premier indicateur de la volonté réelle de l’État de soutenir les start-up. Pour l’écosystème – incubateurs, investisseurs, entrepreneurs – cette décision est avant tout un signal politique positif. Elle reconnaît la valeur économique des start-up et leur rôle dans la transformation numérique du pays. Elle pourrait inciter des porteurs de projets à se formaliser pour bénéficier de cet avantage, contribuant ainsi à structurer davantage le secteur. En supprimant cette barrière tarifaire, le Cameroun s’aligne sur les bonnes pratiques observées dans d’autres pays pour dynamiser l’innovation. Reste à voir si cette mesure fiscale ciblée sera suffisante pour catalyser une véritable vague entrepreneuriale, ou si elle devra être rapidement complétée par des réformes plus profondes sur l’énergie, le financement et la connectivité.

Cameroun/nouvelle taxe des créateurs de contenu : Ce qui pourrait freiner sa mise en place

Le ministre des Finances Louis Paul Motaze a annoncé l’imposition des créateurs de contenu camerounais en 2026. Un projet encore flou, basé sur les revenus publicitaires, la monétisation des comptes et le nombre d’abonnés. Décryptage d’une mesure controversée. Le budget 2026 du Cameroun s’accompagne d’une annonce qui fait l’effet d’une bombe dans la communauté numérique. Mardi 13 janvier, le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, a déclaré que les créateurs de contenus seraient désormais soumis à l’impôt. Le critère ? Un mélange surprenant entre les « revenus publicitaires générés » et le « nombre d’abonnés ». Cette formulation immédiatement problématique jette un flou total sur l’application de la mesure et révèle une méconnaissance des mécanismes de l’économie créative en ligne. Car un abonné n’est pas un revenu. Un influenceur avec 10 000 followers engagés peut gagner bien plus qu’un créateur avec 100 000 abonnés passifs. Comment le fisc fera-t-il la distinction ? Pire encore : la mesure vise aussi les « autres utilisateurs des réseaux sociaux ». Où s’arrête la limite ? Un enseignant diffusant des cours, un pasteur partageant ses prêches, deviendront-ils imposables du simple fait de leur audience ? L’absence de cadre précis transforme cette annonce en une épée de Damoclès fiscale suspendue au-dessus de milliers de Camerounais. Lire aussi : Taxe GAFA Cameroun : un impôt de 3% sur le CA des géants du numérique dès 2026 Le défi colossal de l’application L’application concrète de cette taxe se heurte à des obstacles techniques majeurs : Quelle alternative pour une taxation juste et efficace ? Le ministre Motaze a raison de souligner que l’économie numérique ne peut rester une zone de non-droit fiscal. Cependant, une réforme réfléchie est nécessaire. Les alternatives possibles incluent : La question fondamentale reste posée : l’État camerounais cherche-t-il à réguler intelligemment un secteur d’avenir, ou ouvre-t-il simplement une nouvelle ligne budgétaire sans se donner les moyens techniques et juridiques de la rendre juste et applicable ? La balle est dans le camp du gouvernement pour apporter des clarifications urgentes et construire un dialogue avec les acteurs concernés.

CamerounImmobilier les « démarcheurs » informels devront désormais payer la TVA

Cameroun/Immobilier : les « démarcheurs » informels devront désormais payer la TVA

Nouvelle mesure fiscale au Cameroun : les « démarcheurs » immobiliers informels doivent désormais payer la TVA. Objectif : équité fiscale et élargissement de l’assiette de l’Etat. Détails et défis d’application. Le gouvernement camerounais lance une offensive inédite sur un marché longtemps resté dans l’ombre. Avec la loi de finances 2026, les fameux « démarcheurs » immobiliers, ces intermédiaires informels omniprésents dans les villes, entrent officiellement dans le champ de l’impôt. Désormais, toute personne exerçant de manière « habituelle et lucrative » des activités de promotion ou d’intermédiation immobilière, même sans agrément, sera assimilée à un professionnel du secteur. Sa rémunération sera soumise à la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA), au taux standard de 19,25%. Cette décision, officialisée par le ministre des Finances Louis Paul Motazé dans une circulaire du 31 décembre 2025, vise à combler un vide juridique et fiscal. Elle cherche à intégrer dans l’économie formelle une activité qui génère des flux financiers importants, mais échappait jusqu’ici à toute taxation systématique. Le gouvernement y voit un impératif d’équité fiscale pour mettre fin à la « concurrence déloyale » qui pénalise les agences immobilières agréées. Un défi colossal de traçabilité et de contrôle Si l’intention est claire, sa mise en œuvre s’annonce comme un véritable casse-tête pour l’administration fiscale. Le défi principal réside dans la traçabilité des transactions. Comment identifier ces intermédiaires mobiles et ce qu’ils ont exactement perçu dans leurs différentes transactions? Comment évaluer et contrôler les commissions, souvent réglées en espèces sans aucun reçu ? La circulaire elle-même reconnaît cette « difficulté » et promet qu’un « texte particulier » du ministre des Finances viendra préciser les modalités pratiques. Cette complexité soulève la question de l’efficacité réelle de la mesure. Sans un système robuste de déclaration et de contrôle, elle risque de rester largement théorique ou de pousser l’activité à se déplacer vers des canaux encore plus opaques. Le succès dépendra de la capacité de la Direction Générale des Impôts (DGI) à concevoir un mécanisme adapté à la réalité de ce marché informel et diffus. Lire aussi : Taxe GAFA Cameroun : un impôt de 3% sur le CA des géants du numérique dès 2026 Un secteur immobilier globalement mis à contribution La mesure contre les démarcheurs s’inscrit dans un élargissement plus global de la taxation du secteur immobilier. La loi de finances 2026 supprime également plusieurs exonérations de TVA auparavant en vigueur. Les intérêts sur les prêts immobiliers et les opérations de vente ou location de logements sociaux ne bénéficieront plus de ce régime de faveur. Cette « montée en puissance » de la fiscalité immobilière, comme la qualifie le document, a un objectif clair : augmenter les recettes fiscales non pétrolières. La TVA est déjà le premier contributeur du Trésor public dans cette catégorie. En ciblant un secteur en croissance et en rationalisant ses niches, l’État espère renforcer ses marges de manœuvre budgétaires dans un contexte économique tendu. Quelles conséquences pour le marché et les particuliers ? L’impact sur le marché est double. Pour les agences immobilières formelles, cette mesure est une bonne nouvelle. Elle pourrait réduire l’avantage concurrentiel des démarcheurs, qui proposaient souvent des services moins chers en évitant les taxes. Cela pourrait contribuer à professionnaliser le secteur. En revanche, pour les particuliers (locataires, vendeurs, bailleurs), la conséquence pourrait être une hausse des coûts. Si les démarcheurs répercutent la TVA sur leurs commissions, le prix des transactions informelles augmentera. Cela pourrait, à terme, inciter certains à passer par les circuits formels pour plus de sécurité juridique, ou au contraire, alourdir la charge dans un secteur déjà difficile d’accès pour de nombreux ménages. Vers une formalisation sous contrainte Au-delà de l’aspect purement fiscal, cette réforme interroge la stratégie de l’État face à l’informel. Privilégie-t-on la régulation par la contrainte fiscale pour forcer la formalisation ? Ou devrait-on d’abord créer des incitations et simplifier les démarches pour attirer volontairement ces acteurs vers le formel ? La réponse du Cameroun, avec la loi de finances 2026, emprunte clairement la première voie. Elle pose les bases d’un contrôle accru sur une économie parallèle jugée trop lucrative pour échapper à l’impôt. Son bilan réel dépendra toutefois de l’intelligence opérationnelle déployée pour l’appliquer sans étouffer une activité qui, malgré ses défauts, répond à une demande réelle et massive.

Donald Trump ordonne le retrait des États-Unis de 66 organisations, dont le traité fondateur sur le climat

Donald Trump ordonne le retrait des États-Unis de 66 organisations, dont le traité fondateur sur le climat

Donald Trump a signé un décret retirant les États-Unis de 66 organisations internationales, dont la Convention-cadre de l’ONU sur le climat (CNUCC). Une décision qui isole Washington et alarme la communauté scientifique. Mercredi 7 janvier 2026 restera comme une date charnière pour la diplomatie américaine. Le président Donald Trump a signé un décret ordonnant le retrait des États-Unis de 66 organisations internationales, dont près de la moitié sont affiliées aux Nations Unies. Cette décision massive, justifiée par la Maison Blanche au nom d’organisations qui ne serviraient plus « les intérêts américains », marque un nouveau et spectaculaire repli isolationniste de la première puissance mondiale. Au cœur de cette liste figure un symbole : la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CNUCC). Il s’agit du traité fondateur de Rio (1992), matrice de tous les accords climatiques, dont l’Accord de Paris. En quittant cette structure, l’administration Trump coupe définitivement le cordon qui liait les États-Unis à la gouvernance climatique globale. Une charge frontale contre la science et la coopération climatique La portée du décret dépasse largement la seule CNUCC. Il cible méthodiquement les piliers scientifiques et techniques de la lutte contre le changement climatique. Les États-Unis se retireront ainsi également du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), l’autorité scientifique mondiale de référence. La logique de désengagement est élargie à d’autres structures clés comme l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA) et l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Pour Rachel Cleetus de l’Union of Concerned Scientists, cette action confirme qu’« une administration autoritaire et anti-science est déterminée à sacrifier le bien-être de la population et à déstabiliser la coopération internationale ». Cette offensive n’est pas une surprise. Elle parachève une doctrine énoncée dès septembre 2025 à la tribune de l’ONU, où Donald Trump avait qualifié le réchauffement climatique de « plus grande arnaque de notre histoire » et vanté les mérites du charbon « propre et magnifique ». Lire aussi : Taxe GAFA Cameroun : un impôt de 3% sur le CA des géants du numérique dès 2026 L’aide au développement et les institutions onusiennes dans le viseur Le décret étend son champ bien au-delà des seules questions environnementales. Il signifie aussi le retrait américain du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), spécialisé dans la santé maternelle et infantile, après des coupes budgétaires déjà effectives. L’agence de l’ONU pour le commerce et le développement (CNUCED) est également visée, dans un contexte où sa cheffe, Rebeca Grynspan, est candidate au poste de secrétaire général de l’ONU. Cette décision s’inscrit dans une stratégie plus large de « l’America First» réactivée depuis le retour de Trump au pouvoir il y a un an. L’administration a déjà quitté l’Accord de Paris sur le climat, l’UNESCO (réintégrée sous Biden) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Elle a parallèlement drastiquement réduit son aide au développement, forçant des agences comme le HCR ou le PAM à réduire leurs opérations. Un vide de leadership et une crédibilité américaine entamée Les conséquences de ce retrait en cascade sont multiples. Sur le plan climatique, il laisse un vide de leadership politique et financier colossal au moment où l’action internationale doit s’accélérer. Il isole diplomatiquement Washington de ses alliés traditionnels, tous engagés dans les cadres multilatéraux désertés. En interne, cette politique divise profondément. Elle est saluée par une base électorale souverainiste, mais vivement critiquée par la communauté scientifique, une partie du monde des affaires consciente des risques climatiques, et les défenseurs historiques du rôle global des États-Unis. « C’est un acte politique fort qui redéfinit la place des États-Unis dans le monde.«  Quel avenir pour la gouvernance mondiale sans les États-Unis ? À long terme, cette décision pose une question fondamentale : la gouvernance mondiale peut-elle fonctionner sans la pleine participation de sa première puissance économique et militaire ? Elle pousse l’Europe, la Chine et d’autres acteurs à assumer un leadership plus affirmé, tout en affaiblissant structurellement les institutions multilatérales. Le décret de Donald Trump n’est pas qu’une liste de retraits. C’est un acte politique fort qui redéfinit la place des États-Unis dans le monde. Il privilégie une souveraineté stricte et unilatérale au détriment du système de coopération internationale bâti après 1945. Le choc est désormais absorbé par les chancelleries et les agences onusiennes, qui doivent composer avec une nouvelle donne géopolitique, plus fragmentée et moins prévisible.